‹ La belle herboristeChapitre 3 sur 85 · TROISIEME PARTIE. — LA HARCHANDE A LA TOILETTE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE. — LA HARCHANDE A LA TOILETTE

ON s'occupe de m. vautreau (suite),

— Il y a vingt-cinq ans de cela, madame, reprit Jlardochée, vous en aviez vingt alors et vous étiez depuis deux ans la femme du comte de Bliniére, mon meilleur ami, quand j'appris cette union en Italie, où meretenait une blessure très-grave, sanglant dénouement d'une aventure romanesque dont le retentissement était venu jusqu'en France. Douée d'une imagination active, d'une nature passionnée, d'un caractère hardi et aventureux ; mariée à un homme dont la bonté simple et calme formait avec tous vos instincts le plus violent contraste, vous n'éprouviez déjà plus que l'ennui et la lassitude du mariage quand, de retour en France, je vous fus présenté par mon ami de Bliniére. Une histoire d'amour avec enlèvement, arrestation, emprisonnement et assassinat, me donnaient à vos yeux tout le prestige d'un héros de roman. Au bout de quelques mois, je fus forcé de reconnaître, à des symptômes de plus en plus significatifs, que j'étais loin de vous être indifférent. Moi-même de mon côté, je n'avais pu m'empêcher d'être frappé de votre merveilleuse beauté, aussi pris-je le parti de m' éloigner, dès que j'eus fait cette fatale découverte, car si je ne me piquais pas d'une morale austère, je n'étais pas de ceux qui considèrent comme un jeu d'infliger à la fois à leur meilleur ami le plus sanglant des affronts et le plus irréparable (les malheurs. La prescience de la passion vous fit deviner mon projet, et la veille même du jour où j'étais décidé à quitter votre château, car nous étions alors en Touraine, vous organisiez une fête, un bal masqué où votre mari me contraignait d'assister. Oh! cette nuit-là, vous la rappelez- vous, madame? c'était l'heure marquée par votre volonté, l'heure où nous devions être unis pour jamais, et votre des-

sein me fut révélé au moment où je vous vis paraître dans la salle du bal.

Un murmure d'étonnement et d'admiration accueillit votre entrée, qui produisit sur moi une impression que je crois ressentir encore. Je fus à la fois ébloui et fasciné ; et comment eussé-je conservé mon sang- froid en vous voyant dans un costume qui, tout à coup, sans transition, vous montrait presque entièrement nue à mes yeux. Vous aviez choisi un costume de l'empire qui laissait à découvert les épaules, la poitrine, les bras, presque toute la jambe, et au moment môme où vous me donniez le vertige en me révélant toutes ces perfections, en les étalant sans voiles à mes regards troublés, vos yeux noirs, brûlants, éperdus, pleins de flammes, d'aveux et de promesses plongeaient dans mon âme et y jetaient le délire de la fièvre. Puis, je ne sais comment cela se fit, je l'ignore, mais je me trouvai seul avec vous, dans une petite pièce pleine de fleurs, faiblement éclairée, où la musique parvenait comme un soupir, où bientôt je n'entendis plus d'autre bruit que celui de votre respiration, où il n'y eût plus pour moi d'autre sensation que le contact de votre main dans la mienne, le parfum de votre haleine sur ma joue et le son' d'une voix légère, harmonieuse et pure comme le murmure d'un nid qui s'endort. J'étais sans force, sans volonté, sans pensée, je vivais, je respirais sous un charme qui m'enveloppait et me pénétrait tout entier ; je ne cherchai même pas à me débattre, à lutter contre les enivrantes tentations dont toutes mes facultés étaient assaillies à la fois, je succombai...

Il y eut un long silence, puis Mardochée reprit en s'adressant à la comtesse, qui souriait d'une façon étrange :

— Eh bien, madame, est-ce bien ainsi que se noua ce lien funeste que devaient couronner tant de -crimes et d'infamies? N'est-il pas vrai que tout mon rôle et toute ma complicité se bornent à m'ôtre laissé surprendre, à n'avoir pas su me dégager de l'atmosphère de voluptés et de séductions dont vous aviez saturé mon cœur ? N'est-il pas vrai enfin que les rôles furent intervertis entre nous et, que celui des deux qui décida et combina la perte de l'autre, ce fut vous ?

— Eh bien, oui, répondit la comtesse, vous avez dit l'exacte vérité, mais une fois le charme subi, avez-vous jamais tenté de le secouer?

— Je ne le pouvais plus, je vous aimais jusqu'à l'idolâtrie, je vous aimais à me rendre coupable chaque jour de mille lâchetés, de mille hypocrisies envers celui qui me montrait la plus aveugle, la plus noble confiance.

— Eh bien, l'entraînement que vous subissiez, je l'avais éprouvé et j'y avais cédé la première, voilà toute la différence qu'il y eut entre ma conduite et la vôtre.

— J'ai longtemps combattu, en avez-vous seulement eu la pensée ?

Un sourire ironique fut toute la réponse de la comtesse, dont l'âme n'avait jamais dû connaître le remords ni le repentir.

LES DÉLASSEMENTS ILLUSTRÉS

— Au bout de ([uclqucs mois, reprit Mardochéo, l'amitié toujours croissante que me témoignait votre mari était devenue pour moi un intolérable supplice, et comme vous lisiez, pour ainsi dire, une à une, toutes mes pensées à mesure qu'elles se formaient dans mon cœur, comme vous aviez compris que le sentiment de honte et d'horreur dont j'étais pénétré pouvait dominer la passion que vous m'inspiriez et amener une rupture violente, vous sûtes décider M. de P.linière à aller recueillir dans l'Inde un héritage considérable.

Sept ou huit mois après son départ vous accouchiez d'une lille qui, aux yeux du monde, jiouvait porter votre nom et qui est aujourd'hui la baronne de Vautreau-Blinière.

— L'une des plus jolies femmes de Paris, m'avezvous dit ?

— Et dont la réputation est aussi irréprochable, que la beauté.

— Tant mieux pour son mari, dit la comtesse avec son sourire railleur.

— Le comte, retenu dans l'Inde par une longue et grave maladie, fut six ans absent, et pendant ces six années, nous avons eu deux autres iilles. Mais colles-là no pouvaient être avouées et ce fut sous des noms supposés qu'on put les élever au château de Bliniére. C'est à cette époque, c'est au bout de CCS six années que vous vint tout à coup la jienséo du meurtre auquel je n'ai échappé que par miracle, sans avoir jamais pu comprendre le sentiment qui vous avait poussée à vous défaire, par un triple crime,* de l'homme que vous adoriez la veille et des deux pauvres petites innocentes dont le vrai nom était ignoré de tous. Voilà, madame, le mystère que je vous prie de m'expliquer avec une entière franchise, vous donnant de nouveau ma parole de vous rendre la liberté s'il m'est prouvé que vous avez cédé, dans cette circonstance, soit à une violence, soit à une influence étrangère.

11 y eut encore un instant de silence, puis la comtesse se levant tout à coup.

— Eh bien, oui, dit-elle d'une voix grave, oui, je vous dirai tout, quoiqu'il me soit pénible d'évoquer certains souvenirs, mais il le faut, peut-être gagnei-ais-je quelque chose à vous faii-e connaître les détails que vous ignorez, et alors je pourrai sortir, respirer le grand air, marcher par les rues, coudoyer les passants, être libre enfin, libre !... Ah ! il faut avoir passé dix années dans une mansarde pour savoir ce que c'est qu'aller et venir en liberté.

— Parlez, ne me cachez rien, ni le bien, ni le mal, et dans une heure vous sortirez.

— Dans une heure ? s'écria la comtesse avec transport.

— Dans une heure.

— Ecoutez donc.

Elle s'absorba quelques instants dans ses souvenirs, puis elle reprit:

— Un matin que vous étiez parti à la ville de Tours, on m'apporta une lettre couverte de timbres yiombreux et bizarres. Celui qui me la remit était Antoine Vautreau, l'un de mes gardes-chasse.

— Aujourd'liui Vautreau le millionnaire, oncle (le M. le baron Vautreau-Blinière.

— Précisément ; Antoine Vautreau était un vrai paysan, taciturne, circonspect, très-rusé et très-retors sous un air épais et lourd. L'iicurc à laquelle passait le facteur étant écoulée depuis longtemps, je lui demandai pourquoi il m'apportait si tard cette lettre qu'on avait dû lui remettre depuis plus d'une heure.

— Madame la comtesse a raison, me répondit Antoine, il y a une grande heure que la lettre est dans ma poche.

— Pourquoi donc avoir tant tardé à me la remettre ?

— Dame! c'est que M. de Trcssy était encore au château.

— Que signifie cette réponse? est-ce que vous no me remettez pas toutes mes lettres devant lui ?

— Les autres, oui, mais celle-ci !...

— Quelle différence y a-t-il entre celle-ci et les autres ?

— Oh ! c'est que celle-ci n'aurait pas fait plaisir à M. do Trcssy.

— Qui vous fait penser cela ?

— Le pays d'où elle vient et l'écriture de l'adresse.

— Comment avez-vous reconnu ce pays et cette écriture, vous qui ne savez pas lire?

— Je ne sais pas lire, mais j'observe, et je sais que la lettre vient de l'Inde et que l'écriture est de M. le comte.

Et comme je ne répondais pas, il reprit :

— D'ailleurs, je l'aurais deviné rien qu'à la mino renversée de madame la comtesse.

— Vous vous trompez, lui dis-je, je ne suis pas renversée, mais émue et très-heureuse de oetto lettre qui m'apprend le retour de mon mari.

En effet, j'avais lu rapidement la lettre et j'y avais vu qu'elle ne précéderait le comte que de huit ou dix jours.

— Quant à la joie de madame la comtesse, dit Antoine avec sa fausse bonhomie, je suis loin d'en douter, mais il n'en est pas moins vrai que l'arrivée de monsieur le comte va embrouiller bien des choses.

— Je ne vous comprends pas, Antoine.

— D'abord, nous avons M. de Tressy, que la jalousie pourrait bien porter à faire un mauvais coup, puis monsieur le comte qui verra peut-être du louche dans les prévenanses de M. de Tressy, puis les deux petites filles, dont personne ne connaît la mère, ce qui fait que tout le monde a imaginé de leur en donner une, dont le nom ne ferait pas du tout rire monsieur le comte. Enfin, madame la comtesse, M. de Tressy a pris depuis six ans des habitudes et des privilèges qui se rapprochent beaucoup de ceux d'un mari, ça reviendra aux oreilles de monsieur le comte, surtout si M. de Tressy reste au château, et alors il pourrait bien y avoir mort d'homme.

J'étais sombre et soucieuse pendant qu'Antoine énumérait ces sinistres suppositions, car elles n'étaient que l'écho fidèle des craintes qui avaient

LES DELASSEMENTS ILLUSTRÉS

GraTure extraite des Mémoires secrets de Gabrielle dEstrées,

traversé mon esprit pendant la lecture de cette fatale lettre.

Antoine, qui m'épiait du regard, devinait mes pensées à l'agitation de mon visage.

— Dame ! dit-il en se rapprochant de moi et en baissant la voix, la fortune et la réputation de madame la comtesse tiennent à cette heure à un fil.

— Que faire ? murmurai-je, effrayée des dangers de toute nature dont j'étais menacée.

— Si madame la comtesse voulait me permettre un conseil.

— Parlez, parlez, Antoine, lui dis-je avec un accent dans lequel perçait toute ma terreur.

— Eh bien, madame la comtesse, me dit-il en baissant encore la voix, il faut pi-endre un parti violent avec M. de Tressy et avec les enfants.

— Un parti violent ! que voulez- vous dire ?

— Vous aurez beau faire, vous êtes perdue tant que M. de Tressy et M. le comte peuvent se trouver face à face, la jalousie leur montera la tête un jour ou l'autre, il y aura explication, dispute, duel, et la première victime en définitive, ce sera vous.

— C'est vrai ! c'est vrai ! murmurai-je, frappée de l'impossibilité d'échapper aux conséquences de ma faute.

Puis m'adressant à Antoine :

— Vous avez raison, lui dis-je, il faut éloigner M. de Tressy.

— Oh ! répliqua Antoine avec un sourire sinistre, il suffit de mettre entre vous et lui une distance de six pieds.

— Six pieds !

— Oui, reprit Antoine, six pieds de terre suffiront pour vous mettre l'esprit en paix de son côté.

Je compris enfin et je jetai un cri d'horreur.

— Votre sûreté, votre repos et votre fortune sont à ce prix, reprit Antoine toujours imperturbable, il faudra en venir là. Mais la proposition est trop nouvelle pour que vous l'acceptiez ainsi tout de suite, nous en reparlerons.

11 me salua sans ajouter un mot de plus et je ne le revis que le lendemain à la même heure.

Le lendemain, le surlendemain il renouvela les mêmes tentatives, que je repoussais chaque fois, mais qui chaque fois perdaient quelque chose de l'horreur qu'elles m'avaient inspirées au premier abord.

Enfin la veille de l'arrivée du comte je consentis.

— C'est bien, le reste me regarde, me dit alors Antoine, et j'ai justement sous la main quelqu'un ' qui se chargera du coup.

— Qui donc ? lui demandai-je en tremblant.

— Barentin, un pauvre diable qui a commis un vol avec effraction pour donner du pain à sa famille, qui tremble d'êti'e envoyé au bagne et dont

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le sort est entre mes mains, car je suis le soûl qui l'ait vu, je le tiens donc.

— Et vous croyez qu'il acceptera?...

— Tout, pour échapper aux travaux forcés.

Le soir même, Antoine Vautrcau, que vous no connaissiez alors que sous son pronom et dont vous ne reconnaîtriez sans doute pas les traits, qui doivent être transformés depuis vingt-cinq ans, Antoine Vautreau, accompagné de Barentin, vous entraînait dans cette chasse à l'alTût, où sous un prétexte, il vous laissa bientôt seul avec Barentin. Quant au reste, vous le savez mieux que moi.

— Ainsi voilà le rôle qu'a joué Antoine Vautreau dans l'histoire de mon assassinat.

— Je vous ai rapporté notre dialogue tout au long pour ne rien dénaturer, ni exagérer.

— C'est bien, passons maintenant aux enfants.

— C'est encore en mettant en avant mon intérêt, ma fortune et ma sécurité, c|u"il me décida à m'en séparer, en m'assurant qu'il veillerait sur elles et les remettrait en mains sûres. Le lendemain du meurtre, quelques heures avant l'arrivée du comto, il les emmenait.

— Pauvres enfants ! murmura Mardochée, à quelles épreuves elles étaient destinées l'une et l'autre !

— Epuisé par la maladie, It comte languit quelques mois et mourut; c'est alors que j'appris ù connaître Antoine Vautreau. Trois ou quatre jours après la mort de mon mari, il vint me trouver, me parla de mes enfants d'abord, puis de son dévouement, puis de la récompense à laquelle il croyait avoir droit, et enfin de la nécessité de faire à mes deux filles un sort digne de ma fortune. Bref, il fixa lui-même à deux cent mille francs le don que je devais faire à chaque enfant, et me fit ajouter à chacun des actes une clause par laquelle, en cas de mort, il devenait leur héritier naturel.

— Vous avez écrit cela? s'écria ^Mardochée.

— Oui, car j'avais confiance en cet homme et ce ne fut que plus tard que je compris l'imprudence que j'avais commise, c'est-à-dire lorsqu'il me demanda et exigea pour lui-même une somme de cent mille francs, source première de la fortune considérable qu'il a acquise depuis.

Mardochée se leva et jetant sur la comtesse un regard terrible :

— Savez-vous ce que cet homme a fait de nos enfants, madame? lui dit-il d'une voix frémissante.

— Grand Dieu ! qu'allcz-vous m'apprendre? murmura la comtesse épouvantée.

— Il a tué l'une des deux par la plus lente et la plus cruelle des tortures, par la misère.

— Mon Dieu ! mon Dieu !

— Et comme elle tardait trop, il l'a achevée par le poison.

— Oh ! le misérable ! le misérable ! s'écria la comtesse en se frappant le front avec désespoir.

— Quant à l'autre, il allait l'enterrer vivante, entendez-vous, vivante! Si l'un de ses compfices n'eût eu pitié de la pauvre enfant, qui est sauvée à cette heure. Et maintenant, madame, allez, jouis-

sez en paix de votre liberté ; je a'ous avais condamnée à dix années do prison, votre peine est finie, allez, soyez libre et heureuse.

Mais la comtesse était tombée à genoux et elle murmurait en sanglotant :

— Il a tué mon enfant ! . ..

— Oui, pleurez et priez pour elle, dit Mardochée, moi, je vais la venger.

Il sortit et se rendit aussitôt chez Barigoul. Il le trouva pâle et défait.

Martial était près de lui.

— Maître Barigoul, lui dit-il, êtes-vous disposé à répondre franchement et sans arrière-pensée à la question que je vais vous adresser.

— .le suis tout à votre disposition, monsieur Mardochée, répondit Barigoul, qui se mit à trembler sous le regard de son ennemi.

— Avez-vous organisé quelque chose contre Antoine Vautreau.

— L'oncle millionnaire?

— Oui, monsieur Mardochée, je me suis occupé de lui avec Taboureau et la Turmole.

— Contez -moi votre plan.

Barigoul lui expliqua tout dans le plus grand détail .

— Mais, dit-il en terminant, pour peu que cela vous contrario ! . . .

— Pas le moins du monde, je vais même de ce pas m'occuper de le mettre entre vos mains, à- votre entière discrétion ; le reste vous regarde, je ne m'en mêle plus, mais je laisse faire.

Et quittant Barigoul et Martial, il regagna sa voiture et se fit conduire à l'hôtel de Blinière.

Là il demanda à être introduit près de M. Antoine Vautreau.

Le vieillard tressaillit à sa vue, puis ses traits défigurés et pâlis exprimèrent à la fois la crainte et la colère.

— Que me voulez- vous ? je ne vous ai pas demandé, lui dit-il, j'ai mon médecin et n'ai pas besoin de vos soins.

— Aussi n'est-ce pas en qualité de médecin que je viens en ce moment, répondit Mardochée.

— Que venez-vous donc faire ?

— Je viens vous donner un ordre.

— Vous ?

— Moi.

Puis se rapprochant du lit.

— Monsieur Vautreau, lui dit-il, l'air de l'hôtel de Blinière ne vaut rien pour vous.

— En vérité ! dit M. Vautreau d'un ton railleur.

— Je vous conseille donc de vous faire transporter aujourd'hui même à l'hôtel Hervieux des Roches.

— Aujourd'hui même?

— Avant deux heures.

• — Et si je refusais, comme cela est assez probable.

— En ce cas, je ferais appuyer ma demande par trois personnes.

— Qui sont ?

— La première est la comtesse de Blinière.

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— Elle est morte ! s'écria M. Vautreau.

— Je l'ai ressuscitée exprès pour vous ; la seconde personne est Barentin, celui qui vous a si énergiquenient palpé la mâchoire au Moulin-Vert,

— Vous connaissez Barentin !

— Et la troisième personne est Martial Didier, dont vous avez empoisonné la femme.

— C'est faux ! c'est faux !

— J'ai les preuves. Si dans deux heures vous n'êtes pas installé à l'hôtel Hervieux, je viens avec mes trois témoins. Allons, au revoir, monsieur Vautreau.

Et il sortit calme et impassible comme il était entré.

— Grand Dieu ! murmura M. Vautreau au paroxysme de la terreur, qu'est-ce que c'est donc que cet homme et que veutril faire de moi.

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