‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 80 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

M. de Gerlache a parfaitement caractérisé les événements, quand il a dit : « Le pouvoir régulier et presaqu'absolu du roi Guillaume lui donnait un avantage » immense sur un gouvernement tumultueux et anar- » chique, où les mesures les plus sages devaient subir les «contradictions passionnées de la tribune et de la presse, »et venaient le plus souvent échouer contre ce double aécueil. En Hollande tout le monde était uni, le roi et aies états-généraux, le peuple et l'armée. Chez nous, les a uns voulaient la guerre, les autres voulaient la paix, a Ceux qui voulaient la paix avaient une confiance aveugle »dans l'intervention de la Conférence, et ceux qui voulaient a la guerre ne songeaient point à se mettre en mesure de a la faire avantageusement (1). a

M. Nothomb émet un avis analogue. Il voit les causes de nos désastres du mois d'août dans « les incertitudes apolitiques, le relâchement de tous les liens sociaux, la a confiance excessive inspirée par nos succès de Septembre, le mépris de toute science stratégique, le défaut ade traditions, l'absence de hautes capacités mililaires, »les provocations d'une presse absurde ou malveillante. a « Voilà, a ajoute l'historien de la révolution, « les circonstances qui ont assuré, en août, aux Hollandais unis a et disciplinés, une supériorité momentanée sur les » Belges surpris, désunis et indisciplinés. Le courage individuel est resté sans reproche. A qui faut-il faire un a crime de cette situation intérieure qui se retrouve paratout au sortir d'une révolution? A personne, ou à tout aie monde (2). »

(i) Histoire du Royaume des Pays-Bas , T. II , p. 219.

(2) Essai historique et politique sur la révolution belge, cil. XII.

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