Voir les Amours de eontrebande
Quelques jours après la réception do cette lettre, Yann en recevait une autre de Joannic ; elle s'exprimait en ces termes :
Mon cher Yann,
Tu peux te flatter d'être le plus heureux coquin do la terre.
Hé quoi ! tu aimes et tu es aimé de la plus charmante des femmes ; et voilà qu'une autre infante, qui, dans son espèce, est bien la plus ravissante créature que je connaisse, se met aussi de la partie, et raffole d'amour pour toi.
C'est, conviens-en, trop de bonheur pour un homme seul.
Tu crois sans doute à une plaisanterie de ma part ; eh bien, non, mille fois, non ; je suis sérieux, très-sérieux.
Oui, mon ami, Régine t'aime aussi, elle t'aimo autant que femme sait aimer.
Je sors à l'instant de chez elle, et j'ai le cœur navré de sa tristesse.
Permets-moi donc de plaider ici sa cause, afin d'obtenir de toi quelques lignes qui lui permettent d'oublier ses chagrins.
Si, dans le principe, j'ai suivi ton exemple, en riant de ce grand amour que je prenais pour un caprice, je reconnais aujourd'hui avoir commis une sottise, et je t'avoue franchement que je ne suis nullement rassuré sur les conséquences de cette romanesque passion.
Tu te souviens, sans doute, de notre diner d'adiou. Régine essayait d'étourdir son chagrin dans des flots de Champagne, et je croyais, grâce à l'ivresse du moment, lui avoir fait perdre le souvenir do ton départ; aussi, la voyant jjIus tranquille, te décidais-je à fuir au plus vite.
Mais à peine venais-tu de disparaître que la pauvre fille sembla sortir d'un pénible sommeil elle jeta d'abord autour d'elle un regard vague et distrait, puis passant la main sur son front comme pour en écarter une sombre pensée :
— Yann, dit-elle, Yann, où est-il? Vous ne me répondez pas, Joannic, il est parti ?... parti... sans moi !... Mais non, c'est impossible !... ce serait trop infâme !... Il n'est pas ici.,. c'est donc vrai ?... Peutêtre est- il temps encore d'empêcher ce départ... vite... vite, courons...
Et sans môme prendre le temps de mettre son chapeau elle se précipita tète nue dans la rue.
Redoutant tout de son exaltation, je m'empressai de courir sur ses pas.
Une voiture passait, elle y monta, je me plaçai à ses côtés.
Le convoi était heureusement parti quand noua pénétrâmes dans la gare,
Le désespoir de Régine fut immense, et je ne sais, si je ne l'eusse retenue, à quelle fohe elle se fût livrée.
Je parvins cependant à la mettre en voiture, mais au moment où j'allais fermer la portière, j'aperçus une jeune fille qui, elle aussi, s'éloignait en pleurant.
LES DÉLASSEMENTS ILLUSTRÉS
C'était, tu lo devines bien, cette pauvre petite Genofsa.
Je no sais comment cela se fit, mais les doux femmes s'aperçurent en mémo temps et elles échangèrent un regard, chargé do menaces chez l'une, et plein do douce tristesse chez l'autre.
Quelles effluves magnétiques s'échappaient donc du cœur de ces deux femmes pour leur crier quelles étaient rivales et ennemies? D'où venait cette seci-éte intuition qui leur révélait ainsi l'affreuse vértté ?
Depuis cette fatale rencontre, un je no sais quoi de haineux est resté dans le cœur de Régine, cUo ne connaît pas Genofsa, et cependant elle la déteste à l'égal d'une personne qui lui aurait enlevé un trésor précieux. Aussi, cherche-t-ello par tous les moyens possible à connaître la vérité, et je tremble, qu'un jour ou l'autre, elle no parvienne à la découvrir.
Il résulte donc de tout ceci que deux amours, l'un blond, l'autre brun, se disputent la possession de ton cœur, et que moi, ton ami, placé entre ces deux volcans, je mo trouve dans une situation des plus étranges, car, tiraillé de tous les côtés à la fois, je ne sais vraiment plus auquel entendre, et je crains sans cesse de commettre une horrible bévue, en confiant à l'une ce qui doit être pour l'autre.
Lorsque je vais voir Genofsa, ma tâche est des plus simples, je la laisse parler et tout est dit; mais il n'en est pas de même lorsque je me rends chez Régine, c'est alors à mon tour de bavarder, et il me faut non-seulement lui apprendre sur ton compte tout ce que je sais, mais encore tout ce que je ne sais pas.
' Ma position est horrible, et pour peu que cela continue quelque temps encore, j'en deviendrai fou, à moins toutefois que je ne donne auparavant ma démission.
Je sais bien qu'à ta place, je mo trouverais grandement embarrassé, et qu'il me serait fort difficile d'adjuger la pomme.
Plus mes rapports deviennent fréquents avec Régine et moins je la trouve faite pom* remplir le rôle qu'elle joue. Sous son apparente gaieté se cache un profond sentiment de tristesse; il doit y avoir un mystère dans l'existence de cette femme, j'ai tenté de l'interroger à ce sujet, elle est restée impénétrable.
Ma foi je t'avoue que je m'intéresse vivement à elle,
Une chose cependant me con,trarie, c'est sa grande liaison avec La Burgotière : plus que jamais je me défie de cet intrigant ; la grosse Louise m'a du reste prévenu de me tenir sur mes gardes, et d'éviter le plus possible de trop fréquents rapports avec cet homme; elle a, me ditroUe, de graves raisons pour m'inviter à en agir de la sorte.
Malgré mon \'if désir de suivre les conseils do Louise, je ne sais par suite de quelle fatalité, je me trouve sans cesse en présence du Potel.
Avant-hier encore, je sors avec Genofsa, et je me
encontre nez à nez avec lui. Je lui ai vu faire un
mouvement do surprise on nous apercevant ensemble. La connaîtrai t-ilî
Depuis cette rencontre jo suis inquiet, non pas que jo craigne lo Potel, car à la premioro parole do travers jo le cravacherai comme un laquais, mais joVlois tout redouter de sa liaison avec Régine.
Empresse-toi bien vite de me tiror d'embarras d'une manière ou de l'autre, je n'ai plus d'espoir qu'en toi. Je no sais si jo dois t'engager à écrire à Régine ; abandonne-toi sur ce chapitre à ta propre inspiration.
Puisque le vent est à l'amour, je vais en profiter pour emmener diner Louise, qui vient de pénétrer sans difficulté dans mes appartements.
A propos d'appartement, je suis heureux de t'appi'endre que j'ai loué un charmant pied à terre, rue de la Chaussée-d'Antin. Louise trouvait la rue du Plâtre trop ; déserte. Je puis bien me permettre cette petite folie ; ma mère vient d'ailleurs, sur ma demande, de porter ma pension à 35,000 francs. C'est une légère fiche de consolaUon au milieu do tous les ennuis que me suscitent l'amour et l'amitié.
Louise s'impatiente ; je ferme donc ma lettre en te serrant la main et en me disant pour la vie,
Ton bien dévoué,
JOANNIC DE KeRNEVELAN.
Jo pourrais longtemps encore continuer cette correspondance, je préfère cependant no pas le faire ; je vais néanmoins transcrire encore deux lettres, l'une écrite par Yann à Régine et la réponse de colle-ci.
Ma petite Régine,
Tu dois, j'en suis sûr, être furieuse contre moi, mais chère belle, j'ose me flatter de l'espoir que cette grande colère ne tiendra pas en présence de l'aveu que je fais de ma faute.
Je ne suis peut-être pas aussi coupable que tu peux le supposer, car j'ai tout d'abord été indisposé, puis, j'ai vu surgir autour de moi un si grand nombre d'embarras, que je me demande comment j'ai pu sauver ma raison sans en laisser quelque^ parcelles.
Plus calme aujourd'hui, je me hâte de me précipiter à tes pieds et de solliciter très-humblement un pardon qu'on ne me refusera pas, je l'espère.
Ne suis-jo déjà pas assez puni, en ne voyant plus ces deux beaux yeux que j'aimais tant à embrasser, et qui m'ont ensorcelé !
Ah ! chère belle, si tu savais quelle tristesse est la mienne, et comme je m'ennuie, tandis que si j'étais près de toi...
Si du moins je n'avais pas à m'occuper d'affaires qui me cassent la tête, mais mon pauvre père les a laissées dans un tel état que la plupart de mes journées se passent en compagnie de notaires et d'avoués.
LES DÉLASSEMENTS ILLUSTRÉS
Quelle horrible chose que les comptes d'intérêts ! Heureux ceux qui n'ont pas à s'en préoccuper 1
J'éprouve une furieuse envie de laisser toutes ces robes noires se débrouiller à leur aise, et de me contenter de ce que je possède.
Ma mère m'a laissé 40,000 francs de rentes, ne suis-je pas assez riche, très-riche?
Et puis ma bonne tante en possède près du double, et certes, elle serait désolée d'en priver un jour son polisson de neveu.
Que me faudrait-il de plus ?
Je me trompe cependant, il me faut autre chose, ton amour, ma belle Régine, qui peut m'aider à surmonter mon chagrin, car je songe toujours à mon père, et au milieu de ma solitude, je sens plus vivement encore sa perte.
Me voilà maintenant tout triste, et une larme mal essuyée tombe de mes yeux sur^ ce papier ; pardon, chère Régine, de t'avoir attristée et permets-moi de clore cette lettre en t'envoyant mille baisers, que je regrette infiniment de ne pouvoir déposer moi-même sur tes johes lèvres.
A toi.
Yann.
Quelques jours après, le père Gronde-Toujours, le facteur rural, apportait au jeune comte une lettre, dont la vue précipita les battements de son cœur.
L'écriture en était fine et serrée, et une odeur délicate d'un bouquet quelconque s'en exhalait par tous les pores.
— J'espère que ça embaume , lui dit le facteur, en lui remettant la missive.
— Vous trouvez, père Gi'onde-Toujours? répondit-il bêtement en la serrant dans sa poche.
— Ça doit venir d'une jolie dame tout de même, reprit le facteur curieux comme tous ses pareils, qui sont, à mon avis, des tomes reliés en cotonnade bleue, des portiers, jDerruquiers, et autres espèces appartenant au geni'e cancannier.
— Vous croyez ça, vous? reprit non moins bêtement Yann.
— Je fais mieux que de le croire, j 'en suis siir.
— Ah ! bah [
— Dame, c'est que voyez- vous, M. Yann, je m'y connais, depuis tantôt 25 ans que je suis dans le métier.
— Alors, vous devinez?...
— Il n'y a pas de quoi vous épouvanter, continua le bonhomme en ohgnant de l'œil, je devine les choses, mais je les garde pour moi. Maintenant, au revoir M. le comte, et beaucoup de plaisir en la lisant.
Et' le père Gronde-Toujours s'éloigna en ricanant.
Une fois seul, Yann, dont la lettre brûlait la poche, s'empressa de faire sauter le cachet.
— C'est curieux, dit-il, j'éprouve une singulière émotion, aimerais-je donc Régine?... Fou que je
suis, n'est-ce pas Genofsa qui atout mon amour ?.,. Pourquoi donc alors trembler ainsi ?... Quelle cause donner à ce trouble bizarre?... Oui, j'aime Genofsa do toutes les foi'cos de mon âme, et cependant je trouve encore en moi une coi'de qui vibre au moindre souvenir de Régine... Que signifie cette attraction qu'elle exerce sur tous mes sons ? J'aime Régine en aimant Genofsa... Quelle serait donc la puissance de cette femme, si la première elle se fut rencontrée sur ma route?... Je m'y perds, et j'ai peur de comprendre...
Tout en monologuant ainsi, il avait brisé le cachet de la lettre, et après en avoir déchiffré la date, il lut :
Paris, 15 septembre.
Cher,
Je ne sais si je dois me réjouir ou m'attrister de ta lettre, et je me demande quel était la nature du sentiment qui t'a guidé lorsque tu me l'as écrite.
Pourquoi donc t'ai-je connu mon cher Yann? je vivais si heureuse au miheu de mon indifférence !
Sotte que j'étais, et moi qui me riais de ceux qui croyaient à l'amour ; ah ! je suis cruellement punie de ma folie, et je comprends l'amère souffrance de ceux qui souffrent sans espoir !...
La vie, me dis-tu, est triste pour toi, mon ange, que serait-ce donc si tu te trouvais à ma place!
Mon Yann, il faut que tu apprennes à me connaître, permets-moi de tracer ici mon histoire, elle est courte, du reste, je me sens aujourd'hui le courage de le faire, demain peut-être, ne le pourrais-je plus.
En parcourant ces lignes, je ne sais ce que tu vas penser de moi, mais si par hasard ce récit enfante chez toi le mépris, souviens-toi de toutes les tortures qu'a endurées la pauvre fille dont le cœur en ce moment se régénère à cette source vivifiante de la jeunesse, qui est l'amour, et songe, que peutêtre, elle peut redevenir encore ce qu'elle était jadis.
Ne me demande pas qui je suis, mon bien-aimé, car moi-même je ne le sais pas au juste; tout ce que je puis me rappeler de mon enfance, c'est que je crois être née en Bretagne ; que toute petite j'ai été enlevée par une bande de gitanes, et conduite à Venise, où l'on m'a un beau jour trouvée étendue sur les marches de l'église Saint-Marc.
Celui qui me recueillit s'appelait Paolo Justiniani; c'était un riche patricien, qui, touché sans doute de ma gentillesse, consentit à me faire élever.
Je n'avais pu lui faire connaître que mon nom de Régine, il m'appela Régina, et fut j)our moi le plus tendre des pères. ^ ■,,.■...,
Je vécus heureuse quelques années, en vouant à l'homme excellent qui m'avait recueilHe tous les trésors d'affecfion que renfermait mon cœur.
Je parvins ainsi à ma seizième année, j'étais belle, me disait-on, aussi les hommages ne me manquaient-ils pas ! mais vainement me prodiguait* on les éloges les plus flatteurs, je les écoutais distraitement sans songer à y répondre.
Je n'aimais que le comte Justiniani.
LES DÉLASSEMENTS ILLUSTRÉS
Un jour, cependant, mon tutour appelé à Milan, me conduisit à la Seala.
La salle regorgeait d'une foule ardente qui venait assister aux débuts d'un jeune ténor, qui avait fait fureur à San-Carlo, à Kome, à Florence, à Turin.
Il se nommait Giulio Pizzori.
Je no le connaissais pas, et néanmoins son nom seul fit battre mon cœur.
Était-ce donc un pressentiment?
Go fut presque avec une sorte d'anxiété craintive que je me rendis au théâtre, ot à peine eut-il fait son entrée en scène, que mes yeux se braquèrent sur lui, et malgré ma volonté, ne purent, pendant tout le cours de la soirée, se détacher de sa personne.
Il était beau, beau comme toi, mon Yann, et je sentis sur-le-champ que l'aimais follement.
Toute la nuit je fus rêveuse, et toute la nuit aussi j'aperçus au milieu des brouillards qui obscurcissaient mon intelligence, les traits de celui qui venait d'ouvrir mon âme à de nouveaux horizons.
Le lendemain j'étais toute autre; les quelques jours que j'avais jusqu'alors vécus, me semblèrent ces heures d'insensibilité que passe l'insecte devenu chrysalide, avant de faire briller au soleil les riches couleurs qui forment sa parure; je ressuscitais à une vie nouvelle, et la lueur qui vint subitement éclairer mon imagination fut si vive, que je fus obligée de fermer les yeux pour ne pas en être éblouie.
Peu à peu, cependant, je m'habituai à cette brillante clarté; tous les objets qui m'environnaient semblèrent à leur tour se transfigurer et je trouvai que la vie était parfois un bien beau rêve. . . .
Mon ivresse fut, hélas ! de bien courte durée !... Six mois à peine s'étaient écoulés que déjà de profondes ténèbres, fruits amers du désenchantement, succédaient à la lueur fascinatrice qui m'avait un instant aveuglée, et tout, autour, de moi redevenait calme et monotone comme par le passé...
Mon cœur était-il donc mort ? Oh ! non, mes lèvres s'étaient abreuvées à cette coupe d'améres voluptés qu'on ne sait plus écarter quand une fois on y a touché, et si je trouvais assez de force pour lutter contre moi-même, je ne pouvais plus empêcher mon imagination de rêver, et dans le fond de ma pensée restait toujours vivant un souvenir...
Puisque je fais ici ma confession toute entière, mon cher Yann, je dois te l'avouer, le sentiment qui m'empêchait de me hvrer à toute la fougue de mon tempérament, était pour moi un mystère, car je n'obéissais, ni à la crainte de déplaire à mon tuteur, ni à un principe défini de pudeur, ni même à un sentiment religieux, non, c'était en quelque sorte un calcul sans but avoué, et qui peut-être n'avait d'autre cause que l'espèce d'indifférence formant le fond de mon caractère.
Sur ces entrefaites, un événement aussi terrible qu'imprévu vint faire ce que jusqu'alors la réflexion avait empêché.
Le comte Paolo, quoique jeune encore, mourut presque subitement, et toute sa fortune passa à l'un
do ses neveux, jeune homme do vingt-deux ans, qui jouait la ridicule comédie de l'homme blasé.
Il apprit cotte nouvelle à Gênes, où il venait d'arriver à la suite d'une jeune anglaise qu'il fatiguait de ses soupirs, et tout aussitôt il délaissa sa cou" quête, au moment peut-être où il allait être heureux.
Le jour môme de son arrivée, Luigi me regarda beaucoup, mais sans m'adresser une seule parole.
Le lendemain, au moment du déjeuner, il s'approcha de moi, et, me prenant la main, il me dit :
— Mon oncle, Régina, vous laisse 10,000 livres de rentes, le saviez-vous ?
— Monsieur le comte ne m'a jamais fait part de ses intentions à mon égard.
— Alors, je suis le premier à vous faire savoir ses dernières volontés ?
— Vous êtes le premier, Luigi.
— Je me félicite doublement de l'avoir fait, et j'ajouterai que d'après les renseignements que M' Tosano, mon notaire, m'a fournis, le capital en est déposé chez MM. de Rothschild frères, à Paris.
— Ah ! lui l'épondis-je étonnée de l'espèce de familiarité avez laquelle i^me parlait, et ne sachant ^ pas au juste où il voulait en venir.
— Oui, continua-t-il , mon oncle a sans doute pensé qu'après sa mort vous auriez le désir de quitter Venise, et à tout hasard, il a placé la somme à Paris.
— Ce qui signifie, mon cher Luigi, que ma présence vous déplaît ici ?
— Quelle erreur, ma belle Régina, je suis au contraire très-enchanté de vous voir chez moi, et, si vous le voulez, il n'y aura de changé dans votre position que le nom et l'âge du maître? ' ...
— Que voulez-vous dire ? m'écriai-je indignée, car cette fois je craignais d'avoir compris. ' '
— Cela vous convient-il? reprit-il en se dandinatat et sans répondre à ma question.
— Je ne vous comprends pas... monsieur...
— En vérité, chère, mais alors c'est que vous y mettez de la mauvaise volonté, je m'explique pourtant très-clairement.
— Je vous jure... Luigi...
— Allons, caramia, ne faites pas l'enfant... vous me paraissez nerveuse aujourd'hui... eh ! mais je ne suis pas si pressé... réfléchîssez, ma toute belle, et quand vous jugerez convenable do m'édifier sur vos intentions, veuillez me le faire savoir.
Et sans plus attendre, il s'éloigna en sifflottant la cavatiuc du Barbier.
C d'Amezeuil.
{La suite au prochain numéro.)
(Reproduction iaterdita.)
Le Gérant : a. ROUQUETTE.
Boulogne (Seine). — Imprimerie JULES BOYER et O», Adm. : rae Neuve-St-Augustin, 11, & Paria.
Le Numéro : 10 centimes.
21 Octobre 1S74.
PARIS
SOMMAIRE. — La Belle Herboriste, par Alexis Bouvier, — Les Abîmes do Purio, par Constant Gueroult. — L'Amour en partie «loubic, p:tr C' d'Amezeuil.
PRIX DE L'ABONNEMENT
UN AN' SIX M0(3
Paris H Ir. 4 Ir.
Departeiaonts . 10 3
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Par ALEXIS B O U A^ 1 F. R '
Marie-Reine empoioounaut Rosalie.