‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 56 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

n'eut pas même été discutée. Nous allons en fournir la preuve.

On a amèrement reproché à Daine l'état d'indiscipline, l'éparpillement et la faiblesse numérique de ses troupes. Ces accusations ne sont pas mieux fondées que celles qui se rapportent à la désorganisation de l'état-major et du service de l'intendance.

Le 9 avril 1831 , Daine s'adresse au ministre de la guerre. «Les hostilités, » dit-il, «pouvant reprendre d'un » moment à l'autre, il est essentiel de s'occuper sérieuse- •ment de l'instruction de l'armée, H on veut pouvoir » l'employer utilement. J'ai l'honneur de vous demander » l'autorisation de la concentrer et de l'établir dans une

• position voisine d'une bruyère spacieuse dans laquelle •je pourrais faire élever des baraques et la faire bivoua- •quer. De cette manière, après m'ètre assuré que les » exercices de détail, l'école de bataillon et les évolutions •de ligne sont bien conçus par les soldats et les officiers

• nouvellement promus, je pourrai la rompre aux grandes » manœuvres (1). »

Au commencement de mai, le général renouvelle sa demande. Il écrit au ministre : « Les bourgmestres des

• communes où mes troupes se trouvent cantonnées me

• fatiguent de plaintes sur les embarras que leur suscite •le logement des hommes de guerre. Désirant faire droit •à leurs justes réclamations, et aussi dans l'intérêt du » soldat et de la discipline, je vous prie de proposer à •M. le Régent la formation d'un camp, sujet dont j'ai eu •l'honneur de vous entretenir par ma lettre du 9 avril.

(I) Mémoire au Roi, p. G3.

»Nous atteindrions le double avantage de soulager les » habitants des campagnes d'un fardeau qui les accable «depuis longtemps, de soigner l'instruction de l'armée, »d'y introduire une discipline à la fois sévère et paternelle, discipline que l'on ne peut obtenir que clans les » camps ou les garnisons. » Redoutant les objections déduites de la pénurie du trésor public, le général a la précaution d'ajouter : « Les frais de campement ne se- » raient que peu onéreux; les 74 centimes d'indemnité »quc l'État accorde par homme et par jour seraient, il me » semble, suffisants, et nous trouverions des fournisseurs »qui livreraient à ce prix les rations complètes. »

Ainsi, dès le 9 avril, Daine réclame l'établissement d'un camp. Un mois plus tard, il renouvelle sa demande. Que fait le ministre de la guerre? Le 1 er juin, après un silence de deux mois, il ordonne à Daine d'envoyer un officier du génie dans les bruyères d'Àsch et de Mechelen, à l'endroit où l'armée des Pays-Bas avait établi un camp en 1819. Cet officier devait reconnaître le terrain et faire le devis des dépenses qu'entraînerait l'établissement d'un camp destiné à contenir deux brigades d'infanterie et une batterie d'artillerie de campagne.

L'emplacement indiqué par le ministre était on ne peut plus défavorable. Situé à dix-huit lieues du quartier général de l'armée de l'Escaut, il élargissait la trouée, déjà trop considérable, qui existait dans notre ligne de défense. Daine en fit la remarque au ministre, dans une lettre du 18 juin; voulant réparer autant que possible l'erreur commise par son chef, il proposa de placer le camp sur un plateau en avant de Zonhoven. Cet avertissement fut méprisé. Le 19 juillet, douze jours avant

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