‹ La belle argentièreChapitre 36 sur 42 · I. A iMi.i.i: \it(ii;\ I ii;iii · texte numérisé non relu

I. A iMi.i.i: \it(ii;\ I ii;iii

ot sfi (ItVIara salisfnil. rioroii se relira, jiorsiiiuir' (jin- ses liùlrs rtaii'iil des f^rands seigneurs do lianl licnnutu

\.r comte l'I d'Asli dcinemèrciil seuls.

M. (11! Lapeyre ne disait mol. \']n passaiil sur h; jiali*'r du jucinior «'îla^'^e, il avait ï'eiîi arqué (|ii(' la rli-f se trouvait sur la jiorle d'une diîs deux chamhri'S, — celle précisémeiil dans laquelle il avait aperçu (lilhcrt.

Il avait même été sur li; point d(î s'en emparer.

— Non, c'est li-op tôt! s'élait-il dil.

Il (Hait d'ailleurs très intrigué. Ouelliî était (•(îII(î faldo quo raubftrçisle lui avait rac()ut»''e'? Ciilbcrt s'élail-ii vraiment donné comme un marchand de j;raiiis, ou (loron était-il son com[)lico ot avait-il inv^nlé do concert aver lui celle histoire, alin do détourner les soupçons?

Ce qui faisait croiic h M. do Lapcyre quo (îoi'on était complice, c'est qu'il avait prétendu que ce riclu; commcu'çant venait souNciit h Paris. Or le comte savait fort bien quo Gilbert y était venu pour la première fois au mois do septembre dernier; donc il n'y avait pas longti;mps qu'il demeurait dans celte auberge.

Ah! si le comte avait su de quels ennemis Gilbert se cachait avec tant do précautions, comme il serait allé le dénoncer sur-lo-champ, laissant à d'autres, sans rien risquer lui-même, le soin de le venger! Mais il ignorait pourquoi le jeune gentilhomme était venu h Paris, avec qui il était en relations. Il avait bien entendu dire vaguement, chez M*"® d'Ermilly, que le baron de Prévalais avait été chargé par ses amis d'une mission politique; mais de quelle nature était celte mission? quel était son objectif?

11 se perdait sans succès dans un dédale de conjectures plus invraisemblables les unes que les autres. Il y renonça, s'en rapportant, pour faire la lumière, à ce bicnbeuroux^ hasard qui l'avait déjà si merveilleusement servi.

Son compagnon ne lui laissa, du reste, pas le temps de réfléchir trop longuement. Il lui tardait de savoir quelle part le gentilhomme comptait lui abandonner dans je vol qui récompenserait l'assassinat.

Voyant que M. de Lapeyre continuait à garder le silence, il l'arracha sans façon h celte rêverie intempestive.

— Maintenant que nous voici dans la place, dit-il, occupons-nous do certains détails qui ne manquent pas de valeur. Et d'abord êtos-vous bien certain que ce gentilhomme ait chez lui les doux cent mille livres dont vous le croyez possesseur ?

— J'en suis sûr pour deux raisons, répondit le comte : la première, c'est qu'il y a fort peu de temps qu'on lui a remis cette somme ; la seconde, c'est qu'il n'a pas ou presque pas d'amis à Paris et que, comme il est obligé- de se cacher, il n'a pu la confier à personne.

Une discussion s'engagea alors entre eux sur la manière dont le partage

aurait lieu. D'Asti prétendait toujours à la moitié, le comte n'y voulait pas consentir.

— C'est moi qui ai découvert l'affaire, disait-il, donc c'est à moi qu'en revient la plus grosse part.

L'aventurier pensa sans doute que la raison était concluante, car il réduisit ses prétentions au tiers de la somme. M. de Lapeyre lui en offrit le quart.

D'Asti refusa d'abord.

— Alors, lui dit le comte, il n'y a rien de fait. Vous pouvez vous retirer. Je ne suis pas en peine de trouver, au prix que je vous propose, autant de complices qu'il me plaira d'en chercher.

L'aventurier discuta encore, se leva, fit mine de se diriger vers la porte; mais, comme son interlocuteur tenait bon, il finit par accepter.

Tout aurait donc marché selon leurs désirs, s'ils n'avaient été retenus par une difficulté du plus haut intérêt; c'est qu'étant connus tous les deux de Gilbert, ils devaient éviter soigneusement de se rencontrer avec lui dans la maison.

Pour aller et venir, ils étaient donc oblig-és de guetter par la fenêtre le moment où le jeune g'entilhomme quitterait lui-même l'hôtellerie.

Le lendemain matin, au petit jour, l'aventurier était aux aguets, lorsqu'il vit sortir un cavalier de la cour de l'auberge. Il recula vivement, en reconnaissant Gilbert. Se penchant ensuite avec précaution, il le vit se perdre dans le haut de la rue Saint-Jacques.

Il s'habilla à la hâte, descendit quelques marches de l'escalier, afm d'observer ce qui se passait au premier étage.

La porte delà chambre occupée par le baron était ouverte; la servante faisait le lit et chantait gaiement.

D'Asti plongea dans cette pièce un regard avide et se rendit un compte exact de la situation que chacun des meubles y occupait. Ce détail était d'une grande importance, au point de vue de l'expédition nocturne qu'il méditait.

Pendant qu'il observait, la voix de Goron se fit entendre au bas de l'escalier.

— Ma-rgot ! cria-t-il.

La servante descendit précipitamment.

Mettant à profit son absence, l'aventurier se hasarda sur le palier et pénétra dans la chambre de Gilbert. Le coup d'œil rapide qu'il y jeta ne lui fit rien découvrir. Evidemment la somme dont le comte lui avait parlé était enfermée dans un des deux meubles quil apercevait.

Dans lequel? Ce n'était pas difficile à deviner. Sur l'un, la clef était restée ; donc il ne contenait rien de précieux. Sur l'autre il n'y avait pas de clef; donc Gilbert l'avait dans sa poche, donc c'était dans celui-là que se trouvaient les deux cent mille livivs.

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