CHAPITRE XXX
au pays la nécessité de modifier la composition d'un parlement qui , livré auxinléréls, aux préjugés et aux craintes d'une t politique du passé, » n'éprouvait pas même le besoin de suivre les inspirations d'une « politique actuelle. » M. Devaux dressait un acte d'accusation en règle contre une politique à laquelle il avait lui-même participé, contre des hommes dans les rangs desquels il avait constamment figuré depuis la révolulion de Septembre.
Les hostilités une foîs ouvertes, le directeur de la Revue nationale dédaigna de s'arrêter dans une voie où tous les organes du libéralisme exclusif avaient salué sa présence avec enthousiasme. Après avoir firfgé' ses. traits cantre la majorité des Chambres, H n« pouvait garder une position de neivtralité à l'égard du ministère^ qui en était l'expression politique. Dans un travail intitulé Position parlementaire du cabinet , il manifesta sa* surprise d'apercevoir au banc des ministres MM. de Theux, Nothomb et Willmar, après l'échec que, selon* lut, leur politique avait subi dans la négociation du? traité définitif avec la Hollande et avec l'Europe; puis , àî la suite d'une foule de considérations sur les. difficultés, que rencontrerait désormais la formation des ministères, mixtes, il écrivit ces lignes significatives :. « En. dehors» ï^d'iîn ministère de conciliation, dont nous regardons^ •aujourd'hui les difficultés comme à peu près infr.anchis-- » sables, H ne reste, après le cabinet actuel, que la posïsibilité d'un ministère libéral. Sagement composé, un. •ministère^ libéral est praticable dès aujourd'hui (1). ».
(1) Revue nationale, T. !«% p. 48i.
La presse ministêridle ayant vivement critiqué cet appel à l'abandon des principes unionistes de 1830, M. Devaux, loin de revenir à des idées plus conciliantes et plus justes^ écrivit quelques semaines plus tard : « Des faits irrécu- 3>sables, des symptômes qui, à notre avis, ne peuvent »pas tromper, annoncent que dans un avenir.... qui » avance, .... la prépondérance politique en Belgique ap- »parliendra à Topinion libérale (1). » Reprenant ensuite une thèse qu'il avait déjà développée, il accusa les ministres d'avoir pris, dans les négociations diplomatiques,, une attitude telle « qu'ils n'en pussent sortir que par » l'accablant aveu d'avoir joué la comédie devant l'Eu- »rope entière (2). »
M. Devaux était lui-même forcé d'avouer que les catholiques n'avaient jamais étalé la prétention de présider seuls aux destinées politiques de leur patrie. « Si nous » n'avions en vue, » disait-il, « qu'une étroite question de i> personnes, si notre désir était, comme le craignent les »défenseurs alarmés du cabinet, de frayer la voie à quel- »ques hommes, serait-il même indispensable de viser »pour cela au renversement du cabinet? Pense-t-on que^ » depuis quelques années, les portes du cabinet aient été »si hermétiquement fermées à notre opinion ^ qu'il ne »lui restât d'espoir d'y entrer qu'après avoir expulsé »lous ceux qui s'y trouvent aujourd'hui (3)? » Il avouait encore que les représentants des catholiques au pouvoir central n'avaient jamais abusé de leur influence dans l'intérêt exclusif du parti qui partageait leurs sympathies.
(1) Revue nationale, T. II, p. 88.
(2) Ibid.y T. H , p. 94.
(3)/6«., T. ll,p. 8».