‹ La belle MietteChapitre 111 sur 200 · JG I A i:i;i.i.i: Mil iri · texte numérisé non relu

JG I A i:i;i.i.i: Mil iri

l/iiif.iulicidc ; - . .a >uii lil en iliaiicelanl. Un iiisiani a.irrs, cilc poiis^.iit <lo.< liitrloiiiiiils lujîubres el une crise >c déclarail.

— Jo reiilro à nion lalioraldire, ilil |)icci|iilaiiiiiuMii M. .>1i1iim[, laiics-inoi prévenir daiis iiiu'liiR's iiislanls.

Ce lui la sœur Sainl-Picrre qui vint avertir le jciint^ dicleur de co (jui se passait.

— Il e^l fort lioiiroiix que vous sovez encore là... Ce laltoraloiro esl une lionne chose. Nous n'avions jadis personn» sons la main (pi.uid il le faillit, Maintenant, à la bonne heur.'!...

M. -McMkm'J éprouva un certain cnd)arr,is. Il lui sembla que dans le ton de la sieiu- I V :,\ Ml .iiu^i.jne chose de mo(pieur. Il craignit qu'elle ne connût ^m

SOiT.' .

KMdoinuifui, il se trompait et la réilt \ion ne tarda pas à le rassurer.

Si sœur Sainl-l'ierre eût su la vérité, elle ne se fût pas contentée d'une sinijdo allusicin.

La tulle ne se calma qu'avec beaucoup de peine. M. Mébert fut obligé de rt^ster AU]u-ès d'elle un temps assez long.

Lorsqu'il se relira enlin, laissant avec regret Clémentine seule dans celle triste (omiiagnie, il rencontra la sœur inllrmière q li lui dit :

— N'est-ce pas que c'est désolant (]u'on ne nous retir.'. pas celte niaiheurense? Vous devriez profiter de ce qui s'est passé aujourd'hui pour insi^t< r de nouveau afin qu'on nous en débarrasse...

Le jeune docteur se promit de n'en rien faire.

Si la folle était admise dans un asi!e d'aliénées, il était obligé do renoncer à ses entrevues avec l'empoisonneuse, qui était devenue ce qu'il avait de plus cher au monde.

Le crime ne l'éloignait plus maintenant, et ses amours étaient favorisées par une l'olie hideuse... Quel était 'donc ce cauchemar?

Il eut un instant d'épouvante et une voix salutaire lui cria encoie de fuir, mais il n écoula pas plus cette voix qu'il n'avait écoulé les autres conseils dictés par sa raison.

Deux ou trois jours après, il éprouva une satisfaction des plus vives. Le hasard lui fit trouver dans son laboratoire une clé.

L'idée lui vint que c'était peut-être celle de la porte qui existait entre la cour du laboratoire et la cour où était situé !e cabanon de la folle.

S'il en était ainsi, il n'aurait plus besoin de se servir d'échelle... Il irait voir Clémentine avec une sécurit'- presque absolue et elle-même pourrait venir dans l'endroit où il travaillait...

■ Il essaya la clé et constata qu'il ne s'était pas trompé... Il ne restait qii*à enlever les verrous des deux côtés.

LA BELLi: MIETTE 727

Une dernière fois, il passa par-dessus la nuirai!!e afin d'infoi-;:!!-!- 1 1 lillc <1g Miette de riieureiise découverte qu'il venait de faire.

Celle-ci ne partaLjea d'abord ^a- sa joie. Elle était rôveiis.\ ninui •(.liqiic, ce :our-l;i.

Edo.iard Mébert l'entendit murmurer :

— A quoi cela noiis mèiiera-t-il?

Celte question revint à la pensée du jeune homm? quelques heures après et il ne put s'empêcher de se la poser à lui-même.

— A quoi cela nous mènera-t-il? O.ii, quelle sera la fin de lelle avi:'nture? Et leur passion ne faisait que grandir!

Désormais, ils ne se servirent plus que de la porte. Ils avaient des précautions infinies pour que les verrous ne grinçassant pas, p jur que les gonls rouilles ne produisissent aucun bruit.

Leurs cœurs battaient pendant cette opération et puis, quand tout obstacle cessait d'exister entre eux, quand ils élaient en présence l'un de l'autre, ils ne songeaient qu'à se couvrir de baisers.

Le plus souvent, le docteur entraînait Clémentine dans son laboratoire où l'on ne venait jamais les déranger. D'ailleurs, ils avaient le soin de s'enfermer pour lie pas être surpris.

Le hasard se plut à les favoriser en permettant que rien ne troublât leur quiétude, en laissant continuer leur idylle dans ce lieu sombre.

Pendant longtemps, ils ne firent jamais allusion au pa-sé, il leur semblait qu'il n'existait plus.

Un jour toutefois, i! arriva à M. Mébert de. parler de sa mère et de dire combien elle avait été pour lui bonne et dévouée.

Quoique ' ossédant de très modestes ressources, elle 1 li avait fait dniiner une excelb'ntc éducation qui lui avait permis d'embrasser une profession honorée et respectée.

Elle avait tout quitté pour lui, jusqu'au pays où elle était née et où elle avait perdu son époux qu'elle adorait!

— Oui, elle s'est privée de la consolation d'aller pleurer sur la luuibe de mon père... Elle est étrau'^ère à Montpellier et cependant elle y reste parce que je dois y tro iver mon avenir... Il serait trop long d'énuraérer les sacrifices qu'elle a accompli^... C'est à ma mère que je dois ce que je suis!...

Clémentine p );iv,iil citer un exemple contraire.

La Miette n'avait jamais eu la moindre alîection pour son enlmt. lùMc avait laissé une autre veiller sur son berce lu et ne l'avait reprise que lors {u'elle avait voulu en'ever son p/re à une rivale pour le po isser au déshonneur et au suicide.

Quels exemples avaient doimés la sage-femme à sa lille?...

?28 i.A liT 1.1 r Mil rrii;

Ils élaionl Ions maiivai-^! DtM)ancht^e. joiicnsp. c'élail elle (jiii lavail corronijuie, peiilne...

Elle l'avait inariéi- à un homme ;\gt'. pour lequel (ïlémeiiiiiie rreùl pu avoir de ramoiir, mais qui tM ait di^in' de son estime.

Miette lui avait rendu cet liouinn' odieux. (Vêtait sur les conseils de celleri qu"api-ès avoir oondaïuué Hailu» à une existence luallieureiise elle l'avait empoisonné.

— J'eusse pu ri-sister, mais (jui m'avait appris ce (pii ùtail le lucn, ce (\n\ était le mal.'... I*ersoiuie!... Sans doute, j'eusse dû écouter les voix salutaires qui criaient en moi, mais cette ftMum(> élail là. Ilallant mes instincts perver>, me présentant un crime comme une action naturelle, comme un moyen de recouvrer la liberté... Je me suis laissé entraîner par celte misérable, et la conséquence a été la cour d'assises la prison, la maison centrale. Je suis aussi comme vous, moi... c'est à ma mère que je dois ce que je suis!...

Clémentine était jiàle et frémissante.

M. Mébeit, qui lui avait pris la main an commencement de son récit, l'avait abandonnée, maliiré lui, quand elle avait parlé de l'empoisonnement qu'clli; avait commis.

— Malheureuse! poursuivit la femme Barbe, je fais horreur maintenant a tout le monde et même à vous!...

— A moi?...

— Oui... N'est-ce pas que, pour m'aimer, vous avez besoin de ne pas songer à mon crime? El cependant vous ne pouvez pas me voir sans que cette livrée infamante vous le rappelle... En même temps que je règne sur votre cœur, votre raison me repousse... Elle vois dit qu'il vaudrait mieux que rien de ce qui existe entre nous ne fût... Elle vous crie sans cesse: « Va-t'-en!... Fuis-la!... » Il y a une lutte en vous, lutte douloureuse qui vous enlève toute tranquillité, sinon tout bonheur!...

Elle tordait ses mains, et ses yeux secs étaient pleins d'égarement. 11 s'eiïorça de la calmer par de douces paroles, bien qu'il sentît, héla> ! qu'elle avait raison.

— Clémentine... Clémentine... Tu as tort de croire que je ne sui.s pas heureux d'avoir ton amour... .Mais, si je le perdais, je n'y survivrais pas, mais, si je ne te possédais plus, je mourrais!...

Il la couvrait de baisers en parlant ainsi. Il pleurait et, peu à peu, elle aussi sentit les larmes lui venir... Elle éclata en sanglots.

Elle le quitta assez précipitamment ce jour-là. Il leuravail semblé entendre la voix de la sœur Saint-Pierre.

Le lendemain, M. Mébert ne put venir ;'i la maison centrale. Il avait été retenu par une opération qui lui avait été confiée.

Gt.'l homme .'lait ramant île l'aiilii

Clémentine se demanda si son absence n'élail pas molivée par la conversation qu'ds avaient eue et elle rprouva un violent désespoir à la pensée qu'elle ne le reverrait |»liis.

Quelle fut sa joie lorsrpic le jour suivant, après la visite faite par le médecin en chef, elle entendit le signal à la porte de la cour du laboratoire.

Klle retira le verrou sans penser aux précautions ordiniiires et se jeta haletante dans les bras de son amant.

LIV. 92. — TlIKOOrjl-.K llK.MtY. — I.A IIKI.I.I; MIErTK. — ÉD. J. UOtlK ET C^'. LIV. 92

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(ju'as-lu.'

— 1)110 j'ai suunVrl !...

— :Kii vùriti' !

— Je croyais lavnir penlii...

— J'ai bien rc.i:rotli' do ntvpas venir.

— linlin je l'ai reiroiivr !... Tout est onhlié...

Ce fut i|ue!i|iie leiiii)s après t]iio rjéiin'iilim' lit i-oiiiiailm au joiiin' docliMir quVIle était iMireinle !

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