‹ La belle au bois dormant drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 128 sur 146 · I IK · texte numérisé non relu

I IK

DIDIER

Comment?

O K O RG EK.

Oui... Ne m’as-tu pas dit souvent que les joies de la science et du travail, celles du bien-iNtre, que la passion même du devoir et de la justice ne sufTisaient pas à remplir la vie d’un homme. Eh bien! c’est vrai! Comprends-moi bien! je suis loin de renier les convictions et li>s principes que mon père m’a légués... ils sont toujours pour moi la vérité... une sainte vérité... mais non toute la vérité!... Il nous faut quelque chose de plus... quelque chose qu’on ne peut ,=aisir... qu’on no sait comment nommer... quelque cliose qui n’est rien... mais dont la possession fait vivre... et dont le regret fait mourir.

DIDIER

fîeorges... cette jeune fille... tu l’aimais, n’est-ce pas?

GEORGES

Je l'aime depuis que j’existe... Ce que j’airhais dans ce château, objet constant do mes rêves, de mon ardente ambition, c’était elle... et quand j'y suis entré enfin, et que je ne l’ai plus trouvée... tout m’a manqué! Je me suis senti .«ans un désir au monde, .«ans une pensée d’avenir, sans un rêve, sans une espérance, dans l’angoi.«se du vide et do l’abîme... dans l'horreur d’un néant dont on a conscience! Voilà ma vie!

DIDIER

-Mais elle... qu’est-olle donc devenue?

GEORGES

Elle est dans un couvent... pour jamais... Quelque temps encore, j’ai espéré comme un enfant... Mais le silence de son frère qui la voyait tous les jours m’a ôté toute illusion... Elle est bien perdue pour moi, va!... Maintenant, tu sais bout ce qu’il est nécessaire que tu saches... pour comprendre où j’en suis venu... (ii «e lève.) Ne me dis pas que j’aurais pu lutter davantage... tout ce qu’un homme peut faire, je l'ai fait... c’est dans une âme comme la mienne que la passion exerce ses plus mortels ravages, quand une fois elle y est entrée... En deux mots, mon ami, mon courage

Page 1