‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 38 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le 13 août à midi, en vertu de la capitulation conclue la veille, les troupes de Niellon remirent à la l re brigade de la 3 e division hollandaise les portes et les boulevards de Louvain. A deux heures, le prince d'Orange et le prince Frédéric y entrèrent à la tète de l'état-major général. La population se montra respectueuse, mais froide. Avertis de l'arrivée des troupes françaises, les orangistes, si courageux et si bruyants la veille, s'abstenaient avec soin de démonstrations devenues compromettantes.

A peine arrivé, le prince d'Orange adressa à ses troupes la proclamation suivante :

t Frères d'armes,

»Vous avez rempli mon attente. J'ai eu raison de me *>fier à votre intrépidité, à votre indomptable courage. » J'apprécie la patience avec laquelle vous avez supporté aies fatigues et les privations qui accompagnent les » marches en présence de l'ennemi.

» Grande est votre récompense. Votre victoire est complète.

» Après une marche d'à peine dix jours, nous sommes »au cœur de la Belgique.

»Deux fois nous rencontrâmes l'ennemi, d'abord à »Hasselt, puis à Louvain; c'en fut assez pour battre deux » armées belges et les mettre en déroute.

» Hier et aujourd'hui nos avant-postes étaient à deux » lieues de Bruxelles, et il n'existe plus d'armée belge qui » puisse empêcher notre entrée dans la capitale (1).

(1) Il y a ici de l'exagération. L'armée commandée par le roi Léopold avait perdu quelques centaines d'hommes , mais elle n'était pas détruite.

68 août 1831.

»Le roi mon père a appris avec joie la nouvelle de la » victoire que nous avons remportée à Hasselt.il témoigne » par ma voix sa satisfaction particulière aux troupes de » toutes armes qui prirent part à ce combat et aux pré- »cédents, et réunirent leurs efforts pour anéantir cette » armée qui, sous le nom d'armée de la Meuse, se vantait » d'être invincible.

»Nous avons rempli notre tâche. Nous avons fait ce »que le roi et la patrie réclamaient de nous. Nous avons » vaincu l'ennemi que nous étions venus combattre.

» C'est avec honneur que nous retournons vers nos » anciennes frontières. Une nombreuse armée française » s'avance en Belgique. Ses avant-postes touchent aux » nôtres.

»Nous retournons à nos frontières par suite d'ua » arrangement conclu entre notre souverain et le roi des » Français.

»Louvain, le 13 août 1831.

«Guillaume, » Prince d'Orange. »

Les événements postérieurs n'offrent qu'une importance secondaire. Deux jours avant son entrée à Louvain, le prince d'Orange avait reçu des instructions positives. Le cabinet de La Haye, — « considérant l'armée française comme représentant la Conférence de Londres, » — faisait cesser les hostilités, par déférence pour les souverains dont la France était censée manifester les intentions (1). En conséquence, le jour même, le prince conclut avec le général Belliard, ambassadeur de France

(i) Durant. Dix jours de campagne , p. 162.

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