Sainte-Beuve, Correspondance
à VOUS soumettre. Depuis le premier jour, il y a déjà bien longtemps, où j'ai eu l'honneur de vous rencontrer, chez le D" Alibert, et oii vous m'avez demandé une préface, jusqu'à la dernière fois que j'ai eu l'honneur de vous rencontrer et où vous m'avez demandé un article, ces questions d'articles et de critique littéraire ont toujours été les premières entre nous. Je ne vous demande qu'une seule chose, de vous admirer en silence sans être obligé d'expliquer au public où je cesse de vous admirer. Cette demande est modeste, madame, et je ne puis croire que vous insistiez pour m'en faire départir. Ce serait d'ailleurs inutilement, car je suis sans loisir, et déterminé à choisir moi-même mes sujets d'étude. . . « Je vous supplie encore une fois, madame, de m'accorder la paix que je n'ai jamais violée à votre égard, et de me permettre d'être un critique silencieux et un admirateur de société pour vos œuvres *. »