‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 25 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Plein de confiance dans l'énergie de Daine, le roi prit de son côté les mesures nécessaires. Réunissant les gardes civiques et les volontaires qui se trouvaient dans le voisinage, il se mit en route pour établir son quartier-général à Aerschot, après avoir ordonné à Tieken de marcher vers la même ville. Tieken obéit avec promptitude, et la jonction s'opéra le 8, au village de Westmeerbeek.

L'armée de l'Escaut, qui avait conservé toute sa force morale, accueillit le roi avec un enthousiasme qui rappelait les premiers jours de notre indépendance. Les troupes montraient des dispositions tellement favorables que, le jour même, Léopold écrivit au général Belliard pour le prier d'arrêter la marche de l'armée française qui arrivait à notre secours. La lettre de Sa Majesté est un document historique qu'on nous saura gré de reproduire.

« Aerschot , le 8 août 1831 .

•Mon cher général,

» Je suis arrivé ici d'assez bonne heure. J'ai pris 1,500 •gardes civiques de différents cantons et 20 gendarmes,

• et je me suis dirigé avec toutes les précautions militaires •vers Westmeerbeek, assez près de Westerloo. Là j'ai

• eu le bonheur de me réunir avec Tieken. Ce général,

• que j'ai amené ici, a à peu près 13,000 hommes sous les

• armes. J'ai été reçu par la troupe, qui était fatiguée à

• mort, avec des acclamations et une joie extrême. Je

• pense réunir ici demain matin, pour enlever Montaigu •et marcher vers Daine, qui paraît avoir eu des succès,

• environ 17,000 hommes et une vingtaine de canons.

plus est, dans l'intervalle , il y avait eu un contre-ordre. Daine a fourni cette preuve à la dernière évidence. (Voy. pour ces détails le chap. IV.)

42 août 1831.

» Je respire à présent, ayant ce bon gros bataillon qui »est animé du meilleur esprit.

»Les circonstances se trouvant si favorables, je crois » qu'il est urgent d'arrêter le mouvement du maréchal » Gérard : le sentiment est extrêmement fort dans l'armée, »et je le trouve naturel, de combattre sans secours » étranger.

» Je pense que, pour la bonne harmonie entre les puissances, il est absolument désirable de ne faire marcher »le maréchal que lorsque l'urgence des circonstances le «demandera.

•Veuillez me croire, mon bien-aimé comte, toujours » votre sincèrement dévoué ami »Léopold. »

En effet, le lendemain 9 août, le roi ordonna un mouvement en avant pour débusquer l'ennemi de la position de Montaigu et se rapprocher de l'armée de Daine. Tout semblait présager une journée heureuse. Rivalisant de courage et d'ardeur, la garde civique, les troupes de ligne et les volontaires entonnaient des chants patriotiques et saluaient la présence du roi de longues et chaleureuses acclamations. De temps en temps on s'arrêtait et tous gardaient le silence , pour prêter l'oreille aux sons lointains du canon de l'armée de la Meuse ; on s'étonnait du calme profond qui continuait de régner à l'horizon. Tout à coup un courrier, parti la veille de Liège, apporte une sinistre nouvelle. Daine avait désobéi aux ordres du roi ! L'armée de la Meuse, frappée d'une terreur panique, après avoir deux fois triomphé des premières colonnes de l'ennemi , s'était jetée en désordre sur la roule de Hasselt à

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