‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 78 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

9,000 hommes en ligne de bataille. Vingt-quatre mille hommes au moins ont été opposés aux corps commandés par le prince d'Orange.

Il est faux que le gouvernement ait négligé de faire comprendre au Congrès la nécessité d'un appel aux capacités militaires de l'étranger.

Il est faux que les deux ministères du Régent aient complètement négligé l'organisation de l'armée. En présence des obstacles de toute nature qu'ils rencontraient à chaque pas, les résultats qu'ils ont obtenus méritent d'être pris en sérieuse considération.

Il est faux que le Congrès se soit prêté sans résistance à toutes les mesures que réclamaient la force de l'armée et la bonne organisation de ses cadres.

Mais il est vrai :

Que tous les chefs du département de la guerre n'ont pas toujours déployé le courage, l'énergie et la fermeté que réclamaient les circonstances ;

Qu'ils ont commis la faute de laisser dans ses foyers la milice de 1826, composée de soldats exercés;

Qu'ils ont gravement compromis leur responsabilité en s'abstenant d'établir des camps , alors que les réclamations des généraux et l'état d'indiscipline des troupes rendaient la vie des camps indispensable ;

Qu'une responsabilité bien plus grave encore dérive de leur négligence à faire occuper Diest par un corps intermédiaire, alors que, dès le 31 mars, une dépêche de Daine leur avait signalé l'urgence de cette mesure;

Que l'occupation de Diest était d'autant plus facile qu'il y avait dans le Luxembourg un corps de 4,700 hommes, devenu disponible du moment où l'on avait acquis la tome i. S

146 octobre 4830 — août 1831.

certitude de la neutralité de la Confédération germanique ;

Que l'armée de la Meuse a été laissée dans un abandon déplorable, principalement en ce qui concerne le service d'état-major;

Qu'une certaine confusion a régné dans l'expédition des ordres du quartier-général royal, surtout en ce qui concerne l'armée de la Meuse ;

Qu'on avait négligé de consacrer une somme suffisante à l'espionnage des forces ennemies;

Que la négligence de l'administration de la guerre avait placé la garde civique dans l'impossibilité de rendre des services sérietix.

Mais feût-il nécessairement admettre un crime de trahison , pour expliquer ces négligences et ces faiblesses?

Nous n'hésitons pas à répondre négativement.

Il est certain que les manoeuvres des agents de la Hollande n'ont pas été étrangères à nos malheurs militaires; mais il importe de se préserver de toute exagération.

Malgré le dévouement et les lumières de ses membres, l'administration du Gouvernement provisoire avut produit un découragement à peu près universel. Au moment où le roi Louis-Philippe refusa la couronne pour le duc de Nemours, l'anarchie avait pénétré dans les esprits, dans la presse, dans l'armée, dans toutes les branches des services publics, dans toutes les sphères de l'activité gouvernementale.

Le mal, déjà considérable, ne fit que s'accroître sous l'administration chancelante du Régent. La diplomatie manifestait des intentions peu favorables, sinon hostiles» L'industrie, réduite aux abois, avait jeté des milliers d'ouvriers appauvris et mécontents sur le pavé des villes

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