CHAPITRE XXX
politiques et religieuses : a C'est un fait assez retnar- »quable, t^ dlsaitnil, « que le ministère de H. de Theux » n'ait pas amené à l'opinion catholique une voix parle- »men(aire de plus (1). » Il avouait enfin que les cabinets mixtes qui s'étaient succédé depuis Tavénemenl du roi avaient choisi la très-grande majoritéde leurs agentsdans les rangs diîs libéraux (2). Mais si les catholiques s'étaient toujours montrés prêts à partager le pouvoir avec les hommes les plus éminents du libéralisme; si leur attitude dans le choix, des agents de toutes les administrations publiques avait été constamment celle d'une impartialité scrupuleuse; en un mot , si l'Union avait réalisé au bénéfice du libéralisme toutes les promesses de son programme, pourquoi fallait-il désormais suivre les inspirations d'\ine politique exclusive ? A moins de prétendre que la polémique entamée par M. Devaux fut le résultat d'uoe hostilité personnelle et momentanée, — supposition inconciliable avec le caractère et la position du directeur de la Revue nationale ^ — il fallait bien admettre que la fraction modérée du libéralisme, fatiguée de n'obtenir qu'une part du pouvoir, voulait désormais le confisquer à son profit et l'exercer sans partage. C'était en vain que M. Devaux repoussait le reproche de vouloir renverser immédiatement le cabinet, pour le remplacer par une administration exclusivement libérale : l'avéncment de cette administration était sou désir et son but. S'il consentait à ajourner la réalisation de ses vœux, s'il voulait laisser une existence languis-^
(1) Bévue nationale, T. I*', p. 305.
(2) Voici cet aveu significatif. « L'opinion libérale.... est en grande •majorité dans les rangs du barreau , de la magittraturêf de Vadminit- 9lra<to»....» {Revue nationale^ T. II, p. 287).
saote au cabinet présidé par M. de Theux, c'était pour aboutir avec plus de certitude à l'anéantissement d'un système qu'il nommait, avec autant d'injustice que d'inconséquence^ la « prépondérance des catholiques. » Ses antipathies pour les ministres étaient tellement vives que sa plume prenait parfois des allures peu compatibles, avec la dignité des traditions parlementaires. Perdant de vue toutes les concessions que l'attitude courageuse et habile de la diplomatie nationale nous avait procurées à Londres, il parlait avec amertume des résultats d'une politique* qui avait placé le pays au bord d'un abîme(l).i> A ses yeux, le cabinet était avant tout dépourvu de qualités gouvernementales. Les ministres compromettaient la dignité du pouvoir; ils vivaient au jour le jour ; privés de principes communs, manquant de vues arrêtées, ils étaient condamnés à chercher leur appui dans les intérêts locaux, les relations personnelles et les individualités divergentes. Il insinuait que, « forcés, pour conserver »des appuis si précaires, de ménager les susceptibilités »les plus opposées, ils n'échapperaient à d'ignobles con- > séquences qu'en se condamnant à la plus stricte inac- »tion (2). » Le choix de M. Raikem, l'un des fondateurs de l'indépendance nationale, jurisconsulte éminent, procureur général à la cour d'appel de Liège et président de la Chambre des représentants depuis 1832, « n'était pas »Ioin d'équivaloir, pour la Chambre, à la suppression de »run des portefeuilles (3). » Le seul titre de M. Desmaisières à la confiance de ses collègues, le seul motif de
(1) Revue nationale, T. I«^ p. i75.
(2) Ibid., p. i73 et suiv.
(3) Ibid., p. i73.