TOME IV
«Grâce k rexlrème et juste influence que les loges ac- Dquièrent de jour en jour en Belgique, par le patrio- »tisaie, par la fermeté, par l'indépendance, par les »Uimières de leurs membres, ces loges sont à la tête »du parti libéral, socialiste et véritablement chrétien, »qui se pose hardiment en -face de l'association ultra- »montaine et rétrograde. » Trois ans plus tard, l'auteur du Juif errant était l'un des héros de la démagogie française, tandis que les membres de la députation et les fournisseurs de la plume d'or se voyaient réduits à trembler pour leurs propriétés, pour l'avenir de leurs familles, pour l'indépendance de leur patrie (i) !
Les succès électoraux de 1845, la retraite de M. Nothomb, le départ de M. Van de Weyer et l'avènement d'un ministère catholique eurent pour conséquence naturelle d'accroître l'animosité des chefs de l'opposition. A mesure qu'ils voyaient approcher le jour d'une lutte décisive, ils disciplinaient leurs phalanges et perfectionnaient leurs armes. Trois mois après la formation du cabinet du 31 mars, toutes les nuances du libéralisme belge se confédérèrent dans un Congrès réuni à Bruxelles.
A la fin de 1840, les loges de la capitale avaient pris la résolution d'établir, comme centre de propagande
(1) Voici la description de la médaille : Avers : Buste babillé dTugèno Suc, en profil, avec l'inscription : Les libéraux belges à Eugène Sue. — Revers: Un foudre et une plume placés en sautoir. Les cantons du sautoir ont reçu les inscriptions suivantes : Bulle de Clément XIV 1773. Edit de Louis XV 1769. Edit de Marie-Thérèse 1775. Le Juif errant iSU. Le revers est entouré de cette légende : Sa plume foudroie l'hydre qui brava Borne et les rois. Janvier 1843.
La lettre d'Eugène Sue à la loge d'Anvers a été reproduite par le Journal de Bruxelles du 15 février 1845.