‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 33 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

nibles de l'armée hollandaise avaient pris position dans l'arrondissement de Louvain. La 2 me brigade de la 3 me division occupait Tirlemont ; la 1™ brigade de la même division était à Cumptich, avec une forte avant-garde à Bautersem. À droite, dans la direction d'Aerschot , la l re division occupait Winghe-Saint-Gcorges et les environs. A gauche, la 2 me division, cantonnée à Bossut, surveillait les routes de Namur et de Wavre à Louvain. Le moment décisif approchait.

Un diplomate anglais, M. White, a tracé un triste tableau de la contenance des troupes belges qui allaient recevoir le choc des trois divisions hollandaises. A l'entendre, un sombre pressentiment avait affaibli l'énergie des officiers. L'état-major semblait accablé du danger de la situation. Le désordre était complet et inextricable. Les règles les plus élémentaires de la défense étaient méconnues. Les précautions les plus nécessaires étaient négligées. Les gardes civiques et les volontaires fuyaient dans toutes les directions, jetant leurs armes et donnant à la troupe de ligne le plus funeste exemple. On essaierait en vain de décrire la confusion qui régnait à Louvain. À l'exception du roi, de M. de Brouckere et de quelques autres, les fonctionnaires dvils et militaires avaient perdu le courage en même temps que la confiance.

Il y a beaucoup d'exagération dans ce tableau. Que l'unité désirable manquât dans le commandement; que la promptitude dans l'exécution des ordres se fit parfois désirer; que des soupçons de trahison se fussent glissés dans l'esprit de quelques officiers ; que la discipline fût loin d'être idéale; que l'organisation des cadres fût incomplète et défectueuse; que des volontaires, cessant

58 août 1831.

de croire à la puissance magique de la blouse, eussent repris le chemin de leurs communes; qu'un certain désordre régnât dans les rues et aux portes de Louvain , tout cela peut être admis par l'historien impartial. Mais s'ensuit-il que l'armée commandée par le Roi ne fût plus qu'un assemblage incohérent de bandes armées? une multitude incapable de résister à des troupes régulières? Tout homme impartial répondra négativement. Les régiments de l'armée de l'Escaut étaient restés dignes du nom d'armée. S'ils durent céder le terrain à des adversaires triples en nombre,-ils luttèrent du moins avec une incontestable valeur et conservèrent intacte l'antique réputation de bravoure nationale (1).

Le 11 août, au matin, l'armée belge était établie en avant de Louvain dans le meilleur ordre, depuis la droite de la route de Tirlemont jusqu'à la route de Louvain à Diest. Les troupes se mirent en marche vers midi ; le roi, toujours à l'avant-garde, dirigeait lui-même les reconnaissances. Arrivés sur les hauteurs au-delà de Lovenjoul, nos tirailleurs rencontrèrent l'ennemi, et les vedettes lancées vers Bautersem furent accueillies par la fusillade de l'avant-garde de la 3 e division hollandaise (Meyer).

Voulant s'emparer du village, le roi transmit à l'armée,

(1) Une partie de la garde civique a seule mérite le blâme que M. White déverse sur l'armée tout entière ; mais il est juste de remarquer que la garde n'avait pas même reçu un simulacre d'organisation , au moment de la rupture de l'armistice (Voyez le chapitre IV). D'ailleurs, on a trop généralisé les reproches encourus par une partie de la milice citoyenne. Plusieurs compagnies rendirent des services signalés. Une colonne de 1,200 hommes, commandés par le baron de T'Serclaes ( aujourd'hui membre de la Chambre des Représentants ), fut constamment en face de l'ennemi, depuis le 7 août jusqu'à l'arrivée de l'armée française.

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