‹ La belle MietteChapitre 105 sur 200 · I.a sœur ne larda pas à revenir à l'IIc · texte numérisé non relu

I.a sœur ne larda pas à revenir à l'IIc

.\ la vue de Nini, elle se couviil la ligure de ses mains, ce qui n'éciiapiia pas à la Penaud. Celle-ci promit d'avoir le mot de l'énigme, mais ce ne fut (pie beaucoup plus lard qu'elle connut l'histoire de Nini et de Simonne.

Nini, cette grande liTe chez qui nous avons déjà constaté pres(]ue tous les vices, s'appelait de son vrai nom Ernestine Jacquet. Elle appartenait à une famille dont elle faisait la honte et le désespoir.

Son père, officier de marine très honorable, mais de capacité médiocre, était attaché à une de nos préfectures maritimes de l'Ouest, à l'époipie où celleci avait à sa tète le vice-amiral de Miran.

M. Jacquet possédait la confiance et l'amitié de son chef avec lequel il avait longtemps navigué. 11 lui avait rendu du reste un service signalé.

M. le vice-amiral de Miran était veuf avec une enfant qu'il aimait pardessus tout et qui, du reste, le méritait bien, car c'était la plus adorable créature que l'on pût imaginer.

Simonne de Miran avait été élevée avec la tille de l'officier sulialterne. M°" Jacquet, pendant que son mari tenait la mer avec le vice-amiral, avait fait un partage égal de sa tendresse.

Si même elle avait manifesté parfois une préférence, c'était pour Simonne qui était beaucoup plus douce et beaucoup plus docile qu'Ernestine.

Les deux petites filles se considéraient comme sœurs. Elles furent presque étonnées quand, au moment de la nomination de M. de ^liran au poste sédentaire de la préfecture maritime, elles durent se séparer.

Simonne alla habiter un superbe hùtel avec son père, alors quErnestine restait dans l'humble logis de ses parents.

M"*' de Miran ne se montra pas plus fière en reprenant son rang, mais Ernestine Jacquet sentit naître en elle un vif sentiment de jalousie.

— D'où vient que Simonne va vivre dans le luxe, d'où vient qu'elle va

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