‹ La belle-mère et le gendreChapitre 10 sur 50 · SCÈNE VIH · texte numérisé non relu

SCÈNE VIH

M-« DORFECIL, PAUL.

PAUL

Je croyais que monsieur était encore ici; Pardon.

MADAME DORFEDIL, à part.

Faisons jaser ce valet de Darcy.

11 est certains détails dont je voudrais m'instruire : Les valets sont bavards , et Paul va tout me dire.

(Haut.)

Etes-vous bien ici , mon ami?

pai:l.

Moi , très bien.

Qu'aurais-je à désirer? II ne me manque rien. Monsieur est vif, mais bon, et madame est un ange.

MADAME DORFEUIL

Et l'oncle, que fait-il?

PAt)L.

L'oncle dort , boit et mange, Se promène, et c'est tout.

MADAME nORFEriL.

Fort bien ; mais dites-moi , Madame Me'ricour vient très souvent, je croi?

PAUL

Mais presque tous les jours.

MADAME DORFECIL.

Et quel motif l'attire ?

Dites.

PAUL

Quel motif?

MADAME DORFEUIL

Oui : pouvez-vous m'en instruire?

PATjL.

Le motif est aise' , madame , à concevoir :

Nous sommes ses amis; elle vient pour nous voir.

MADAME DORFEUIL

Et nos jeunes époux, depuis leur mariage, Sont-ils bien d'accord?

PAUL

Oui, nous faisons bon ménage, Et pour qui nous connaît ce n'est pas étonnant : Car nous sommes si bons et nous nous aimons tant!

MADAME DORFEUIL

De madame Darcy c'est moi qui suis la mère. Vous le savez; ainsi l'on doit ne me rien taire. C'est dans son intérêt , dans celui de Darcy , Que je chercbe à savoir ce (]ni se passe ici. La réserve envers moi serait fort ridicule. Et vous allez de tout m'informer sans scrupule. Celte dame , (]ui vient tous les jours à-peu-près ,

A-t-elle avec Darcy des entretiens secrets? Vous devez le savoir.

PAUL

Non ; je fais mon ouvrage, Et d'épier les gens je n'eus jamais l'usage. Ainsi je ne peux rien vous dire sur ce point . Ce que l'on fait cbez nous ne me regarde point.

MADAME DORFEUIL

Vous devez voir pourtant...

PAUL, à part.

Quel interrogatoire !

(Haut.)

Lorsque j'ai vu, j'oublie , et j'ai peu de mémoire.

MADAME DORFEUIL, piquée.

Ah!... c'est fort singulier.

PAUL

Ma besogne m'attend , Madame, et je m'en vais...

MADAME DORFEUIL

Demeurez un instant.

PAUL, à part.

Encor des questions! oh ! je perds patience.

MADAME DORFECIL.

Sur de certains détails d'une moindre importance Votre mémoire au moins pourra vous servirmieux ?

PAUL

(A part.) Ne m'appelle-t-on pas?... Quel esprit curieux!

A la discrétion faites un moment trêve

Pour me dire à quelle heure en ces lieux on se lève.

PAUL , voulant toujours s'en aller.

Pardon; demain matin vous pourrez le savoir.

MADAME DORFEUIL

Mais quand se couche-t-on ?

PAUL

Vous le verrez ce soir.

MADAME DORFEUIL

Quoi ! me répondre ainsi !

PAUL

Je voudrais vous complaire ; Mais, comme je disais, j'ai mon ouviage à faire. ( A part. )

Je ne rends compte ici qu'à mes maîtres : partant Elle en pourra par moi savoir toujours autant. (Haut.)

Le devoir veut qu'au lieu do p.irler, je travaille : Quel(]ue plaisir que j'aie , il faut que je m'en aille. Serviteur.

MADAME DORFEUIL, seule.

L'insolent !... ^Lais les autres valets Pourront de la maison m'apprendre les secrets. Interrogeons-les tous: je veux aussi qu'Elise Sur elle, sur Darcy, s'explique avec franchise. Je veux veiller à tout, tout connaître ; et je voi Que mes pauvres enfants avaient besoin de moi.

QOOCOC©®©!

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