‹ La Belle et la bête [microforme]Chapitre 8 sur 23 · SR · texte numérisé non relu

SR

re pas la catholicité, Tous les O’Brian fur.

tholiques,

‘* Ma sœur pousse la manie religieuse a haut degré. Ce détail a sa valeur pour un tonne, sans doute dévote, qui s’est faite m famille, Au revoir, Mademoiselle,

Il sonna. Joé parut.

— Reconduis Madame, ordonna le maîtr

Ghislaine salua et se retira, complètemen leversée, mais au fond heureuse,

Oh ! sa décision était prise, sa réponse Elle aurait pu la donner tout de suite au b châtelain. Elle acceptait ; l'intérêt des er primait ses répugnances.

À petits pas pensifs, elle s'en retourna Inchlonay.

Elle trouva vite le cottage dont lord 0 avait parlé, Il était en pierres blanches à ques roses, séparé de la route par une ] grille, Une pelouse s'étendait par devant : u sez grand jardin se développait par derrière

La maison paraissait vaste ; le soleil ro sait sa facade et faisait étinceler les tuiles v

du toit. Le jardin était un fouillis Je ronce d'herbes folles au-dessus duquel pointaient rosiers retournés à l’état sau va re,

Le paysage découvert des fenêtres devait superbe, et Ghislaine murmura :

— Nous serons bien ici.

Elle fit un détour Pour gagner l’autre bou village qu’elle ne Connaïssait pas.

Il se composait d’une rue principale coupé ruelles,

De chaque côté s’alignaient de coquettes 1 sons de briques rouges, toutes pareilles :

leurs pots de géraniums sur les fenêtres et bocal de Cvprins dorés,

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use au plus ur une Breaite mère de

maître.

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>onse prête.

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Au fond d’une grande cour s'élevait une petite chapelle soulevée d’un clocher pointu.

Sans doute la chapelle catholique dont avait parlé lord O’Brian ? A tout hasard, Ghislaine poussa la grille, traversa la cour et voulut entrer dans le petit temple,

Mais la porte en était fermée. Peut-être ne s'ouvrait-elle que pour les cérémonies du culte.

Tout près elle vit le presbytère, semblable aux maisons qui bordaient la grande rue du bourg. Une femme en costume pittoresque cousait auprès d’une fenêtre,

Ce fut elle qui interpella Ghislaine.

— Si vous désirez voir la chapeile, Madame, dit-elle, je vais vous donner la clef.

— J'en serais bien aise, merci. M. le chapelain est-il chez Jui ?

— Oui, voulez-vous lui parler ?

— Si je savais ne pas le déranger.

— Oh ! on ne le dérange jamais, Madame. II est toujours prêt à recevoir ceux qui se présentent.

Ce dialogue, commencé devant la fenêtre de la salle à manger, se continuait dans le vestibule.

# servante frappa à une porte et ouvrit sans attendre la réponse,

Elle annonça :

— Monsieur le recteur, c’est une dame qui vous demande,

Puis elle se retira.

Un vieillard, debout devant une bibliothèque, se retourna et vint au-devant de Ghislaine.

— Vous désirez, Madame !.. demanda-t-il.

— Un conseil, monsieur le curé.

— Si je puis vous le donner...

— Vous le pouvez sûrement.

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ER EME ERTT

— Asseyez-vous donc, et dites-moi co vous serai utile.

- Vous êtes le chapelain du château !

Il sourit tristement.

- En titre, non en fait. J'y entrerai première fois demain afin de bénir la t lord O'Brian, Mon ministère ne s’appli une trentaine de catholiques épars dans et les environs. Si je n'étais un vieux naire, incapable d’un rôle plus actif, ce rait une douloureuse sinécure,

Le prâtre parlait lentement .

par de Jlaborieuses et ardentes prédi était pleine de tristesse, du regret de ses perdues, Dans le petit salon, blanc, prap rideaux de mousseline, aux fauteuils de fi le et qui ressemblait à un parloir de c l'athlète vieilli regrettait la brousse et se

gers, le lointain apostolat qu'exaltait l’e ce du martyre,

— Mais parlons de vous, Quel conseil voulez-vous Ghislaine se sentait en prêtre. Elle Jui Conta rapiderer: re qui amenée à Inchlonay, et ce qui s’en suivait — Acceptez, ma fille, acceptez, dit-il viv Nous appelons Providence ce que les :

nemmaient le Fatum. Au fond l’idée est me. Nous devons croire que rien ne se Sans avoir été réglé Par une volonté soux et pour notre plus grand bien. Qui sait mission miséricordieuse est réservée à vot:

tience ? Et puis, il n'est pas défendu de ; cher les avantages matériels. Pensez-vous ver en France une situation équivalente ?

on. Le travail dea femmes est pe pi e qui me tente surtout, c’est la poss

sa voix

mor enfant de moi ?

confiance avec 1,

tif. C

oi comment je teau ?

rerai pour la r la tombe de ‘applique qu’à dans le bourg rieux missionif, ce poste se-

À voix, cassée prédications, le ses énergies prapret, aux s de fine pailr de couvent, e et ses danait l’espéran-

nfant, dit-il.

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de ne pas me séparer des enfants. Mon frère me donnera bien un peu de souci,

— Quel âge a-t-il ?

-— Seulement huit ans,

- Ne vous tourmentez donc pas. Il est encore jeune ; rien ne presse de lui faire commencer des études réglées, Jusqu'à sa première communion, je puis m'en occuper; j'ai quatre élèves déjà, quatre garçonnets appartenant à mes ouailles ; il fera le cinquième. Ensuite, vous le mettrez en pension, à Inverness, c'est tout près d'ici, Nous le caserons dans une honorable famille et 1i sui. vra les cours du collège, Tout s'arrange, ma chère fille, quand on suit sa vie droitement et avec bonne volont, En stricte conscience, lord O'Brian ‘* doit ”’ à ses jeunes parents le léger avantage qu'il leur assure pour plus tard, ct il est excessif qu'il vous faille l'acheter par l'aliénation de votre liberté, C’est bien ce qui vous découvre l'intention providentielle en tout ceci.

Venez voir mon église, ma fille. Elle est presque aussi pauvre que l’étable de Bethléem.

Ils sortirent, et, au lieu de traverser la cour, il* prirent une allée du jardin afin d'entrer dans le petit temple par la sacristie.

— L'édifice est du commencement du XVIIe siècle, expliquait l'abbé, 1] porte les armes des Mac-Harty. C’est vers ce temps-là que la lignée mâle s’éteignit. Une seule fille restait qui épousa un lord O’Brian. Comme tous les Mac-Harty avaient été les ennemis du pouvoir royal, jamais un Souverain anglais ne voulut autoriser le transfert du titre et du nom.

Ils étaient dans le temple. A travers de très beaux vitraux, le soleil jouait sur les dalles blanches et animait d’une vie surnaturelle les P1

Er ve

Personnages des fresques mi-effacées qu vraient les murailles.

— Le Mac-Harty qui a bâti cette église enrichie de vases précieux, de lampes d’o:

tels de marbre, continua le chapelain, Des clastes l'ont dévastée, et les derniers lords des indifférents qui ne prirent aucun so culte divin. Si le fondateur n’avait étal dotation perpétuelle, chapelle et chapela raient disparu, au grand dommage d OVau catholique perdu Parmi la popi presbytérienne.

De la primitive splendeur du temple, il.

taït rien ; l'autel était de bois peint sans sculpté sans art, orné de flambeaux désars Mais une corbeille de Îleurs fraiches éclatai cette pauvreté,

—- Notre seul] luxe, dit le prêtre. Môme Ver, nous avons des roses, grâce à une exc Paroissienne, Mme

Faroll, qui met sa ser service de l'autel,

Je vous engage à vous p ter chez elle et à nouer des relations. Vous rerez profit et agrément, car c'est une f# d'esprit et de cœur, Je lui parlerai de vous - Je vous en serai bien reconnaissante Ghislaine dont l'âme s'alléceait insensible depuis que, devant elle, s’aplanissait le cher Certes, elle ne S'imaginait Pas que sa vie s désormais semblable au cours d'un ruis tranquille qui file entre deux bords fleuris. : suffisait, pour être persuadée Souvenir du O'Brian, de et le ton a:

ques, C'e <o

du contraire, rictus qui crispait les lèvres de se rappeler son petit rire de cré ‘orbe et cassant de ses phrases sc rait un maître maussade, et il lui drait <e rémémorer Souvent l'intérêt des or lins pour ne Pas secouer le joug.

es qui recou-k — 35 — Mais elle aurait toutes le

S patiences afin de mener sa tâche à bien.

église l’avaith »s d’or, d’au-

Lorsqu'elle entra à l'auberge, Mme Temple n. Des icono:| i LI ] ee ne l'accucillit par des exclamations. s IOorus . . .

a — Les signes n’ont Pas menti ; la cloche a tin- ‘un souci du ;

; ; té, et le vieux lony, ait mort.

t établi une] D «vez eu grand'jeur, Madame ?

apelain pe * Oh ! je n’air run " pRiees sn ns | — Vous savez déjà. ? dit Ghislaine.

; -— Sans doute, Il y a, paraît-il, un nouveau le, il + ee lord, et il vient de m'envoyer commander le re- ( sans SOS pas qui doit être distribué aux pauvres, comme désargentés. M

Est-ce que vous

ais pas voulu me trouver à vo-

tt à Æ cest l'usage dans la seigneurie. Le ciel ait l'âme h S à , — ns Po nr garde le vivant !

Môme en hi- À ie excellente !

sa serre au!

ous présen- À Vous en ti- # une remine » VOUS.

ssante, dit à nsiblement

le chemin. À \ vie serait à 1 ruisseau À uris, I] lui aire, de se es de lord & de crécelle ses sceptiil lui fau- £ les orphe- #

À présent, les de Kerhir étaient à Inchlon:

Lorsque, ect après-midi, Ghislaine franc pont de pierre qui menait de Ja route an teau, son cœur battait à coups précipités.

tait le premier pas dans le chemin, sans ( semé de plus de cailloux que de fleurs, o marcherait désormais.

Elle se retourna vers le cottage qu'elle v de quitter.

Sur le perron fleuri de pots de géranium, monde, Armelle, Yves, dominés par la longu houette de Corentine Quimper, lui envoy:

des baisers.

Elle agita son mouchoir pour leur répond

Les chers petits ! IS jubilaient du changet de leur existence. La vicille bonne, héroïquen dévorait ses regrets, Pour elle, s’exiler de la de avait été un dur sacrifice. Ælle avait es mourir dans l'endroit où elle avait vécu, do: auprès des Kerhir si fidèlement servis. Eh } non, elle reposerait en terre héritique, chez Anvlais détestés, car elle ne resterait pas en tagne sans la demoiselle et les petits. Est-ce M. Jean, au moment de fermer les yeux p toujours, ne lui avait pas dit :

— Corentine, sois-leur dévouée jusqu’à la f

Pouvait-elle désohéir à M. Jean ? Elle ax emporté de la terre de la lande avec un pied bruyère et un de venêt que, tout de suite en a vant, elle avait plantés, Les papillons d’or et

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franchit le ite au chà-

sans doute urs, où elle

elle venait

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longue silnvoyaient

Langement iquement, de la lanait espéré u, dormir

, chez des as en Bre- Est-ce que eux pour

Ile avait n pied de e en arril’or et les

mouches blanches et mauves des fleurs de la pa-

trie lointaine la consoleraient de l’exil.

— Bon courage !

Ces mots voletèrent avec la brise qui roulait le sable doré du chemin et soulevait l’eau bleue en ‘avues menuettes.

Ghislaine sourit, cria : “ Merci ”’ et regarda de nouveau vers le château.

Il lui parut encore plus rébarbatif.

Derrière ces murailles mornes, ces tours hautaines, cette porte maussade, son destin l’attendait. Que serait-il ?

L'émotion lui cassait les jambes : elle s’assit sur la même borne où, le premier jour, elle avait attendu que Joé consentit à l’introduire.

Un mois, depuis, s’était passé. Que de choses accomplies en ce mois ! Le retour en Bretagne, l: déménagement, la vente de tout ce qu’il était inutile de transporter, les adieux, les dernières promenades, pieux pèlerinages à tous les endroits dont on voulait emporter le souvenir, puis l’embarquement, l’arrivée à Inchlonay, l'installation rapide...

Ghislaine avait éprouvé l’agréable surprise de trouver le cottage nettoyé, rajeuni, le jardin planté, les arbres taillés: Mme Pawell avait mis des ouvriers à la besogne. Partout des peintures fraiches, des papiers clairs, un air réjouissant de propreté et de coquetterie. En deux jours, tout fut en place ; les détails de l’organisation s’exé-

cuteraient peu à peu. Ce qui manquerait, car Ghislaine n'avait emporté que les meubles qui avaient une valeur de souvenir, on irait l’acheter à Inverness.

La jeune fille se sentait excédée, moins de fatitue physique que d’angoisse morale.

C'était sa première visite au château : elle al-

lait se mettre à la disposition de lord O’Bria de sa sœur qu'elle savait installée. Mme Ter l'avait mise au courant de ce qui s'étai ass son absence.

La diune tenancière de l'auberge ‘‘ À Ro Bruce s'était exclamée en apprenant que de Kerhir revenait vivre à Inchlonay. La ji fille wardait le secret de la parenté de sa p famille avec le Jord châtelain mais c'était a de l'installation des Bretons pour éveiller les riosités du bourg paisible.

On <'en était préoccupé presque autant qu nouveau lord qui ressemblait à l’autre. ©’ donc une punition du ciel, le châtiment de q que crime inexpiable.

On voyait sa sœur à l’église, le dimanche, parfaite vicille dame.

Ghislaine se répéta ces mots dits avec com} sance par Mme Temple,

Elie ajouta en elle-même :

‘* Mme Pawwell est bonne ; elle me recevra :

affabilité.”

Dans une hâte soudaine de s’en assurer, finir avec l'appréhension déraisonnable que causait lord O'Brian, elle frappa le marteau bronze, er, presque aussitôt, la porte s’ouvri

Un portier Jui demanda son nom et ce qu désirait.

— Voir Mme Pawell.

Il salua et dit ::

— Entrez.

tien n'était changé ; la forêt vierge masdq!

toujours le petit palais. C'était le même air désolation et d'abandon qui glaçait l’esprit.

Le portier guida la jeune fille jusqu’au } du perron où la reçut un valet de pied en li

)'Brian et 16 Temple assé en

A Robert que Mlle La jeune * sa petite tait assez ler les cu

nt que du >. C'était t de quel-

nche, une

complai-

evra avec

urer, d’en * que lui rteau de ouvrit.

ce qu'elle

masquait 1e air de sprit.

au haut en livrée

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pr-venir sa maîtresse.

I revint au bout d’une minute et dit :

— Que Mademoiselle veuille bien entrer.

Il l'introduisit dans un petit salon d'une préciosité charmante où se tenait la sœur de lord O’Brian.

En robe de satin noir, en boucles blanches, l'exquise vieille dame travaillait près d’une fenitre. Une écharpe de laine grise destinée à quelque pauvre S'allongeait sur $es genoux. Elle sourit à Ghislaine et lui tendit la main.

— Je vous attendais, mademoiselle de Kehir :

-0vez la bienvenue à Inchlonay.

iien que le ton chaud et velouté de la voix r« conforta Ghislaine. Elle remercia avec effusion.

Mon cher Philippe, cohtinua la vieille dame

et ces mots se mouillaient de tendresse — m’a dit de vous un grand bien qui me donnait envie de vous connaître, J'espère que votre jeunesse charmera la solitude de ce triste château.

— Vous en serez la bonne fée, Madame, vous !e transformerez.

Mme Pawell secoua la tête.

— Je ne vaincrai pas les résistances de Philippe. [l'aime Inchlonay précisément à cause de sa “tuvagerie qui en fait un manoir de Prince au Pois dormant. Il a beaucoup, beaucoup souffert, et il a mal su souffrir ; la douleur qui peut être un souverain dictame est devenue pour lui un poison mortel. Son esprit est encore plus malade que son corps.

Elle parlait comme pour elle-même, sans souci de Taisser tomber la confidence de sa peine secrète dans l’âme de la jeune étranvire. Ne fallait-il pas que Mlle de Kerhir connût la blessure

de deuil qui prit la carte de la visiteuse et nlla

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