‹ La belle argentièreChapitre 35 sur 42 · I.A IJliLLE AIKJEINTIKIIK · texte numérisé non relu

I.A IJliLLE AIKJEINTIKIIK

— tî"«>sl juste, dit lo comte ; voiu'z av«'c, moi. Je trouverai sans peine dan» ma j;ardr-robo de quoi vous 6(iuiper conveiiubltMni'nt.

Le repas teriniuù, ils se levèrent et se rendirent chez M. de Lapoyre, ofi l'aventurier se métamorphosa de la tète aux pieds.

Oiiand il fut prùl, la nuit (commençait h tomber. Il.s se diri^'^iirent, en suivant lesijiKiis, vers la rue Saint- Jacques et entrèrent hardiment dans la salle basse de. l'hôtellerie, où ils se firent servir une bouteille de vin d'Anjou, qui jouissait en ce temps-là d'une grande faveur.

Alphonse Goron s'empressa, croyant avoir réellement allaire k deux gentilshommes.

— IVfon ami, lui dit le comte, nous sommes arrivés à Paris, il n'y a qu'un instant, parle coche de Senlis, et nous désirerions passer quelques jours ici. Avez-vous deux chambres à nous donner?

— Certainement, messieurs.

— Alors faites-les préparer sur-le-champ pourvu que vous ne nous perchiez pas au grenier.

— Je ne puis malheureusement pas vous donner le premier étage, messieurs...

— Ahl il est loué? demanda M. de Lapeyre.

— Oui, monseigneur.

— A qui ?

— A un riche marchand de grains d'Etampes.

— N'y a-t-il donc qu'une chambre au premier étage ?

— Il y en a deux, mais ce négociant les prend toujours toutes les deux, afin de ne pas être dérangé.

— Et celles que vous proposez...

— Sont situées immédiatement au-dessus des siennes.

— De quel prix sont-elles ?

— Une pistole par mois.

— Chacune ?

— Oui, monseigneur.

— Eh bien I fit le comte, en jetant négligemment sur la table une des quatre pistoles qui lui restaient, prenez d'avance une semaine de loyer et payez-vous de votre vin d'Anjou.

Aussitôt que les chambres seront prêtes, vous viendrez nous avertir.

Goron s'inclina avec respect. Deux gentilshommes qui payaient d'avance et sans marchander ! C'était magnifique !

Tandis qu'ils achevaient leur bouteille, il donna l'ordre à sa servante de préparer les deux chambres.

Au bout de dix minutes, il revint et voulut rendre au comte la monnaie de sa pistole.

Sans autre explication François brûla la cervelle au comte

- C'est bon, fit le gentilhomme en le repoussant ; gardez cela pour vous mon ami.

Pour le coup, Goron ôta son bonnet et salua plus bas que terre.

Ce n'était pas sans un profond soupir de regret que M. de Lapeyre se livrait à de telles largesses, mais il s'agissait, avant tout, d'inspirer confiance à l'auberg-iste. En cela, du moins, il avait pleinement réussi.

Il monta, suivi de l'aventurier, dans les chambres qui leur étaient destinées

LiV. 54. F. ROY, édit. — Reproduolion interdite. 54

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