ACTE DEUXIÈME
prend le bras.) Et persuadc-toi bien q«ft je ne suis pas de ceux pour qui la gloire de nos armes s’est arrêtée à Fontenoy... il y a eu depuis, je suis Juste, des aclions de guerre très-distinguées!...
LE VICOMTE
Parbleu, mon père! Fontenoy... mon Dieu, Fontenoy, c’était très-beau, sans doute! .Mais parlez-moi do trois cent mille hommes et de six cents canons... Voilà une bataille ! à la bonne heure!
LE COMTE, discutant avec force.
Écoute, mon ami. Écoute! certainement l’art de la guerre s’est développé... les armes savantes surtout, le génie, l’artillerie, ont fait des progrè.s immenses... Mais nous avions dans ce temps-là une Gère cavalerie ?
LE VICOMTE, avec une ardeur croissante.
Mais nous l'avons toujours, mon père, notre cavalerie! et nous avons de plus notre infanterie!... et la première du monde!... Mais à l’.Mma, mon père, à Magenta, à Solferino, nos petits pantalons rouges avec leurs baïonnettes... Je vous conterai cela , mon père I
LE COMTE
Vraiment ! Ils se battent bien ?
LE VICOMTE
Comme des lions, mon père !
LE COMTE
Eh bien, ça ne m’étonne pas? à les voir marcher seulement, n’est-ce pas. Charles, de ce pas redoublé qu’ils ont maintenant... (Il marque le pas de charge.) on Sent qu’il n’y a pas moycn...
LE VICOMTE, riant d’enthousiasme.
Qu’ils vont tout manger, n’est-ce pas, mon père?
LE COMTE, au comble do l’exaUntion.
Tout dévorer!... tout... (ii s’arrête brusquement comme devant une soudaine apparition.) Mil mèrc ! clîiil, nous en reparlerons, mon ami.
(Il reprend vivement sa pose de pêcheur^ Son fils l’imite i\ la hâte.)