‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 7 sur 155 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

» principes vivifiants de la prospérité nationale. Les relations que j'ai formées dans les pays qui nous avoisinent » seconderont, je l'espère, les efforts auxquels je vais «incessamment me livrer pour atteindre ce but; mais «j'aime à croire que le peuple belge, si remarquable à la » fois par son sens droit et par sa résignation, tiendra «compte au gouvernement des difficultés d'une position «qui se lie à l'état de malaise dont l'Europe presque tout «entière est frappée.

»Je veux m'environner de toutes les lumières, provoquer toutes les voies d'amélioration, et c'est sur les «lieux mêmes, ainsi que j'ai déjà commencé à le faire, «que je me propose de recueillir les notions les plus «propres à éclairer, sous ce rapport, la marche du gou- «vernement.

«Messieurs, je n'ai accepté la couronne que vous «m'avez offerte qu'en vue de remplir une tâche aussi «noble qu'utile, celle d'être appelé à consolider les insti- «tutions d'un peuple libre et généreux, et de maintenir «son indépendance. Mon cœur ne connaît d'autre ambiy>tion que celle de vous voir heureux.

«Je dois, dans une aussi touchante solennité, vous «exprimer un de mes vœux les plus ardents. La nation «sort d'une crise violente : puisse cejçur effacer toutes »les Mines, étouffer tous les ressentiments; qu'une seule ^pensée anime tous les Belges, celle d'une franche et sin- »cère union!

«Je m'estimerai heureux de concourir à ce beau ré- » sultat, si bien préparé par la sagesse de l'homme véné- «rable qui s'est dévoué avec un noble patriotisme au «salut de son pays;

» Messieurs, j'espère être pour la Belgique un gage de »paix et de tranquillité, mais les prévisions de l'homme »ne sont pas infaillibles. Si, malgré tous les sacrifices »pour conserver la paix, nous étions menacés de guerre, »je n'hésiterais pas à en appeler au courage du peuple » belge, et j'espère qu'il se rallierait tout entier à son »chef pour la défense du pays et de l'indépendance nationale. »

Au milieu des acclamations que provoquent ces nobles et patriotiques paroles, le président du Congrès déclare la séance levée, et le cortège, marchant dans l'ordre qu'il avait suivi à son arrivée, se dirige vers le palais du roi (1).

Une demi-heure après cette scène si émouvante pour lui, Léopold donna sa première audience publique. Les membres du Congrès lui furent successivement présentés par province, et tous purent s'assurer que, même avant d'avoir mis le pied sur le sol belge, il avait profondément étudié les besoins et les ressources de sa patrie adoptive.

Dans la soirée, le Régent et le Congrès se réunirent à un banquet offert par le roi dans les salles du palais. M. de Gerlache y porta un toast à Léopold I er , roi des Belges. Le roi répondit : « Messieurs, je vous remercie,

(i) Les membres du Congrès ne se joignirent pas au cortège. Après le départ du roi, ils se rendirent au palais de la Nation, où ils tinrent leur dernière séance. Là, après l'approbation du procès-verbal de l'inauguration,. M. de Gerlache adressa à ses collègues un discours d'adieu, où les vrai» besoins du pays sont exposés avec une éloquence qui part du cœur et une précision qui dénote la connaissance approfondie de nos annales (V. le Moniteur du 53 juillet 1831).

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