‹ La belle MietteChapitre 113 sur 200 · I.A MIl.l.i: Mil. I ii · texte numérisé non relu

I.A MIl.l.i: Mil. I ii

— Oui et non, car jai i^mvIii riisa,L:e de iii;i vuloiitô. J'ohois à des sciisatioiis aii\(iiiellcs j'appartiens pliitùl (pi'ell 's ne m'ai)parlienneal... IL 1 is ! je \ous le juri', mon debout de la vie n'es! ni prémédité, ni raisonne'... C'est de la lassitude et de l'anéanlissement ; c'est quelque chose d'instinclif qui me détache de tout ce qui est en me rendant tout antipathique et contraire.

— Avez-vous du moins essayé de combattre ces répugnances et de hitler contre le mal ?

— Je l'ai essayé et toujours le mal m'a vaincue. Chaque fois que j'ai voul i jirendre de force un des médicaments que vous ni'ordoimiez, il s'en est suivi des spasmes, dos étoulTem?nts qui persistaient jusqu'à ce que l'estomac eût rejeté le remède qu'on lui avait administré malgré lui... Ah ! croyez-lc, mû:i état est cruel... Toales le> impressions extérieures me blessent, le contact de la vie sous tous se; aspects et sous toutes ses formes m'est un supplice atroce... La moindi-e c'arté du jour me cause une douleur aiguë et le plus léger bruii refoule avec t uit de violence les battements de la vie dans mon cœur, que je ne peux plus le s ipporter sans me trouver mal. Ce désir impérieux de mourir qui est en moi, et malgré moi, n'est qu'un invincible besoin de repos... le sommeil de la dernière ln'ure m'a gagnée.. Plaiguez-moi, plaignez-moi... Je n'ai pas vécu, et j'aurais voulu vivre, car c'est la vie encore que je cherche dans la mort!...

Un spasme violent rejeta. M"" Lafarge à demi évanouie sur son oreiller. La sœur assistante, qui était là, aida le médecin en chef à frotter d'éthor la paume des mains et le front de la malade^ puis elle dit :

— Monsieur le docteur, ne craignez-voas pas que madame soit- homicide d" ile-même?...

— Je ne le crains pas, ma sœur, répondit le médecin, et votre conscience pi'ui être en repos. Madame n'a pas besoin de recouiirau suicide... La douleur

Les spasmes de M""" Lafarge ne taidèrenl pas à s'aggraver de convulsions et de délire. Paula et Basson passaient presque toutes les nuits à veiller.

En ce moment se trouvait à Montpellier M' Lachaud, un des défenseurs de Marie Capelle, celui qui fit preuve à son égard de plus de dévouement. Los qialités du cœur se joignent souvent à celles de l'esprit et ai talent de la [■ uoic.

Il lit une démarche pour que sa cliente lût transférée dans une maison de >anlé et le préfet de l'Hérault chargea deux professeurs de l'École de médecitie d'examiner l'état de la prisonnière et de lui donner leur avis.

Ces messieurs se rendirent auprès de .M""" Lafarge, qui venait à peine dVire prévenue de celle visite officielle.

Les deux professeurs Irailèrcnl moins l'héroïne du Clandier en médeoius visitant une malade qu'en pralricieiis étudiant un sujet sérieux.

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