‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 26 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Liège! Le Limbourg tout entier était envahi, et le prince d'Orange se dirigeait, par St-Trond, vers le centre du Brabant!

Avant d'aller plus loin, il importe de rappeler de quelle manière ces déplorables événements s'étaient accomplis.

Aussitôt que Daine eut reçu l'avis de l'invasion hollandaise, il avait donné à toutes les troupes disponibles l'ordre de se réunir sur un plateau élevé , à un quart de lieue en avant de Zonhoven, à droite de la chaussée de Hasselt à Bois-le-Duc. Flanquée de marais et de bois, accessible d'un seul côté et abondamment pourvue d'eau, cette position était excellente comme poste de défense et de résistance; mais, dans les circonstances où l'on se trouvait, elle offrait un grand inconvénient, en ce sens que Daine, au lieu de rétrécir la trouée qu'il avait signalée dans notre ligne, l'élargissait de deux lieues (1).

Quoi qu'il en soit, afin de prévenir les surprises, trois bataillons et une demi-batterie furent échelonnés sur la route de Bois-le-Duc, depuis Hechtel jusqu'à Zonhoven.

Ces dispositions venaient d'être prises lorsque la division hollandaise de Cort-Heiligers , composée aux trois quarts de gardes communales mobilisées, pénétra dans le Limbourg, par le village de Lommel. Après avoir perdu deux jours à diriger des reconnaissances dans la direction de Neerpelt, Overpelt et Hamont, le général

(i) Il est vrai que, si Daine avait obtempéré à l'invitation du baron de Failly, ministre de la guerre, la trouée eût été encore beaucoup plus large. De Failly voulait placer le camp au village de Mechelen , à trois lieues plus loin sur la droite. Hasselt et tout le Limbourg eussent été à découvert (Voy. le chap. IV et le Mémoire au Roi, p. 38 et 59).

U août 1831.

ennemi vint, dans la matinée du 6 août, attaquer nos avant-postes au village de Hechtel.

Nos soldats, qui avaient reçu Tordre de se replier lentement sur Houtbalen, défendirent le terrain pied à pied, avec un dévouement admirable. On remarqua surtout l'intrépidité du bataillon de Tirailleurs de la Meuse commandé par le major Lecharlier. Disséminés à droite et â gauche de la route , chaque arbre , chaque fossé, chaque buisson devenait pour ces braves un retranchement d'où ils faisaient pleuvoir la mort dans les rangs ennemis. Aujourd'hui encore, après un intervalle de vingt-quatre années, les habitants de la Campine limbourgeoise se plaisent à citer cent traits de bravoure de ces héroïques volontaires • Grâce à eux et aux soldats du 2 e bataillon du 1 er régiment de chasseurs , ce ne fut qu'après six heures de combat que Cort-Heiligers arriva en vue du village de Houthalen.

Ici la scène changea d'aspect. Nos troupes firent volteface. Un bataillon prit position entre les maisons du village. Les tirailleurs de la Meuse se jetèrent en avant, aux deux côtés de la chaussée de Bois-le-Duc. Le lieutenant Fonsny, commandant la section d'artillerie, mit ses pièces en batterie, attendit l'ennemi à 500 pas, et son feu bien dirigé fit tomber des files entières dans les rangs pressés des Hollandais.

Du haut du plateau où elle avait établi son bivouac, l'armée de la Meuse contemplait en frémissant les péripéties de cette lutte inégale. De vieux capitaines, qui avaient gagné répaulette sur les champs de bataille de l'Empire, demandaient en pleurant la permission do conduire leurs soldats au secours de leurs compagnons

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