I.E MARQUIS
Prenez garde, monsieur! votre proposition ainsi motivée cesse d’étro une énigme... elle devient une offense! (ii s'assied dans la
fauteuil.)
GEORGES
Une offense, monsieur? Pourquoi donc?... Parce que j’ambitionne riionncur de vous rallier à la cause que je soutiens?... parce que j’estime si haut, le nom, la dignité, les vertus de votre famille, que son exemple me paraît capable d’entraîner tout ce pays, sans plus do ré.'islance, dans la voie que je crois être celle du bien... et de la justice? Permeüez-moi de vous le demander, monsieur le marquis, n'avez-vous pas [loussé jusqu’à ses extrêmes limites le point d’honneur qui jiouvait sembler vous être imposé par votre nom, par votre naissance... et ce point d'honneur ii part, est-il possible que vous ne vous soyez pas dès longtemps l endu, dans le secret de votre pensée, à une vérité qui me parait, à moi, la lumière même du soleil?... C’est que ce monde ancien, dont vous avez voulu perpétuer jusqu’à la dernière lieure les traditions les plus élevées, est à jamais enseveli dans le passé... C’est que vous ne pouvez plus rien pour lui, ni vous, ni personne, et qu’il ne peut plus que vous ensevelir sous ses débris! et si nous en sommes venus, nous autres, après l’heure du combat et de la passion, à juger avec un plein respect ce glorieux passé qui fut votre ouvrage... et dont est faite l’histoire de notre pays, ne pouvezvous, avec la môme justice, rendre hommage à ce présenî, qui est notre œuvre... et à l'avenir, qui est notre espérance ?... Dans ce présent, dans cet avenir, n’y a-t-il donc rien qui ne puisse apaiser les plus justes regrets, gagner les plus nobles esprits... séduire les plus grands cœurs?... Monsieur le marquis, j’en appelle à vou.smôme!... Combattre et détruire non-seulement sur le sol de la patrie, mais d’un bout de la terre à l’autre, l’ignorance, l’avilisse-