‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 32 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

*les ordres du lieutenant-colonel Vandamme, étaient au » centre. La cavalerie sous les ordres du colonel Spaye » était placée sur les ailes. L'ennemi parut et fut accueilli •par le feu de la batterie de douze qui fit bientôt taire le

• sien; son infanterie se jeta en désordre à droite et à » gauche de la route ; la place n'était pas tenable, tant mon » artillerie était admirablement servie. Je restai quatre •heures en place, offrant en vain le combat à l'ennemi. •11 était alors 3 heures de l'après-midi; j'opérai ma •retraite en échelons sur Tongres où j'arrivai à 6 heures

• du soir, sans que l'ennemi eût osé me poursuivre (1). »

Il est assez indifférent de savoir laquelle de ces deux versions mérite la préférence. Ce qui est malheureusement incontestable, c'est que, nonobstant l'absence de poursuite de la part des Hollandais , les débris de l'armée de la Meuse, précédés de milliers de fuyards isolés, arrivèrent à Liège dans un indicible désordre.

Telles étaient les déplorables nouvelles que le Roi des Belges apprit au moment où , plein de confiance dans la valeur de notre jeune armée , il dirigeait les colonnes qui marchaient à l'attaque de Montaigu.

(1) Mémoire au Roi, p. 25. —Il nous en coûte de donner un démenti à un homme qui ne peut plus se défondre , mais l'intérêt de la vérité nous force à déclarer que la version du colonel L'Olivier doit seule être accueillie. Aucun habitant de Cortessem ne se souvient du combat d'artillerie dont le général nous donne la description. Arrivé aux premières maisons de Cortessem , le lieutenant-colonel Vandamme fit tirer deux ou trois coups de canon sur des cavaliers ennemis qui se montraient dans les allées du château de Printhagen : voilà tout. Ce qu'il y a de plus remarquable , c'est que Daine lui-même , dans le Supplément joint à son Mémoire, se contente de dire que l'armée a offert le combat pendant quatre heures entre Corteuem et Guigoven. Il n'a donc pas été offert en avant de Cortessem.

56 août 1831.

Supérieur au malheur et conservant le calme qui ne doit jamais abandonner un général en chef, Léopold ordonna immédiatement un mouvement en arrière sur Louvain. Ce mouvement était désormais le seul moyen de préserver Bruxelles. Placés en avant d'une ville importante, les Belges pouvaient espérer, au moins, que leurs efforts arrêteraient les progrès de l'ennemi jusqu'à l'arrivée des troupes auxiliaires françaises, que le général Belliard avait appelées aussitôt qu'il eut appris la déroute de Daine (1). En conséquence, le 10 au soir, l'armée de l'Escaut établissait ses bivouacs au nord de Louvain, ayant ses avant-postes sur les hauteurs qui avoisinent le village de Bautersem. Le lendemain apparurent les premières colonnes de l'armée hollandaise.

Le jour qui suivit la défaite de Daine, le prince d'Orange, croyant que les débris de l'armée de la Meuse s'étaient concentrés à Tongres , s'apprêtait à marcher sur cette ville, lorsqu'il apprit que le général Boecop venait d'y entrer avec une partie de la garnison de Maestricht, sans avoir rencontré de résistance. Une marche en avant sur Louvain pouvant , dès lors , s'exécuter sans inconvénient, le prince transporta son quartier-général à Saint- Trond et ensuite à Tirlemont, laissant dans le Limbourg la division de Cort-Heiligers et les troupes de Boecop, pour surveiller Liège et Venloo.

Dans l'après-diner du 11 août, toutes les forces dispo-

(1) La nouvelle lui était parvenue quelques heures après la lettre du roi que nous avons reproduite ci-dessus, p. 41. Le général appela ses compatriotes sans attendre de nouvelles instructions. Nous y reviendrons.

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