SCÈNE VII
Les mêmes, LOUISE.
LOUISR, pntrnnt.
Voilà I0 thÔ, (Pi»»rrc Apporte un plalonu sur lequel se trouve tout re. qii*il faut pour prendre le thé, et dépose le plntemi sur un guéridon.)
G KO RG K S.
Ah! très-bien!... veux-lu l’asseoir, Didier... Louise va nous
Servir. (lls «’osspoienl nntour d(> In tnble , I.OHise nu milieu*.) Atl çà ! mais
lu ne me dis rien de ton voyage?... Et notre vieille Bretagne, répond-elle à les espérances? (Louise sen m thé.)
DIDIER
Parfaitement, mon ami... On croit être en Belgique!... c’est délicieux!
GEORGES
Comment cela?
DIDIER
Sans doute... partout dans la campagne des usines... des tunnels... des déblais et des remblais; dams les villes, des petits temples grecs servant de mairie, de tribunal ou de prison... sur les chemins des cantonniers, en chapeau ciré, qui cassent des pierres druidiques pour faire du macadam... voilà tout ce que j’ai vu en Bretagne, moi!... Au reste, mon cher, dans cinquante ans, grâce à vous, on n’aura plus besoin de voyager... on n’aura qu’à contempler, en fait de monuments, la Bourse, en fait de montagne, Montmartre, en fait de vallée, la plaine Saint-Denis, et on aura fait le tour du monde... Ah! le niveau du progrès!... Tiens, mon ami, ton progrès, plus je vais... (11 s’arrête brusquement et salue Louise.) Ah! pardon, mademoiselle!... pardon, j’oubliais...
GEORGES, riant.
Non! va! ne te gène pas! je l’ai prévenue!... va!