‹ La belle madame ColetChapitre 101 sur 120 · I. -Les derniers abbés^ p. 51 et suivantes · texte numérisé non relu

I. -Les derniers abbés^ p. 51 et suivantes

Perdant l'espoir d'être chassée de Rome, M™^ Golet se décida à s'en aller de son plein gré et à continuer son voyage du côté du sud.

« Dès mon arrivée à Rome, dit-elle, il avait été question de me faire partir dans les vingt-quatre heures, mais on se ravisa; il fut résolu qu'on me frapperait plus tard et dans l'ombre. Ma conscience inflexible et militante m'inspira la satire: La Voix du Tibre. Ce ne fut pas à Rome que les mains sacerdotales tentèrent d'abord de m'infliger, suivant l'expression de M. Veuillot,le juste châtiment de mes impiétés. Ce fut... dans la solitude de l'île d'Ischia, dont la population, ignorante et fanatique, se laisse si facilement entraîner à des actes sauvages et sanguinaires.

Dans son livre les Derniers Abbés^ M^'^Colet raconte, avec un grand luxe de détails, les dangers qu'elle courut du fait d'une population ameutée contre elle par la haine du clergé.

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« Les curés dischia, je n'en pouvais douter par plusieurs rapports qui m'avaient été faits, avaient irrité contre moi ce peuple ignorant ; j'ai su plus tard qu'ils avaient reçu un mot d'ordre de Rome : ils pouvaient, dans leur haine, animer le peuple contre moi et me traiter comme la philosophe Hvpathie, lapidée par les prêtres chrétiens d'Alexandrie... ' *>

M -^ Colet eût alors été bien vensrée du repos injurieux où on Tavait laissée durant son séjour à Rome. Cependant, même à Ischia. parmi cette population sauvage et sanguinaire, le mart\Te ne fut pas consommé. Tout se borna à quelques gestes désobligeants d'une populace apeurée par le voisinage du choléra, et qui soupçonnait l'étrangère d'avoir empoisonné une citerne. A en croire les récits tragiques que M** Colet faisait de l'aventure, elle n'aurait dû la \*ie qu'à l'intervention des

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