I. E M A R O U 1 S , se couvrant avec dignité
Mademoiselle... c’est impossible maintenant, je ne livrerai pas mon nom, le nom do mon père, à la risée de ces hommes.
LoersE.
Monsieur... ce n’est plus pour vous... c’est pour moi que je vous implore... mon frère ne me pardonnera jamais!... Je vous supplie, monsieur, je vous supplie!...
LE MARQUIS
Ah! mademoiselle... vous n’ôtes pas le premier cœur généreux qui se soit repenti d’avoir déchaîné légèrement les passions pofuilaires. Mais voyons, il faut en finir... je ne veux pas les at- »
tendre... je vais aller m’expliquer avec eux. -(n passe & droite.)
Eh bien! je vous accompagne... je leur parlerai... je leur dirai...
LE MARQUIS
Prenez garde!... si vous dites que je me rétracte... je vous démentirai... je vous ratlestel... Restez ici, croyez-moi... vous ne gagneriez rien à me suivre... et vous pourriez être témoin de
<]UelqUO âCütU! |)énible... (cris plu.< vinlenu. Tumulte. On ruit des turrhes hriller A trnrers les vitraux du fond.)
LOUISE
Oh! Dieu!... et sentir mes forces qui m’abandonnent!... (Eiie
s'appuie haletante et éperdue sur la table.)
LE MARQUIS, In regardant.
En un pareil moment, mademoi.selle, on pense vite, et on doit dire tout ce qu’on pense... Eh bien!... je suis fâché de ne pas vous avoir connue plus tôt, votre frère et vous... Au lieu do nous mépriser et de nous haïr à distance... nous aurions pu de plus prés nous eslimer... et qui sait même?... nous aimer... Mon Dieu! mademoiselle, quant à moi. ..je vous pardonne... je fais plus... tenez, je vous admire!... Votre dévouement pour votre frère, votre jeune cœur si vaillant .. Enfin, mademoiselle, si c’est ici l'heure d'une parole suprême... (n se découvre.) celui qui va mourir vous salue!
(Il se dirige ri'solûment vers la porte, les cris éclAtent encore plu.< violemment au dehors. La porte et la fenêtre sont rudement secoués du dehors. On crie ; A mort!. . h mort!... » Puis « Non! non! nous ne voulons pas!... » Les clameurs ronlinueni jusqu'à In fln de la scène.)
LOUISE, s'attacbant aux Tètemcnts du marquis.
Non! de grâce! monsieur! au nom du ciel I... au nom de votre sœur!...
LE MARQUIS
Veuillez me laisser, mademoiselle.
LOUISE, avec une énergie désespérée.
Eh bien! venez donc!... Je vous jure qu’ils me tueront avec vous!
LE MARQUIS
Mais je ne le veux pas!
LOUISE, l'entraînant.
Moi, je le veux... venez!... (Crond tumulte au dehors, la porte cl la
fenétro cèdent aux efforts des aasaillants*)