‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 76 sur 178 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

IIHISTÈRE DU 31 MARS 1846. — AOMINISTRATIOII CATHOLIQUE HOMOGÈNE.

(31 Mars 1846 — 12 Août 1847).

M. Rogier reçoit la mission de reconstituer le ministère. — Programme qu'il soumet à l'agréation du roi. — Il demande la dissolution éveuluelle des Chambres et des moyens dofensifs contre Tbostilité des fonctionnaires publics. — Examen de ces conditions. — Le roi rejette le programme. — M. de Theux reçoit l'aulorisation de former uu cabinet catholique. — La situation. — Le nouveau ministère devant les Chambres. — M. de Theux expose les principes et les vues de Fadministration ceulrale. — Débats politiques. — La royauté mêlée aux querelles des partis. — Incident Retsin. — Vote de confiance. — Le ministère gagne du terrain dans les Chambres. — Causes de ce progrès. — Loi sur renseignement moyen. — Loi relative à Taugmenlalion du nombre des membres de la représentation nationale. — Succès obtenu par le cabinet du 31 mars. — Réflexions générales.

Toujours guidé par le désir de rallier au gouvernemcnl une fracliou importante du libéralisme modéré, le roi, immédiatement après le départ de M. Van de Weyer, offrit encore une fois à M. Rogier la mission de reconstituer le ministère.

Prenant pour lui-même le portefeuille de Tlntérieur, M. Rogier se choisit aussitôt des collègues dans toutes les nuances du libéralisme. M. Delfosse aurait pris les Finances; M. H. de Brouckcre, les AU'aircs étrangères;

IGO 31 MARS 1846— 12 AOUT 1847.

M.crHoffschmidt, les Travaux publics; le général Chazal, la Guerre; M. de Bavay, procureur-général à la cour d'appel de Bruxelles, la Justice. On le voit : toutes les fractions du parli libéral obtenaient un représentant dans le conseil des ministres. Une seule nuance du parlement était dédaigneusement oubliée : c'était celle qui possédait la majorité (1)!

L'homme d'Etal, qui se met au-dessus des exigences du régime parlementaire se condamne à chercher su force et son appui en dehors de l'influence que procure l'exercice normal des fonctions ministérielles. Celte vérité politique ne tarda pas à se présenter à l'esprit de M. Rogier. Obligé de comparaître devant une majorité inquiète, humiliée, justement blessée de l'oslracisme dont on voulait la frapper, le député d'Anvers arriva naturellement a des exigences peu compatibles avec la dignité des Chambres et les prérogatives conslitutionnelles de la couronne. Dans un rapport au roi, il formula ses prétentions dans les termes suivants :

« i^ Indépendance respective du pouvoir civil et de • l'autorité religieuse. Ce principe, en harmonie avec le » texte et l'esprit de la Constitution, doit dominer toute »Ia politique. Il trouverait nolamment son application »dans la loi sur l'enseignement moyen. Rien ne serait «négligé pour assurer, par voie administrative, aux » établissements laïques le concours de l'autorité reli- »gieuse.

»2o Jury d'examen. Le mode actuel de nomination

(1) Nous verrons bientôt que, mémo au sein de la Chambre des rcprrsentants, les catholiques possédaient encore la majorité. Quant au Sénat, il avait à pou près conservé su composition de 18i0.

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