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>!"• Lafarjîc no larda pis a .'in' iiii|..iiiciiic de leur oxamni mIcuchiix.
— l.e danger est-il iniiiiinenl?... Siiis-je l)ii'ii on m il'... rmil-cllc par K-iir iliMiiaiider.
— Hieii mal. d'il ciili-e les dents eeliii de< di'iix |tiMli>ss('nrs qui ('Mait le plus Aiîè. Ma foi. m adaiin'. luut ce ipie j'en sais, r'i-sl (pi'on le dit, c'est-à-dire que vous le dites... .Mais, voyons, itii soutTre/.-voiis'.^ Oiravcz-vou- .* nii'éproiivezvous? Expliqiie/.-nous cela tout au Ioiil;.
Le ton rojziie avec lequel ces questions furent posées Idessa M'"* I/ifaif^c. lùlic n'en entrepiil pas moins l'énumération de ce qu'elle soullVail. Ses auditeurs ne iarilèrenl ]i.as à manifeslfi" leur iiicirdulili'.
— Ainsi, madame, dit toujours le vieux docteur, il est cnlcndu (jne vous vous croyez à la mort, si même déjà vous ne vous croyez loul à fait morte... C'est un symiilôme de folie comine un autre, eu dépend du i;oùt des malade .
M" Lacliaud, qui était présent, essaya de changer les mauvaises dispositions évidentes des membres de la Faculté.
Il les prit un peu à l'écart et leur jiarla de la gravité incontestable de l'état de M""" Lafaige, du danger qu'elle courait en restant dans une prison où elle ne pouvait suivre un traitement sérieux. Le plus jeune des docteurs semblait l'écouter avec attention, tandis qr.e son collègue haussait les épaules.
— Assez, assez, monsieur, dit-il enfin à M" Lacliaud. Quand l'autorité nous confie une mission, nous avons pour principe invariable de ne juger que sur l'évidence des faits et de ne nous laisser influencer par aucune considération élringèrc à notre mandat. Nos devoirs, d'ailleurs, sont iiop distincts jtour (jiie ihjus p:nssion5 nous entendre. Votre but, à vous, monsieur, est de faire obtenir a votre cliente les adoucissements d'une maison de santé; le nôtre, c'est de pr<munir l'autorité contre une surprise qui l'égarerait dans ses décisions. Vous ne voulez p is, sans doute, que no is acceptions le rôle de complaisants.
— Kt qui vous le demande, monsieur, dit M""" Lafarge, de jouei- un rôle semblable".'
— Mon Dieu!... Les apparences...
— C'est une erreur que vous commettez et je crains bien que ce ne soit pas la seule que vous soyez disposé à commettre.
— Qu'est-ce à dire?
— Moi aussi, je juge d'après les apparences...
— Abl... très bien... Vous ne refuseriez pas cependant de nous confirmer ce qui nous a été dit de votre horreur pour la vie !
— Je ne hais pas la vie, monsieur, j'aime la mort.
— Et ces hallucinations?... et cette idée ïi\e? et tous ces rêves?... voyons un peu, de quelle espèce sont-ils?...
— Les rêves ne se parlent pas.
— Si je iiiimaLiinais que rien de ce (jue vous ressentez n'est «zrave...
— \'uiis auriez raison, monsieur... Depuis <iiic je voms vois, je suis aux trois qua: ts guéi-ie...
— Notre visite, alors, ne vous aura pas été tout à fait inutile...
— Vraiment! monsieur... et si j'étais ingiale?
— Pensez-vous, madame, que, si je suis ici, ce soit pour mon plaisir?...
— Je pense, monsieur, que vous n'y êtes pas pour le mien...
— Madame ! . . .
— Monsieur!...
— Vous ignorez peut-être à qui vous parlez ?.,.
— Absolument.
— Je suis le doyen de la Faculté de médecine, madame...
— Quand on a cet honneur-là, monsieur, on ne doit jamais l'oublier... M" Lachaud chercha de nouveau à ramener les professeurs vers un ordre
d'idées moins irrilant et plus conforme à ce qu'il avait espéré d'une si savante consultation.
Vains efïorts! Aux yeux surtout du professeur-doyen, M™^ Lafarge n'étail pas la malade, elle n'était que la femme condamnée... 11 était arrivé avec des dispositions de méliance qui avaient jeté un bandeau sur ses yeux. C'était, paraît-il, un honnête homme, mais il avait peur d'être dupe. Cette idée tuait en lui la bienveillance et la justice.
— On se trompe soi-même, dit Marie Capelle, pour échapper au dépit de -être laissé tromper!
Malgré les conclusions du rapport des professeurs, l'état de M'"" Lafarge .-'aggrava.
Elle eut une crise épouvantable le jour du mardi-gras. Au moment où une cavalcade de masques passait sur le boulevard de la prison, on crut qu'elle allait rendre le dernier soupir.
L'infortunée entendait les cris de joie et les refrains bachiques.
— Le monde est-il ivre? demanda-l-clle d'une voix faible... Elle se tourna vers Paula :
— Une innocente va prier bientôt là-haut pour vous qui n'êtes pas loupable.
Elle s'évanouit et la journée entière s'écoula sans qu'elle reprit le sentiment d'elle-même.
Le lendemain elle revint à elle pour déclarer qu'elle venait de voir son père comme au jour où à Tulle il l'avait soustraite à l'horreur de s'entendre lire sa condamnation.
— Mon père que j'aime tant... qui sait to.il... m'a[)iielle... Je b; vois... là-iiaut... J'étoulTe ici... J'êtotilTe... Ne mettez pas de marbre sur ma tonibr...
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(]otiiu'/,-imii ili' r.iir. (lu soleil, une iimIx de Ii(m> saii> dalc el suis iioiii.
La lauiille do M"" hafar::t' avail clr adinisi» auprès d'ollr. On li nul |icitlui' ri nu se |irfOiH'Mpa de lui iiroi-ui'or les sim-oui^ de la iclr^ion. I^llc les ai'repla a\ef (Miipi-nssomeiil.
r.a>so!i el l'ailla (Milov.'l'tvil tl(^ la cliiiidur Imit ce (jn'il y avait d"iini!ile un d'fiubaiTassanl. Miles iMendii-enl un napperon de loiie. lilanclie sur la laide el y placèrent, entiv dmix nainl)t\aux alliiiiiés, un i;rand crucilix d'ivoiro eiujuiinlé ù la cliapelle de la ni li-on centrale.
reiidani ce te:apv. la tinte et !a i-..a-iiie de M'"" Lafar^re avaienl vorsé du vinaij^ro aromalisé el dn i"ean tiède ilaiis un liol, |H)iir lui l)ait,'nyr le visau'e, les pieds el les main-. Mlles leaiidacèrenl son ni mlelet Irenipi'; de suour pai- imk^ longue roiie de nuit d' liasiii Ida ic. mirent en ordre ses cheveux épars sur son oreiller, couvriront son lit d'une courte-pointe très propre, cl, celte tdh'lte aclmvée. se laissèrent tomber sur une chaise on sanj^lotant.
Presqueau même insiant. l'aumônier de la maison centrale entiM. S'as>e.yaiit, aa chevet de M"" Lafarge, il lui dit d'une voix émue :
— Ma chère lille, l'heure de îa délivrance vasonner... Vous attendiez Dieu, le suprême libérateur... Courage!... Dans qiiehpies insiants peut-être ce sera Dieu qui vous altendiM .
M'"' Lafarge ballailia quelques mots avec elTort. E;le avait gardé toute sa connaissance et l'aumônier put l'enti-elenir assez longteniiis,
li'abbé Coural était un prêtre comme il y en a peu. Il était né p'»ur pratiquer les bonnes œuvres, prêcher la consolation et la paix.
H disposa admirablement M^'Lafargeà quitter celte terre où elle avait été C'indamnée el flétrie.
«i A mesure qu'il pai-lait, a-t-elle cent depuis, mon âme s'allégeait insensiblement de SCS allaches terrestres. Une quiétude inelTable la portail au-devant de la volonté divine comme le flot porte à la rive la fleur que l'orage lui a jetée.
« Si d'abord je m'étais troublée à la pensée d'atteindre si vite un but à peine entrevu, si je m'étais sentie émue à l'idée de quitter poiir jamais toutes les magnificences visibles de la création et tontes les afiections sensibles de la vie, bientôt je m'élais abandonnée à la mort, comme au crépuscule du jour qui allait s'éteindre devant l'aurore du jour qui ne s'éteindrait plus.
(( L'œil de Dieu qui plongeait au fond de ma conscience en rompait tous les sceaux. Mes fautes, mes égarements, mes faiblesses m'apparaissaient en caractères mobiles et vivants, pour déposer contre mon 7tioi à l'oreille sacrée qui m'écoutait. J'apprenais à me connaître. La mort m'enseignait la vie, et je la comprenais enfin. Avant d'avoir pleuré, je n'avais pas vécu.
« Quelle émouvante et terrible scène que ce longrâie de la. dernière heure, que ce mystérieux, prélude aux funérailles de !a vie ! J'en atteste tous ceux qui