‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 29 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

de l'Escaut et de la Meuse eût pu s'opérer dans la matinée du 8 août.

Au lieu d'opter pour l'un de ces deux partis, Daine ne quitta son camp de Zonhoven que le lendemain à dix heures du matin, et se dirigea sur Hasselt,afin d'y prendre la route conduisant à Diest par Gurange, Kermpt, Berbrouck, Herck-la-Ville et Haelen. Arrivée à Hasselt à midi, l'armée n'en sortit qu'à quatre heures!

De toutes les combinaisons imaginables, celle qui reçut la préférence de Daine était incontestablement la plus malheureuse. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un coup d'œil sur les positions occupées par l'armée hollandaise. Le 7 août, la 4 re division (Van Geen) avait une brigade à Diest, où le prince d'Orange avait établi son quartier-général ; une autre brigade de cette division se trouvait à Haelen, avec quatre batteries d'artillerie de réserve et la brigade de cuirassiers commandée par le général Post. En avant de ces troupes, à moitié chemin de Diest à Hasselt, la 3 e division (Meyer) occupait Herckla-Ville et Berbrouck; on lui avait adjoint la brigade de cavalerie légère sous les ordres du général Boreel. A droite, la 2 e division (duc de Saxe-Weimar) s'était portée en avant et avait pris position à Saint-Trond dès une heure de l'après-midi (1). A gauche, la division de Cort-Heiligers , que Daine avait battue la veille, s'était concentrée à Heusden.

(i) Dans son mémoire sur les opérations de l'armée de la Meuse, Daine soutient que l'entrée de Saxe-Weimar à Saint-Trond lui fut seulement annoncée à neuf heures du soir. Il nous est difficile d'admettre cette explication. A trois heures de l'après-midi , les fuyards de Saint-Trond arrivaient déjà à Hasselt. Le quartier-général était donc seul dans l'ignorance des événements !

50 aolt 1834.

En avançant sur la route de Hasselt à Diest, Daine avait donc 20,000 hommes en front et 10,000 sur chacun de ses flancs. Et ce n'est pas tout! Une brigade hollandaise pouvait sortir de Maestricht, culbuter le petit nombre de Belges qui se trouvaient devant la forteresse, s'emparer de Tongres et couper la retraite.

Ce fut dans ces déplorables conditions que, vers quatre heures du soir, les 10,000 hommes de Daine sortirent de Hasselt. A cinq heures et demie, ils arrivèrent au village de Kermpt, où déjà l'avant-garde était aux prises avec la cavalerie légère de Boreel et les avant-postes de Meyer.

A l'aspect de l'ennemi, nos soldats oublièrent leurs fatigues. Aux deux côtés de la route, nos voltigeurs prirent et reprirent à la baïonnette plusieurs hectares de bois appartenant à la forêt de Herkenrode. Quelques bataillons se jetèrent bravement au centre du village de Kermpt, et tâchèrent de s'établir au cimetière, pendant que nos tirailleurs harcelaient l'ennemi partout où se montraient ses colonnes. Les guides et trois escadrons du 2 e régiment de chasseurs exécutèrent des charges aussi heureuses que bien conduites. Quelques pièces d'artillerie sous le commandement du lieutenant-colonel Vandamme, placées en avant des maisons, portèrent le ravage dans les rangs hollandais, qu'elles foudroyaient dans trois directions. Après une heure de combat, la victoire sourit une seconde fois à la petite armée de la Meuse. La cavalerie de Boreel finit par s'enfuir en désordre, tandis que l'infanterie hollandaise profitait de l'obscurité pour se retirer en arrière de Berbrouck. Nos troupes, exténuées par la chaleur, les privations et les fatigues, bivouaquèrent sur le champ de bataille, avec

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