‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 55 sur 155 · CHAPITRÉ IV · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ IV

de la guerre. On approuve ses instances* on accueille ses raisons, on lui fait des promesses ; mais les officiers qu'il réclame n'arrivent pas. Le 30 juin, il revient à la charge et supplie le ministre de lui envoyer au moins un général de cavalerie : «Legénéral Duvivier, » écrit-il, « me demande » instamment de venir commander la cavalerie sous mes «ordres... La présence de ce brave et loyal militaire, sa «réputation d'intrépidité, son caractère chevaleresque, » réchaufferaient le zèle des vieux soldats qui l'ont déjà » vu à leur tête, et les jeunes officiers seraient fiers de » faire leurs premières armes sous un chef aussi bien * connu ; cette mesure ferait le meilleur effet sur l'armée, «je la réclame vivement de votre obligeance et de votre «patriotisme. Etant connus tous deux particulièrement «de vous, vous serez persuadé qu'il n'y aura entre nous, «vieux soldats, d'autre rivalité que celle de servir «notre pays avec le plus de zèle et d'énergie (1). »

Cette demande partagea le sort de celles qui l'avaient précédée : elle fut dédaignée.

Daine fait une dernière démarche dans la nuit du 3 au 4 août, en envoyant au ministre de la guerre un aide-decamp porteur d'une lettre dans laquelle, après avoir renouvelé ses plaintes antérieures, il disait : « Je crois «qu'il est temps de me donner enfin des officiers expéri- «mentés... J'éprouve le plus grand besoin d'avoir de «véritables officiers d'état-major (2). » L'aide-de-camp est reçu par le ministre et deux autres généraux; il insiste sur la prompte exécution des mesures réclamées par son chef; il s'exprime de la manière la plus pressante;

{{) Mémoire au Roi, p. 71. »

{%lbid. } p.. 44.

102 OCTOBRE 1830 — AOCT 1831.

il désigne même les colonels Nypels et Ramesse comme propres à remplir les fonctions de chef d'état-major. Vaines instances ! Daine reste dans un isolement d'autant plus dangereux que l'instruction et l'organisation de ses troupes laissaient immensément à désirer. Pas un de nos vingt-quatre officiers généraux n'est envoyé à l'armée de la Meuse.

Le même système fut suivi dans l'organisation de l'intendance et l'envoi du matériel de campagne.

Par sa dépèche du 9 janvier 1831, Daine demande un parc d'approvisionnement, des caissons d'infanterie, des bidons et autres ustensiles indispensables. On ne lui répond pas! Il renouvelle sa demande le -13 avril, le 22 et le 24 mai, le 3 juin et le 20 juillet, douze jours avant l'invasion (1). Toutes ces démarches sont infructueuses. Malgré les réclamations répétées du général, l'armée était sans approvisionnements et sans administration, lorsque les régiments de Meyer et de Cort-Heiligers pénétrèrent au cœur du Limbourg. Dans son Mémoire au ftn, Daine a raison de s'écrier que le même homme ne peut être à la fois général de division, intendant, chef de brigade et général de cavalerie (2).

Si Daine avait voulu trahir, il pouvait le faire sans engager sa responsabilité personnelle. Il n'avait qu'à garder une attitude passive. Au jour du combat son armée se fût trouvée dans un état de faiblesse et de désorganisation tellement manifeste que la possibilité de la résistance

(1) Mémoire au Roi, p. 8, 36 et suiv.

(2) Ibid. , p. 33.

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