‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 46 sur 155 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

atteste ce fuit dans les termes suivants : « Tandis que 1* •prince de Lieven, ambassadeur de Russie et membre de •la Conférence,... concourt depuis plus d'une année à une

• négociation pacifique des grandes puissances, approuve •et signe au nom de son souverain les protocoles paci- •tiques, l'empereur Nicolas écrit de sa belle main à son » beau-frère (le prince d'Orange) et à sa sœur , qu'il •approuve la levée de boucliers et fait des vœux pour la •bonne réussite de l'expédition... La lettre autographe de •l'empereur est un fait certain ; je le tiens de la personne •qui a tenu dans ses mains et lu cette belle et curieuse

• pièce (i). » Mais la Russie elle-même, réduite à l'isolement, ne pouvait s'exposer aux périls d'une guerre avec l'Angleterre et la France , pour replacer les. provinces belges sous le sceptre de Guillaume I«.

Faut-il en conclure que la reprise des hostilités fût une bravade inutile, un acte de représailles plein de dangers, une entreprise conçue par la démence et la haine? Nous n'oserions répondre affirmativement.

Si l'armée hollandaise, au lieu de perdre plusieurs jours en reconnaissances méticuleuses, s'était vigoureusement portée en avant, il est probable que, dès le 7 août, ses canons eussent été braqués sur les hauteurs de St-Josse-ten-Noode. Les soldats du prince d'Orange pouvaient occuper Bruxelles avant l'arrivée des troupes françaises. Des démonstrations orangistes se seraient produites sur une vaste échelle ; des. négociations se seraient engagées ; la Conférence de Londres se serait

(i) Notice et souvenirs biographiques du comte Van drr Duyn de Maasdam et du baron de Capellen, recueillis, mis en ordre et publics par leur ami le baron C.-F. Sirlema de Qrovcstins, p. 500 et 361.

84 août 1831,

empressée d'intervenir, et les bases de la séparation eussent été largement modifiées aux dépens de la Belgique. Les actes postérieurs de la Conférence prouvent assez que cette supposition n'est pas une hypothèse gratuite.

Un journaliste français, établi à La Haye et transformé en historien officiel de la campagne de dix jours, a parfaitement exposé la question au point de vue hollandais. « Il y a des gens, » dit-il, « qui demandent, avec quelque «simplicité, si la Hollande a bien ou mal fait d'entre- » prendre la campagne de dix jours, et si la nullité du » résultat ne prouve pas l'inutilité de l'entreprise. Il faut » répondre à ceux qui parlent ainsi, qu'il n'y a point de » nation qui n'ait besoin de se constituer un système » politique, et que le système politique de la Hollande ne «pouvait consister que dans les principes suivants : «1° Ne pas dépendre entièrement de la politique euro- »péenne; car toute puissance qui est assez faible pour «s'y résoudre perd jusqu'à l'ombre de l'indépendance. » 2° Eviter la collision des partis qui aurait fourni trop «de prise à l'ennemi du dehors. 3° Montrer par des «preuves positives qu'on était disposé à tous les sacrifices «d'or et de sang, pour lutter avec avantage contre la «Belgique. 4° Attaquer les Belges qui depuis un an «peignaient à l'Europe abusée les Hollandais comme des «lâches; faire preuve de courage et réfuter ainsi la ca- «lomnie les armes à la main. 5° Obtenir des conditions «équitables de séparation, et les obtenir par la victoire, «puisque c'était le seul moyen d'y parvenir. 6° Répondre «à la division provoquée entre le peuple hollandais et la «dynastie qui le gouverne, en se serrant autour du trône

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