‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 93 sur 155 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

communications du Limbourg belge avec l'Allemagne; propriétaire de Maestricht, il avait une forteresse du premier ordre à quatre lieues de Liège. Aussi n'est-il pas possible de prendre au sérieux les réflexions dont ce projet se trouvait accompagné dans la note des diplomates hollandais. A les entendre, ce n'était « qu'une addition peu » importante en elle-même, comprenant en grande partie »un terrain peu fertile, et ne pouvant être regardé par aies cinq Puissances comme un accroissement réel, »

La Hollande déclarait, à la vérité, céder en retour les villages de Houpertingen , de Fologne, de Russon, de Paifve, de Falais, de Koninxheim, de Grand-Looz et de Zepperen; mais les trois dernières communes, placées jadis sous le protectorat du prince de Liège, n'avaient jamais appartenu à la Hollande, et les cinq autres, d'ailleurs peu importantes, étaient des villages de Rédemption sur lesquels les Provinces-Unies n'exerçaient qu'un droit de patronage, dont tous les bénéfices se résolvaient en une rente de quelques centaines de florins. D'ailleurs, ces cinq villages de Rédemption adjugés aux Belges n'avaient qu'une population totale de 2,897 âmes, compensation manifestement illusoire. Encore les plénipotentiaires se réservaient-ils de traiter ultérieurement de la possession de la principauté de Liège et des dix cantons détachés de la France, après la seconde invasion des alliés.

Ces propositions ne pouvaient être accueillies par le gouvernement belge. Le 23 septembre, son plénipotentiaire, M. Van de Weyer, présenta à la Conférence un contre-projet en dix-huit articles (1).

(1) Recueil de pièces diplomatiques, publié à La Haye , T. H , p.* Si. TOME I. 6

ISS 5 AOUT — 15 OCTOBRE 1831.

Quoique la nature et l'importance des enclaves hollandaises ne fussent pas exactement connues à cette époque, le diplomate belge en savait assez pour faire ressortir l'inadmissibilité des prétentions néerlandaises à l'égard du Limbourg; mais, à son tour, il forma des prétentions qui devaient être repoussées par la Conférence.

De même que les dix-huit articles, le protocole du ÎO janvier 1831 , plus connu sous la dénomination de bases de séparation) avait attribué à la Hollande le territoire f[U'«lle possédait en 1790; aux termes du même protocole, la Belgique devait être composée de tous les territoires qui avaient été annexés à k Hollande pour former le royaume des Pays-Bas.

Or, en 1790, le sol du Brabaftt Septentrional était pafsettté d'enclaves allemandes. On y rencontrait le marquisat de Berg-op-Zoom , la principauté de Ravestein , la commanderie de Gemert, les seigneuries de Biervliet, de Boxmeer, d'Oploo, d'Oeffelt, d'Oirschot, d'Hilvarenbeek, etc. En outre, la Hollande ne possédait pas, en 1790, plusieurs communes des Quartiers de Thîel, d'Arnhem et de Zutphen, provenant de l'ancien duçfié de Clèves et incorporées à la province de Gueldre, à la suite des traités du 15 janvier 1800 et du 14 novembre 1802.

Le diplomate belge affirmait que l'incorporation de ces possessions allemandes avait procuré à la République de 1790 un accroissement de population au moins équivalent au nombre des habitants de toutes les enclaves limbourgeoises.

En fait, cette affirmation était conforme à la vérité;

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