‹ La belle herboristeChapitre 29 sur 85 · PAS · texte numérisé non relu

PAS

C D'AMEZEUIL

UN OHAPITflE PAR CORRESPONDANCE [SUite),

Je VOUS l'avoue, Yann, il me fut tout d'abord impossible de me rendre un compte exact de ce qui venait do se passer, ma tète était en feu... mes idées étaient perdues... mais bientôt la réllcxion revint, et alors je compris tout...

— Le lâche! m'écriai -je ; le lâche !...

Que ne m'a-t-il donc été permis d'être homme une heure seulement afin de pouvoir' le souffleter comme il le méritait

Trois jours après, on retirait un cadavre du (Jannareggio, et presque à la même heure j'abordais au rivage de la Franco.

Mon premier soin fut de me rendre à Paris et de courir frapper à la porte d'un homme que j'avais connu à Venise, et cjui toujours avait paru me porter le plus vif intérêt.

Deux mots sur cet homme que vous avez vu chez moi, Yann , car c'est M. de Summeterrc dont je veux vous entretenir.

Lorsque pour la première fois je vis le comte, j'étais toute petite, et cependant je me rappelle encore qu'il me regarda avec une attention toute particulière.

— Comment t'appelles-tu, me dit-il.

— Régina, lui réjjondis-je.

— Régina, tu dis Régina, en vérité c'est extraordinaire, et, ajouta-t-il, lu es la lille du comte Justiniani.

Je le croyais alors, et je répondis affirmativement, car je n'appris que longtemps après, tout ce qui concernait mon adoption.

— Singulière, ressemblance, continua le comte, en me regardant toujours.

L'affection, du reste, qu'il me montra fut toujours bizarre, fantasque, et sujette à se transformer comme tout sentiment combattu ; il avait des froideurs soudaines succédant à des élans fougueux, il m'embrassait puis me repoussait avec colère, et moi, qui ne comprenais rien à ces brusques inter-

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