‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 71 sur 178 · CHAPITRE XXXIII. {il · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII. {il

lique ministérielle, la commission chargée de la rédaction de l'adresse avait proposé de dire au roi : « Sire , ce »n'est pas sans une émotion profonde que nous avons ^entendu V. M. évoquer le souvenir des quinze années »de travaux consacrées à la consolidation de noire » indépendance et de notre prospérité nalionale. Ces »heureux résultats, auxquels V. M. a si puissamment » concouru, lui assurent la continuation de notre dé- » vouement et de la confimce dont le pays entoure le roi »qui s'est dévoué à ses destinées. » En l'absence d'actes importants et significatifs de la part des ministres, la commission n'avait pas sérieusement discuté la question de savoir si le cabinet devait être accueilli avec confiance ou avec défiance; elle s'était renfermée dans une réserve prudente, en laissant à chacun de ses membres la liberté entière de son vole à l'égard des amendements qui pourraient être présentés dans le cours des débats (1). Mais M. Van de Weyer ne voulut pas se contenter de cette adhésion tacite; après avoir nettement exposé son programme, il se croyait en droit de réclamer un vole de confiance. Il proposa de compléter le sens de l'adresse par un amendement ainsi conçu : <!c La Chambre aura »à se rappeler que la Constitution, sur laquelle s'appuie »la nationalité belge, est l'œuvre de la conciliation entre •les hommes modérés de toutes les opinions. Persuadés •comme vous. Sire, que ce même esprit de conciliation •doit, pour le bonheur du pays, présider à la direction •de ses plus chers intérêts, nous venons offrir à Votre •Majesté l'assurance du concours bienveillant que nous

(1} Voy. la déclaration du rapporteur, M. de Decker ; Annales parle- . menlaireSf p. 35.

148 16 AVRIL 1843—3! mars 1846.

» sommes disposés à prêter au gouvernement dans Texa- »men des mesures qui nous seront soumises. » Après six jours de discussions passionnées, l'adresse renfermant cet amendement fut votée par 63 voix contre 25. Un seul membre s'était abstenu (1).

Ce résultat attestait énergiquement l'existence d'une majorité unioniste forte et compacte, toujours fidèle aux traditions généreuses de 1830, toujours prête à donner son concours à tout cabinet pénétré des idées de conciliation qui avaient présidé au vote du pacte constitutionnel. Cette majorité avait survécu aux attaques de la presse, aux manifestations électorales de quelques centres populeux, à la défection des chefs du libéralisme doctrinaire. Elle pouvait encore subir plus d'un échec sans se trouver dans la' nécessité de livrer le pouvoir aux expérimentations dangereuses d'une politique exclusive. Les amis et les adversaires du cabinet commençaient à croire à sa longévité parlementaire (2).

Sortis victorieux de' la lutte, les chefs de tous les départements ministériels s'efforcèrent d'activer et d'améliorer les divers services confiés à leur garde. Des lois sur les entrepôts de commerce, sur la chasse, sur l'avancement des officiers dans les armes spéciales, sur le règlement définitif des comptes des cinq premières années de l'administration nationale, furent successivement

(1) Séance du 22 novembre 18i5.

(2) La politique traditionnelle de 1830 avait trouvé des défenseurs éloquents dans MM. de Meulenaere , d'Huart et de Decker. En joignant à leurs discours les explications détaillnes fournies par les ministres à portefeuille , on obtient la preuve la plus complète du caractère éminemment national des doctrines personnifiées dans le cabinet formé par M. Van de Weyer.

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