‹ La belle herboristeChapitre 61 sur 85 · SEMAINE THÉÂTRALE · texte numérisé non relu

SEMAINE THÉÂTRALE

Opéras et opérettes, que me voulez-vous ?

Il semble, depuis quelques années, que Paris s'est transformé en une vaste boite à musique. Tous les théâtres s'acharnent à exhiber des productions et des artistes lyriques. Enfin, il n'y a pas jusqu'au Chàtelet qui n'ait voulu sacrifier, lui aussi, an goût du jour.

L'ouverture , ou plutôt la réouverture du théâtre qui a obtenu tant de succès avec Rothomago, les Pilules du Diable et les Sept Péchés capitaux, vient d'avoir lieu avec les Parias, grand opéra de M. Membrée. 11 était, il nous semble, à peu près nécessaire de justifier le nouveau titre du théâtre. Ohéua poi'ilaire, si nous en croyons le dictionnaire de l'Académie, veut dire opéra à la portée de tous. Or, que trouvons-nous ? Une musique savante, trop savante, même, mais accessible seulement aux oreilles exercées des dilettanti. Donc, but à peu près'manqué. Quant au pornie, beaucoup de plaidoyers en faveur de la religion, qu'on veut inculquer aux pauvres Indiens, mais d'action dramatique peu, ou si peu du moins qu'on a peine à la suivre.

11 nous semble qu'on aiirait pu faire mieux. 11 y a certes une place à prendre à Paris comme tliéâtre musical à bon marché, mais pour cela il fiuidrait trouver aulre chose que le genre ennuyeux, le plus navrant des genres.

Parlez-moi de la llenaissance, au moins là le sévère ne paraît pas, et, si nous n'étions pas les ennemis nés de l'opérette, nous trouverions que Giroflc-Girofla est un succès mérité ; un point seulement nous rend hostile a ce nouveau triomphe :

Pourquoi les directeurs des théâtres de Paris ont-ils détruit de gaieté de cœur le prestige qui s'attachait à la scène parisienne, et ont-ils fait de Bruxelles, Londres et Berlin même, l'antichambre des théâtres -de Paris ? Il est honteux pour nous, Français, qui passions à juste titre pour les arbitres du bon goût et de l'art, d'être réduits aux reprises d'œuvres ayant affronté pour la première fois les feux de la rampe sur les scènes étrangères, et nous regrettons pour notre honneur national de ne pas voir les critiques accrédités auprès du public parisien s'élever en masse contre ces exhibitions exotiques qui rabaissent le niveau de l'art français !

• Alphonse Baralle.

U Gérant : 3. ROUQUETTE.

Paris. — Typ. Wald«r, rue de l'Abbaye 22.

Le Numéro : 10 centuif.s.

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BUREAUX I sommaire:. — Im BeUe Berboriate , par Al<rxu Boavisr.

11 RIIP JAnnn 11 — Un* Iiutruotloii crlminfUe, par Jnles BeauiODt. —

11, ri u Ci J rt.^. \ » IJ , Il I t'Amoar en païUe double , par t> d"Amczeuil. — Caoscrie

PARIS * dramatique, pur Georges Laville.

PRIX DE L'ABONNEMENT

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