‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 37 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

duire ses troupes dans l'ancienne capitale du Brabant (1). Les Hollandais continuèrent donc leur mouvement en avant. Les corps commandés par le prince d'Orange et Meyer occupaient les routes de Tirlemont et de Diest, et bientôt leurs boulets arrivèrent à Louvain. La division du duc de Saxe-Weimar, après avoir passé la Dyle, interceptait les routes deNamur, de Tervueren et de Bruxelles. La route de Malines allait être coupée à son tour, lorsque l'ambassadeur d'Angleterre prit le parti de faire lui-même une seconde tentative auprès du général en chef des forces hollandaises. Traversant l'espace qui séparait les combattants, bravant la fusillade qui continuait sans égards pour le drapeau blanc qu'un officier belge portait devant l'ambassadeur, ce noble vétéran de la diplomatie, allant trouver le prince d'Orange au milieu de ses tirailleurs, lui fit connaître que des dépêches , arrivées de La Haye à l'ambassade française de Bruxelles, annonçaient que le roi des Pays-Bas avait expédié à ses troupes l'ordre de se retirer à l'arrivée des Français. Après de longues discussions, sir Adair obtint une suspension d'armes, à condition que les Belges évacueraient Louvain et abandonneraient la ville à l'armée hollandaise.

(1) C'est M. de Grovestins qui a révélé ce fait entièrement ignoré en Belgique. Dans son livre intitulé Notice et souvenirs biographiques du comte Van der Duyn de Maasdam et du baron de Capellen (St-Germainen-Laye, H. Picault, in-8), il reproduit le fragment suivant, emprunté aux Souvenirs de M. de Capellen :

«Le prince d'Orange, en parlant des événements de 1851 et de la «campagne des dix jours, et sur l'observation qu'on lui fit qu'on «avait fait trop ou trop peu, me dit que, s'il avait obéi à la lettre aux ^ordres reçus de son père, il ne se serait pas permis l'affaire de Louvain, voyant alors déjà dans sa poche l'ordre de battre en retraite, ce qu'il »n 'avait cependant communiqué à personne qu'à son frère le prince Frédéric ; »mais qu'il avait cru pouvoir se permettre ce délai dans l'exécution »de cet ordre, parce que, d'après ses calculs, il ne pouvait pas encore ^rencontrer l'armée française (Loc. cit., p. 295, en note).

66 aolt 1831.

Fallait-il souscrire à cette exigence? N'était-il pas plus convenable de défendre Louvain jusqu'à l'arrivée de l'armée française? Aujourd'hui encore les opinions sont divisées.

Il importe de ne pas se faire illusion. Louvain pouvait être défendu, mais cette défense n'était pas aussi facile qu'on se l'imagine. Disséminée sur une surface considérable, privée de remparts sur la majeure partie de son périmètre, entrecoupée de vastes champs qu'un mince fossé d'octroi sépare de la campagne, dominée par des hauteurs dont le duc de Saxe-Weimar allait s'emparer, la ville était exposée à recevoir de toutes parts les projectiles incendiaires de l'ennemi. Persister à défendre Louvain, c'était placer cette ville dans l'éventualité d'une destruction totale. Or, il eût fallu courir cette chance terrible, sans avoir en vue d'autre but, d'autre avantage, que de préserver la ville d'une occupation de quelques heures, les Français devant arriver le lendemain.

Le roi avait trop de sagesse pour assumer cette immense responsabilité. 11 chargea le général Goblet de signer la capitulation et prit la route de Malines, la seule qui ne fût pas encore interceptée par l'armée hollandaise. Les circonstances étaient pressantes; car, au moment où le roi, entouré de quelques officiers et de quatre gendarmes, sortit par la porte de Malines, l'avant-gardè de Saxe-Weimar, ignorant la suspension d'armes et ayant complètement tourné la ville, se montrait sur les hauteurs qui dominent la route. Il Mut même essuyer le feu des tirailleurs ennemis. Quelques instants après, la ville était entièrement investie (1).

(1) V. les termes de la capitulation à Y Appendice (L. F ;.

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