‹ La belle MietteChapitre 103 sur 200 · I..V ni:i.i.i; mikiti- gtu · texte numérisé non relu

I..V ni:i.i.i; mikiti- gtu

Sœiir Sainl-Pierre répliqua sèchement :

— Nous ne pouvons Lnve mieux... 11 est nécessaire que la folle so t assez isolùe [)our qu'on n'entende pas ses cris des ateliers et de rinfirnierii'... Quand nous en (U'-barrasserez-vous?

— J'ai fait mon rapport, et 31. le directe ir l'a transmis à qui de droit, mais vous savez combien il est dilTicile d'obtenir le transfèrement des aliénées.

— Vous avez raison, et on doit le regretter...

Clémentine rougit légèrement à la vue de M. Mébert. Son regard se rencontra avec celui du jeune homme et il y eu!, malgré elle, une légère interrogation.

11 sentait son cœur battre atout rompre, car elle lui paraissait plus belle et plus désirable que jamais.

Sœur Saint-Pierre ne pouvait partager cette admiration. Heureusement même qu'elle ne se douta pas de ce qui se passait.

Elle devait inévilal)lemcnt profiler de sa visite pour maltraiter la détenue qu'elle avait prise en grippe.

— Dieu! que c'est mal tenu icil... Vous craignez donc de vous servir du balai?... Horreur!... Il me semble apercevoir une toile d'araignée... C'est la [remière fois depuis que je suis dans une maison centrale, et il faut que ce soit vous... Privation de cantine pendant trois jours...

La toile d'araignée n'existait que dans Timagination delasunir. Clémentine crut devoir protester.

— Mais...

— Vous raisonnez... Au pain secl... Vous ne voulez donc pas vous soumettre?

— Je me soumets...

— C'est fort heureux... Doux Jésus! il y a des prisonnières que l'on devrait pouvoir battre.

Elle bouscula la jeune femme.

— Quelques bons coups de martinet vous réduiraient sans doute mieux, que tout autre chose... Dans les prisons anglaises, on s'en sert et on a raison...

Sœur Saint-Pierre se retourna vers M. jMébert que celle scène laisait soniïrir.

— Ça ne m'étonne, pas, docteur, que voas ayez tenu à être accompagné ici... Vous ne vouliez pas faire vous-même les observations que nécessitent la fainéantise et l'insouciance de celle femme.

Le visage de Clémentine exprima l'étonnement. M. Mébcrty vit une expression de reproche qui fut pour lui comme un coup de poignard.

— .\h! disait clairement la détenue en son langage muet, c'est vous qui

CSO \\ r.l I l.r. MIKITK

avo/ ili'iiiaiuli'à^ieiir Siinl-Pit'no de vous siiivivî... (Vi'sl vou-^, (pic je iiicnais ponr un ami. qui me valez ces mauvais trai'.emeiils!... Le jeune homme était désoli'".

— Vous serez traduite au prétoire, disait pcDdaiit ce li'iu|>--là sd-nr Saint- Pierre à Clémentine. C'est samedi (iiTauroiil lieu ïr< i/i/rtnifirs...

\:.\ visite était terminée. M. Mébcrl ne jjouvait (jue se retirer avec rinfiimiér.' qui continua à lui exi>rimcr son indignation au sujet de la gardi(MMic de la follt'. l.e médecin se hasarda à faire entendre une pi-otc-lalion.

— .\llons donc! Vous êtes réellement trop induli:enl à l'égard de celle mi-^éralde (jue j'aurais laissée dans son atelier... il faut liicn que Ton ail prnlité de mon absence pour l'installer ici... Comme je le lui ai dit, il n'y a pas dans le rètrlemenl de punition assez sévère pour la châtier de son incurie... Quel dommage t]iril ne me ^oil pas permis de descendre ma disci])liiie! Je la lui administrerais rien que pour la réveiller et lui rappeler en même temps ce qu'a soulVert Jésus qui était innocent.

Sœur Saint-Pierre, comme on le voit, eût volontiers appliciué le système d'Âuhurn, du moins en ce qui concerne la flagellation.

M. Méhert continuait à éprouver les regrets les plus vifs. En quillant la sœur, il se réfugia dans son laboratoire.

Il mit rapidement le costume qui lui servait pour se livrer à ses expériencer, mais il ne put travailler. Son esprit était ailleurs.

Que faisait Clémentine? Que pensait-elle de lui?

Il eût voulu aller la rejoindre, lui exprimer tous ses regrets, mais il n'osait pas!...

Une idée lui vint soudain. La cour du laboi-atoire se trouvait contiguë à celle où était le logis de la folle. Il y avait même une \ orte de communication.

11 alla voir. La porte était fermée et solidement verrouillée, mais une échelle était couchée le long du mur.

M. Mébert ne put résister au désir de Tuliliser.

11 releva l'échelle, l'appuya contre le mur et monta.

Clémentine, assise près d'un banc qui était devant la maisonnette, pleurait.

Oh! ses larmes devaient être bien amères, car elle avait été injustement punie et humiliée.

Edouard Mébert sentit sa raison l'abandonner à la vue de la douleur de celle créature qu'il adorait.

Un instant plus tard, il était debout sur la muraille et passait l'échelle de l'autre côté. Avant que Clémentine fût revenue de sa surprise, il était auprès d'elle et la couvrait de baisers. Il releva ensuite la jeune femme, lui passa 1b main autour de la laille et la pressa contre son cœur en murmurant :

— Clémentine bien-aimée!

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