CHAPITRE xxxvn
ï>lutioii, forme la base essentielle et comme le point de » départ de l'administration nouvelle. Il recevra son D application dans tous les actes législatifs et adminisïtratifs, et particulièrement en matière d'enseignement 3) public. — Les membres du cabinet se sont également »mis d'accord sur les quatre questions suivantes, qu'ils j>ont résolu de porter devant les Chambres : !<> Jury » d'examen universitaire. Renforcer l'action du gouver- »nement dans la nomination des membres du jury, et »changer, en conséquence, le mode de nomination ac- »tuel. 2° Faire cesser les effets fâcheux de la loi du j» fractionnement de la commune, en revenant au mode »d'élection consacré par la loi de 1836. 3" Le pouvoir x>de nommer des bourgmestres en dehors du conseil ne » pourra être exercé que de l'avis conforme de la dé- )!>putation permanente.... 4° L'adjonction des capacités ï>aux listes électorales entre également dans les vues i>du nouveau cabinet. Il est entendu qu'il ne peut s'agir »que des capacités officiellement reconnues ou breve- »tées. Elles seront empruntées aux listes du jury. » — Le cabinet prenait ensuite l'engagement de développer l'esprit national, de protéger les intérêts moraux et matériels du pays, d'établir l'équilibre dans les budgets, de venir en aide à la détresse des Flandres, de porter particulièrement son attention sur le bien-être des classes laborieuses. Le manifeste ministériel se terminait par des promesses de bienveillance et d'impartialité, entremêlées de menaces peu déguisées à l'adresse des fonctionnaires qui ne courberaient pas la tête devant les exigences de l'administration centrale. On y remarqua surtout la phrase suivante : « Loin de nous
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]»Ia pensée d'une administration réactionnaire, étroiteornent partiale. Nous la voulons bienveillante et juste »pour tous, sans distinction d'opinion politique (1). »
A part quelques maximes empruntées à M. Guizoi et à la Revue nationale^ le programme ministériel n'était qu'une seconde édition de celui du Congrès libéral de Tannée précédente. Il n'y manquait que la proclamation de l'inamovibilité des desservants; mais, nous le verrons bientôt, ce point délicat devint l'objet d'une négociation officielle avec le Saint-Siège.
Les clubs avaient abattu la majorité unioniste; le ministère réalisait les vœux des hommes qui l'avaient poussé au sommet de la hiérarchie administrative.
Le cabinet eût pu se dispenser d'emprunter à M. Guizot sa célèbre phrase sur le caractère laïc de l'Etat. C'était une vérité que les catholiques n'avaient jamais perdue de vue dans leurs discours et dans leurs actes; ils voulaient uniquement que, sous prétexte de garantir l'indépendance de l'Etat, on ne fit pas de celui-ci un instrument de guerre dirigé contre les droits, l'influence morale et la liberté constitutionnelle de l'Eglise. Pas plus que leurs adversaires, ils ne rêvaient l'exhumation de l'ancien régime et l'installation d'un gouvernement théocratique. Là n'était pas le caractère distinctif de la situation; celle-ci se trouvait nettement définie en deux mots : on voulait inaugurer une politique nouvelle!
Sous ce rapport le programme disait la vérité tout entière. La politique inaugurée le 12 août était nouvelle pour le roi, pour le pays et pour les Chambres. Le sys-
(1) Moniteur du 12 août.