SCÈNE III
severus. — GÉRONTIA
Severus. — Tu viens de blasphémer! d'invoquer les faux dieux ! Devant eUe !
GÉRONTIA. — Ah ! Il y a de quoi ! Je n'en peux plus !
Severus. — Ni moi ! Mais tandis que toi c'est de colère...
GÉRONTIA. — De fureur !
Severus. — Moi, c'est d'étonnement et de respect devant cette enfant admirable.
GÉRONTIA. — Effrayante !
Severus. — Tu l'cis vue? Entendue? Ce calme ! Cette certitude ! Comment, sans l'intervention du Ciel, expliquer tout ce qu'elle sait et nous a dit? Peux-tu le démontrer d'une autre façon? (Elle se tait.) Non? Alors? Comprends donc qu'il n'y a pas à lutter, et qu'il faut non seulement en prendre son parti, mais s'incliner, et obéir, et remercier, le front dans la poussière !
GÉRONTIA. — Eh bien ! non ! Je lutterai. Contre l'enfant, contre toi, contre Dieu !
Severus. — Malheureuse!
GÉRONTIA. — Tu as dit qu'elle irait demain avec nous à la fête?
Severus. — Je l'ai dit.
GÉRONTIA. — Ça va ! Je ne peux pas l'empêcher, lâche ! puisque tu es le plus fort ! Mais tu le regretteras ! J'en ai l'idée, la crainte... et presque le désir !
Severus. — Oh !
GÉRONTIA. — Ma foi oui! Tu le mériterais! Ce que vous me faites là, nous verrons si ta fille et toi vous l'emporterez en paradis.
Severus. — Nous verrons ! Je sais déjà par moments, ma femme, ce que c'est que l'enfer.
(Il sert, il la laisse.)
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