‹ La belle herboristeChapitre 50 sur 85 · CONTES EN .MER · texte numérisé non relu

CONTES EN .MER

Les deux mois de captivité de Bizot avaient couvert sa peau d'un poil rude et serré; quelques minutes après, il était débarrassé de sa longue chevelure et de sa barbe rousse.

— Maintenant, dit l'homme, nous allons passer la journée ainsi en tâchant d'éviter les curieux... Ce soir, nous passons Brest, et demain au matin nous atterrirons...

— Demain seulement.

La ligne que vous avez trouvée nous servira

chaque lois que nous verrons un bateau se diriger vers nous, nous la laisserons flotter.

Sans compter que je ne déteste pas la pèche,

moi... il y a moyen de prendre quelque chose.

— Faites cela si vous voulez... tous les vieux poissons qui sont dans la sébile sont là comme appâts.

— Je vais pêcher; vous n'avez pas besoin de moi pour la manœuvre ?

— Non!...

Nous pouvons toujours causer maintenant.

— Tant que vous voudrez.

— C'est pas un secret... qui vous êtes?

— Du tout... Je suis un serviteur dévoué de mon roi ; j"ai été pris en 1 794, au moment où nous débarquions des armes dans l'île de Sein.

— Pour faire la guerre contre la France?

— Non, pour sauver la France des mains de ceux qui l'avaient.

Alors, vous avez été pris et enfermé.

— Avec un pauvre garçon tué à mon côté. nous avons fait le coup de feu pour empêcher les bleus d'avancer, jusqu'au moment où nos chefs seraient en sûreté. Mon compagnon tué, j'ai été pris. On allait me fusiller, lorsqu'un représentant me fit arrêter et conduire à Paris. Là, pour un but que j'ignore, on me fit transférer ici.

Alexis Bouvier.

{La suite au prochain numéro.)

(Reproduction interdite.)

LES DELASSEMENTS ILLUSTRES.

m mim '%

WuM» /tBIMES DE l»A.RIS

CONSTANT GUEROULT

(voir a partir uu n" M3)

Page 1