‹ La belle MietteChapitre 121 sur 200 · I.a nuit élait venue, une nuit d'octobre pliivicu e · texte numérisé non relu

I.a nuit élait venue, une nuit d'octobre pliivicu e

Le libéré se demandait où il irait reposer sa tôle, où il truuverail. dais cotte grande ville, un asile sans crainte d'y rencontrer le mépris et ralTronl.

Il avait à la main sa vali-^e assez lourde. Après avoir marché quelque temps, il arriva sur une promena ie. Accablé par la fatiLrue et Pémolion, il s'assit suiun banc.

Il pleurait; des paroles entrecoupées séchippaient de sa boache:

— Malheureiix! Malheureux que je suis!... Moi qui étais si fier d'élre hoanéte... irréprochable... Pourquoi suis-je voué à la honte, à l'infamie? A tout prix,., il faut... il faut que cela cesse... Je mourrai plutôt... Mouriil... Mais elle... Mais Paula!... Ne compte-t-elie pas ur moi?... Pauvre fille, pauvre enfan'. non, non, je ne t'abandonnerai pas! Comment faire?... Comment faire, hélas! pour atteindre le but, pour prouver ton innocence et la mienne en même temps que te délivrer?

Il y avait un bec de gaz prés du banc où s'était laissé tomber Félix, La lumière éclairait en plein son visace. Absorbé par la douleur, il ne s'était pas aperçu qu'un homme àqé s'était placé près de lui et l'examinait avec attention.

Cet homme était d'une taille moyenne encore fort droite. Il avait le visage ridé, mais son regard restait doué d'une vivacité singulière.

Ce n'était pa^ le hasard qui lavait fait s'asseoir à côté de Félix. Il élait d'abord passé, l'avait vu, puis était repassé et l'avait revu... Celait alors qu'il s'était installé sur le ban»^.

Lorsque Félix se leva, il se leva aussi.

i.\ i;i:i.i.K Mii; rri;

Le libéré hésitait. Il lî!^ savait où portiT ses pas. Lo vioi lard j'igca à propos de rmlerropfer.

— Où allez-vous lo.i^cr, monsieur réli\? Le jeune homme tressaillit.

— Qui ètes-voiis?... Que voulez-vous?

— Ne me reoonuais^cz-vous pas?

— Non.

— Ilegardez-moi bieu.

Cï'tait à présent le visage du vii illard qui était en pleine lumière Félix eut une exclaïualion :

— M. Comlé!...

■ — A la bonne heure, vous vous rappelez ceux qui se sont intéressés à Pau!a et à vous...

— Oui, vous avez été bon... C'est vous qui avez retrouvé la pauvre fille, alors que je ne savais pas ce qu'elle était devenue et c'est vous qui lui avez rendu son enfant...

Félix devint sombre.

— Cela ne lui a pas servi, puisque, peu de temps après, on devait encore l'en séparer pour lonUcnips... Le petit Armand est aux Enfants assistés...

— J'ai entendu parler de voire alîaire... Je dois avouer même qu'elle m'a assez surpris.

— - Vous avez été étonné d'apprendre que nous étions des voleirs.

— Je l'avoue et cependant j'ai assez do flair po ir sentir de loin le gibier de police correctionnelle et de cour d'assises... Quand je vous ai connus, vous n'aviez pas cette odeur-là...

— Nous avons été malheureux autant qu'on peut l'être... L'idée ne nous est jamais venue cependant de commettre une mauvaise action.

— Comment se fait-il alors que l'on vous ait accusés, an-étés et condamnés?...

— Une fatalité implacal)le nous a poursuivis. J'ai bien peur qu'elle r.e nous poursuive encore.

— C'est à cinq ans de réclusion que vous avez été condamnés... D'où vient que vou> êtes hbre, vous, tandis que Paula est encore probablement à .Montpellier?... Oh ! ne vous gênez pas s'il y a quelque chose d'irrégulier dan; votre surtic de la maison centrale... Je ne suis plus de la police...

— Ah!

— J'ai laissé en d'autres mains la police de sûreté ijui est très jiénible à Miriger dans cette ville où la m-T conduit d.îs gens de toutes espèces et facilite a fuilc dci criminels... J- m- (buiic pi; q lo m i;i su -cesscur ne s'a-q lilteavec

..'liant de zèle que moi de ses fonctions... Miis je désire connaître votre

■96 l.A liKl.l.K MM rn-

histoire dans tous si>s diMaiIs... l'iMil-('-li\» iiii' sora-l-il pcissilile di", voii^^ iMic utile...

— 0\\\ <\ vmis consi'tiliez à m'aitii'il...

— 1.0 ttMnj)s est tlésagrt'ablc... Il nous faiil onlri-r (|ii.l(]U(' part.

— Je suis à voire disposition...

— Suive/.-inoi alors !

M. CoiiUi' ntiidiiisit Féli\ à un petit café voisin du C-iMirs. Il alla tout droit au comptoir, ri il dii au patron, qui saluait de son air h; plus i^racioiix :

— Kh ! rouiponnc, fais-moi donc ouvrir un oahinot.

— Très volontiers I...

I.e patr(M) donna aussitôt des ordres. Penlant (iu\m les exécutait, Comli'; lui frappait amicalement sur l'épaule :

— - OiTy a-t-il de nouveau?...

— Vd< i:rand'chose, sinon que cela marche bien mal...

— Tu parles de tes aiïaires...

— Oli I non, elles vont à merveille... Je parle des malins qui nous ont succédé... Ils ne sont pas forts...

— Us le seraient que nous ne l'avo :erions pas...

— Je suis juste à leur égard en disant qu'ils sont des maladroits... Savez-vous ce qu'ils ont fait aujourd'hui?...

— Ou"ont-ils fait?...

— Ils ont reçu avis que depuis quekiue temps une femme s'était évadée de la maison centrale de Montpellier.. .

— En vérité . . .

Comté regar.la Félix.

— Je l'ignorais, dit celui-ci.

— Au fait, cette femme nous la connaissons... Son procès a occupé tout Marseille...

— Qui est-ce?...

— C'est la Miette, que l'on surnommait jadis fa belle Miette!

— La Miette!

Ce nom avait été prononcé à la fois par le vieillard et lejeune homme.

— Tu dis, fit Comté, qu'elle s'est échappée de Montpellier?...

— Il parait...

— Et sa nile? demanda Félix.

— On ne parle que de la mère...

— C'était une fameuse gaillarde, murmura l'ancien chef de la police de sûreté, rien de sa part ne m'étonne... La police de Marseille ne saurait êtro responsable de son évasion.

— Non certes. Elle a reçu simplement avis que la Mielte avait pris h cié

LA i;i:li.k .mikttk

des champs on ne sait comment et qu'il était probable qu'elle se fût dirij^'ce par ici... On lui a adressé en même temps le si:j;nalemtMU, qu'il n'eût pa'^ été dillicile d'ailleurs de trouver dans nos anciens cartons. On ajoutait qu'il n'était pas impossible que la condamnée fût en homme ou en i-cligicuse... Qu'oui fait nos successeurs?...

— Je ne devine pas...

— Ne pouvant pas surveiller tous les hommes, ils ont surveillé toutes les sœurs de passage en cette ville et ils ont lini par en trouver une dont le signalement répondait exactement à celui de l'empoisonneuse... Ils se sont emparés d'elle aussitôt malgré ses énergiques protestations et l'ont même traitée avec a'^soz peu d'égards...

— Ce n'était pas la Miette?...

— Ce n'était pas elle, et il était bien simple de s'en apercevoir puisqu'elle n'eût pu se procurer que le costume d'une sœur de Marie-Joseph et la sœ.ir arrêtée était une sœur de Saint-Vincent de Paul!... La sûreté n'avait pas même réiléchi à cela.

— La bévue était un peu forte.

— Prendre un voile blanc pour un voile bleu et une robe bleue pour une robe noire, c'est presque aussi fort que de prendre des vessies pour dos lanternes.

— Je l'avoue...

Pomponne avait introduit Félix et Comté dans le petit cabinet que ce dernier avait demandé.

Après avoir allumé une lampe, le maître du café se relira.

— Et maintenant, dit M. Comté à l'amant de Paula, racontez-moi votre alTaire sans rien oublier, sans déguiser vos torts si vousenavez. Sovezsinccre... Ce n'est qu'à cette condition que je me chargerai d'entreprendre quelque chose pour vous. ..

Félix commença aussitôt son récit.

Il ne cacha rien.

M. Comté avait fixé sur lui son regard scrulat.,>ur qui semblait fouihcr jusqu'au moindre repli d'une conscience.

Le jeune homme raconta son renvoi de la maison où il était contremaître la détresse dans laquelleil s'était trouvé avec Paula, ses tentatives infructueuses pour avoir une place, puis sa première entrée dans la maison de jeu.

Le hasard lui avait souri et sa prospérité passagère lui avait porté m.illn'ur, ftuisqu'elie avait servi de primipil argument à l'accusation quand on lui avait demandé compte ainsi qu'à >a maltresse du vol commis chez le c in'ecliMnurur.

Lor du jeu est décidément un or maudit !...

798 \.\ liKi.i.i. .Mii:r I !•:

Félix fut presque éloquent lorsqu'il rclrar.a les angoisses du procès, lorsqu'il lil connaître ce qu'il avait souHerl au mouioul où le chef du jury avait di'.iarô loupahlesdonx innofcnts!

— C'est horrildc, dit-il, de sentir (juc tout est lini, (inc ron est vonr à linlaniie, que vos larmes, vos protestations n'ont servi à rieul Vous avez imploré le nom de votre mèie, vous ;ivcz juré sir tout ro (pic vous ayicz de jilus cher que vous n'étiez pas coupahie du crime (pio \\m vois reprochait... Vous apprenez que l'on ne vous a pas cru, que l'on a pris vos serments pour des mensoniîi's et dos iuii^ostures... A peine si Ton nous accordait des circouslances atlénuanles...

Vc.'w était accablé par la douleur!

M. Comté continuait à le considérer sans riiii dii'e.

— J* ne crois pas, lit-il leulemîut q:ie vous ayez m'-rité, la pi'ine que l'on vous a inlliiiée, mais Paula... Paulal

— Je suis sur qu elle est aussi élrang.''re que niui a l'acle (pai nous a été reproché.

— Attendez!... Laissez-moi rélléchir... Cet air in^jénu... ces yeux bleues... celte bouche sincère... Si celte malheureuse fille, par entraînement ou d'une autre manière, eût péché, elle l'eût avoué... De plus, elle vous aimait lro[» pour ne pas essayer de vous disculper... Elle eût raconté tout ce qu'elle savait, aiin de vous sauver...

— Pauvre Paula, elle ignorait même que j'e:isse joué, que les sommes que ,e I :i avais remises m'avaient été procurées par les cartes. Les contradictions dues à mes mensonges ont, en grande partie, contribué à notre perte... Je dois m'accuser de notre infortune I...

— Vous avez été victime d'une fatalité incroyable. ..

— Vous me plaignez alors. .. Merci... merci!

— Mais que faisiéz-vous au moment où je vous ai rencontré?... Qu'est-ce qui motivait en vous cet acjès de désespoir? Pourquoi cette valiie? Vous cherchiez donc un logement?

Félix compléta son récit en disant à M. Comté comment il avait été gracié et c/" nui a\ait eu lieu dans la journée...

— Est-ce possible? lit-il indigné... C'est votre marchand de con'ections qui vos a dénoncé... 11 mérite une leçon... C'est moi qui la lui donnerai... ainsi qu'à vous brigadiers et sous-brigadiers...

M. Comté s'était levé. Il allait, il venait dans le cabinet.

— Je ne suis plus, disait-il, ]le chef de la police de sûreté, je n'ai plus sous mes ordres des agents, mais je ne leur en remontrerai pas moins à tous ces individus q ;i se trompent si grossièrement... Je leur prouverai que ma vieillesse et mon habileté valent mieux que leur jeunesse et leur fatuité inintelii-rcntel

\.\ r.Ei.i.i: MiKi'ïi: rgo

lAXXIV

UOSE KT MAHGITUITK

Sur l;i porte ilii c-ifô, au monionl où ils se reliraient, M. Cointr dit à Félix :

— Où allez- vous? 11 c>t nécessaire que je sache où vous trouver...

— Je suis très emliarrassc...

Le jeune homme ajouta, répétant les paro'cs de la maîtresse di gar-ii :

— Qnanil on sort de prison, on ne descend pas dans les endroits honnêtes. .. 11 V a des houcres. des lieux spéciaux...

Comté répondit :

— J'ai une proposition à a'ous faire.

— ■ Laquelle?

— Cela vous génerait-il d'avoir un logement dans la hanlieuo?

— Non certes...

— J'hahile à la Madra:rue-de-Ia-Ville, presque sur le hord de la mer... J'ai une chambre à vous oITrir...

Félix, étonné, balbutia :

— • Je craindrais d'abuser...

— Rassurez-vous... Ma maison est assez vaste... Si vous acceptez, je vous aurai' sous !a main et cela pourra singulii'>rement faciliter ma fiVhe... Ne refusez pis...

Félix se déclara tout à la disposiiion de l'ancien chef de la sûreté avec lequel il s'embarqua sur !e Cours, presque en fafc du café de Pomponne, dans une mauvaise voiture qui faisait alors le service entre Marseille et la Madraguede-Ia-Ville.

L'am int de Panlane savait comment exprimer toute sa gratitude à M. Comté. Celui-ci lui répondit :

— Vous me remercierez après, quand, gr;\ce à moi, tout le momie -^au-a i ,.! vous n'avez jamais cessé d'éire un honncle homme.

Fcli\ put comprendre, par quelques [jlira^es qui échappèrent à so!i compagnon pendant le trajet, que celui-ci, quoique mis à la retraite, continuait ù s'occuper des choses de la police et même à jouer un rôle actif.

l.e gouvernement avait renoncé à ses scrvi<cs, mais Comté mett li! j)arfois ses aptitudes, son expérience à la disposition des particuliers.

Un négociant avait-il besoin d'avoir des renseignements positifs sur un

«00 i.A 1:1.1.1.1. Mil m:

l'.-i vi.iKi i-r -«iispcct avor Ipqiiol il s'(^lnit impnKlpmmfnt nii^ en rtM.ilinii traiïairfis, il ^';ull•e^s;lil à .M. Coiiili'.. .

Uocliorriiail-oi) une poisoiiiio dont la pri'senco élail utile pour dos (jiif slions di' lainillo, d'iiUtM(M. (".oiiili' ('(ail prit'' de découvrir où «die s'rlail n'fuL'ir'fî cl il ivu.<sissail prvsqiie l()ujour.>i.

I/aiii-ien policier n'acceplait pas loiil ce (|ui se prrseulail. Il ne faisait pas concurrence ù cerlaines aî;eiice>! interlopes comme il en (>\i-^|i' dans les irrandes villes.

()iiand on venait lui conlicr une mission, il falia-il ne pas lui cacher (iiirj en êlait le [tut exact, (.c manijue de franchise exposait les gens à (!^tre repoussés.

Il avait jiarfois refusé les oiTres lo'^ j)lu-; séduisantes, ce qu'on voulait lui faire faire ne lui plaisant pas.

Après sa mise à la retraite, au commencement, il acceptait de se déplacer. Il s'était rendu en Angleterre et en Allemagne. Maintenant, il ne s'éloignait de .Marseille qu'avec répugnance.

Félix n'allait pas tarder à savoir pourquoi,

La voilure de la Madrague était au terme de son voyage, le dernier (hî la journée. On descendit.

M. Comté guida son compagnon vers une ha hi talion isolée à laquelle on parvenait par un chemin assez étroit. Cette maison était construite sur une hauteur au bas de laquelle déferlait la Méditerranée, cette belle mer dont les Ilots sont bleus, mais à la tranquillité de laquelle il ne faut pas se fier. L^ célèbre lac d'huile sait aussi devenir mugissant et furieux.

La nuit était si profonde que Félix ne voyait pas la mer, mais il l'cnlendail et il croyait comprendre qu'elle n'était pas très tranquille.

On attendait les arrivants chez M. Comté.

Le bruit de leurs pas fut signalé et la porte de la maison s'ouvrit toute grande.

— L'ami! l'ami I crièrent des voix enfantines.

Deux peliies filles de cinq à six ans se jetèrent dans les bras de Comté.

— Voilà mes en'"an!s! dit l'ancien chef de la police de sûreté à Félix.

— Ahl vous êtes père!...

11 serait plus naturel à mon âge d'être grand-père, mais je ne suis ni l'un ni l'autre... Ces enfants ne sont pas à moi, ce qui ne m'empêche pas de les aimer comme si elles l'étaient... Elles n'ont d'ailleurs que moi an monde... C'e:>t une histoire que je vous raconterai... Mais, bien qu'elle ne soit pas très longue, il nous faut dîner d'abord... Allons, Gudule, sers-nous.

Gudule était une vieille domestique très maussade d'habitude et à qui l'apparition de Félix avait apporté un supplément de mauvaise humeur. M. Comté la supportait parce qu'elle était très honnête et qu'elle était sans rivale pour

'-A i;i;i.i.i: miki- |-k

Lue roiitlr l'aillil la surpreruire. (l». SOS.)

UV. 101 — TIl.UDJllK IIKMIV. — I.A UIXf.E JllEriE. — tU. J. IIOLII KT c'«.

uv 101

LA i5i:i.Li: .MiKin: si-13

h Oouillnhdi^se et siirlunl la ùourriilr, pi, il provcn^iil dont il ruffulaii. Tdtil on ajoutant un couvert, la servante munuiirait en patois :

— Celait bion la peine de venir aussi tard [lonr anienor queliiii'nn de plis...

M. Comté, qui faisait semblant de ne s'apercevoir de rien, inicrrugeait les peliles fdle^.

— Avez-vous bi.-n travaillé, mes enfants?

— Oui, oui, ami.

— La maîtresse d'école est-elle contente?

— Elle VOIS le dira dimanche après la messe.

— Rose, as-tu toujours tes bons point-?

— Voici.

-- El toi, Marguerite, montre-moi ton i allier d'écrit ire.

Margii'-'rite obéit et M. Comté constata avec salisfaclion ({u'il y av.iii nn progrès sensible sur les / et les x.

On se mit à table. Le repas fut égayé par le babil des fillettes. Rose avait un an de plus que Marguerite. Elle aiïectait parfois un air protecteur avec sa Sd'ur. Elles avaient toutes les deux des cheveux blonds, des yc :x b!eas mulii;-. le sourire facile.

En voyant M. Comté entre ces deux enfants, on n'eut pas dit le lin limii'r que nous avons vu à l'œuvre contre les incendiaires et dans l'alTairi- Barbe. Il avait l'air d'un bon bourgeois bien inoffensif et bien paisible.

On sait que jadis il ne dédaignait pas les déguisements qui enlevaient toute méfiance aux malfaiteurs. Miette elle-même n'avait pas craint d'acc::eillir dans son appartement de la rue Saint-Pierre le petit vieux q;;i lui demandait pourquoi elle pâlissait quand on parlait devant elle de l'assassinat du inaoon qui avait à Saint-Giniez muré une vivante'

— Vous changez de couleur, ma bonne dame, oui... oui... oui.

— C'él.it le bon temps alors! comme disail Pomponne, qui navail jamais été cependant qu'un élève maladroit.

La gaieté des petites devint moins bruyante vrrs la (in d i repas. Leurs yeux commençaient à clii?noter.

M. Comté appela Gudule et lui donna l'ordre de les faire cnudier. II ne larda pas à re-lcr seul avec son hôte.

Celui-ci parla de nouveau de sa reconnai-sanoe.

L'ancien policier lui dit :

— Vous avez tort de me remercier avec tant d'insistance. .\ mes yrux, il n'est lit-n qui rapporte comme une action généreuse... Le véritable égo'isme consiste a rendre service à son semblable, car on en retire toujours de vives satis actions... Voyez-moi... Si je ne mène pas l'existence solitaire d'un vieux

so» I \ i;i i.i.i: Mii:irK

jj.uvoii, si jt> sui>; aiim'' ilf (luoltiu'iiii, si j'ai (|Ui'l(|ii(' rliosi' ({iti me laltai'lic à la terre, e'cst parce (in'im jo:ir j'ai éiMiilé les (Mans d.- mon oieiir... ■ - l»nse et Mar^Mierile...

- Depuis eoniliien A'' l(Miip< sonl-ellt'-; avec voii-;?

— Depuis iiti an... Je vous ai du reste promis de vous raroiilcr... Nrl.svous pas trop fatigué?

— Non certes.

-- Du reste, ain<i que je vous l'ai dit, mon récit ne sera pas loni:. Kn 18M8 ou i8:i!), il vint se fixer à .\rcnc une belle fille qui sortait on no sait d'où, niii< dont l'admirahle visai,'C, les grands youx noir^ \\c, laitlrrenl pas à révolulionnei' lescieurs des garçons du p:iy-^.

<> Mile s'appelait .M mon.

<« Manon était accompaguéc d'une sorte d'cscogriiïo qui se disait son frère et qui n'exerçait aucune profession connue. Ils liahitaienl une maison isolée du Grand-Cliemin-d'.Xix... Peu après leur arrivée, quelques arrestations nocturnes se produisirent, et on soupçonna le couple, m:u< on ne pal le poursuivie faute de preuves.

<( Vn beau jour, l'escogrilTe disparut, laissant >Ianon seule. Les amoureux, que la mauvaise mine du frère avait tenus à distance, s'empressèrent autour de la jeune fille.

« Elle se montra d'abord assez farouche, mais elle parut bientôt s'adoucir en faveur de Thomas Mouren, matelot à bord d'un navire qui faisait du grand calolagc dans la Médilerraiiéc.

« Thomas .Mouren avait, du reste, d'excellentes intentions. Il faisait la cour pour le bon motif et, quand Manon y consentit, il s'unit à elle en légitime maria.'e.

« Tout alla bien pendant une année.

« Manon menait, lorsque Mouren était absent, une conduite absolument irréprochable. Ils eurent une filie qu'ils saluèrent comme un gage de leur affection, puis la jeune femme devint enceinte une seconde fois.

« Ce fut sur ces entrefaites qu'on proposa à Thomas Mouren de l'embaucher comme quartier-maître sur un voilier qui faisait des traversées entre Marseille et Buenos-Ayres.

« La proposition était avantageuse, car Thomas avait la faculté d'einpurler des pacotilles dont il lui serait aisé de se débarrasser soit dans la République Argentine, soit au Brésil, où !e voilier faisait escale.

« Lorsque le marin parla à Man m des offres qui lui étaient faites, elle l'enlaça dans .ses bras de neige en lui disant:

« — Reste... Je serais trop longtemps sans te voir.

LA 1!i:lli: mu: ni': sos

(( Mais ils ré liée 1 liront ensuite qu'ils commençaient à avoir de la famille, qu'il était nécessaire ([ue leurs ressources s'accrussent. Si douloureiise que fût la sépaiation, elle leur parut indi-^ponsahle. Le Ion;; cours est toujours plus productif que le cabotage.

« Thomas Mouren s'en alla donc et son jiremie!- voya^'c fut très heureux. Il revint juste à temps pour recevoir une autre lillc (jue Manon venait de mettre au monde. Quand il repartit, sa femme n'était pas cncor.) rétablie, mais elle w tarda pas à l'être.

(< Ce fut pendant-cette nouvelle absence du mari que l'escogriiïe re|»arui. Il entra, comme en pays conquis, dans la maison de Mouren, qui n'avait rien de «•ommun avec la triste masure du Grand-Chemin-d'Aix,

« A la suite de ce misérable vinrent tous les vagabonds du pays. On buvait, on chiNilail jusqu'à une heure avancée de la nuit. Manon essaya d'abord de lutter contre cet envahissement, mais l'homme exerçait sur elle une influence iiTésistjble.

" Kbe finit par choquer le verre avec la société aussi nombreuse que peu choisie qui s'était installée chez elle. C'était même elle qui, le plus souvent, fournissait le vin que l'on buvait à la réussite de projets ténébreux.

« Mouren, s'il fût vite revenu, eût peut-être tout fait rentrer dans rdr.Jre. mais ce voyage fut beaucoup plus long que le premier.

« Le mauvais temps, des avaries sérieuses avaient retardé l'arrivée à Buenos-Ayi-es. Dans celte ville, on eut de sérieuses difficultés avec la Douane.

« Bief, Manon eut le temps de dissiper les économies du m'nage et d'oublier l'amour qu'un honnête homme lui avait témoigné.

« L'escogriffe avait de nouveau loué la maison du Grand-Chemin-d'Aix. Les arrestations recommencèrent, mais, cette fois, accompagnées de circonstances plus graves que la première.

(' Des passants ne durent leur vie qu'à la fuite. On tira sur eux. Ls signalèrent l'existence d'une véritable bande de voleurs installée aux portes de Marseille.

<' Lne surveillance très active fut exercée par la gendarmerie, cela n'empêcha pas un maraîcher d'être arrêté par les brigands et assassiné.

(' On m'envoya immédiatement à Arencavec ma brigade.

« Je fouillai la maison du Grand-Chemin-d'Aix; il y avait \<>'\\'' <"rle d'o!»jets volés, mais elle était déserte.

'( Je me rendis au domicile de Tlioma-^ Mouren et je lrouv;ii -i irniiiic couchée avec l'homme qu'elle disait son frère.

« Quand le marin débarqua à Marseille, il faillit mourir de douleur en a()prenant ce qui s'était passé. La veille, la cour d'assises (]<< Iîi>ii<1ii's-(|ml'iliùne avait jugé la bande.

.s*)c \.\ lii.i.i.K Mii;rri'

i> I/oscOi:rilTi' avail clé cuinlaiiinc à niorl, Mimtii, doiil l;i coinplicitr av.iit ('•lé parfailcmonl iMahli •, ;iii\ tr.i\ai\ forera à itcrpi'luilr. aiii-i (|ii,- l.i pliiiiart ili's aiilit^s ooiiiplicos.

i> M.tiireii se |»i-oiiiii (1 uiililicr jiis(jiiaii nom (ic la iiiis(''i'ali'e <iui avait a|tj»or!ù le (li'shoimcur et la lioalo dans sa démo i ne, mais il n'en songea pas moins à ses enfants.

«< Il lesrciiiadc rii()>itife ( ù on les avait enfrrniùj piovisoiroiiicnL cl les c-tnlla à sa mî're pi'ur iiirclle les élrvàl. Il itM-dinnii-nra ses voyage-, niais la falalilé (•i>ntinna à le punr-iiivre jns(iiraii jour où son iiaviic liLiiaiifrai,' ' en vui' du l»oil.

«. Ma\m-t> les plus jri-ands elVorls, personne ne fui sauvé. l>a mer ne rendit que (]ue!qiies jours après le corj>s du inai'in, qui fut inliiim,' au cinieiiiMc dr-; Crol!e>.

" Li grand'ni're, quoique dans la misère, garda les i»eliles lillcs. La jiauvre fenune CKereait les professions les plus pénibles pour gagner de quoi K'-- nourrir.

*' Man m, pendant ce temps, sabissail sa peine à la maison centrale de Monlpcilier.

" Cette créature si dégradée avait conservé un amour profond pour ses enfanis. 1! e.-t permis de croire que ce fut pour essayer d'alhîr les retrouver qu'elle t'iTeclua ou prépara plusieurs tentatives d'évasion.

• L'une d'elles faillit même réussii-, mais Manon fut déçue dans ses espérances et une fièvre maligne l'emporladeux ans après son entrée dans la maison centrale.

u II était écrit que Rose et Marguerite, car vous avez compris que ce sont les lilles de Thomas Mouren et de Manon, devaient perdre en très peu de temps toutes les personnes auxquelles un lien les unissait.

« Un jour Quelles étaient allées prier sur la lonihc de leur père, elles trouvèrent, à leur retour, leur grand'mère morte.

(( Ceci se passait à l'époque où l'on venait de me mettre à la retraite. J'étais déjà installé ici.

u Oa m'amena les deux orphelines en me demandant de faire quelque chose pour elles et l'idée me vint de les garder.

(• C'était moi, il est vrai, qui avais livré leur mère à la justice, mais, parce que j'avais accompli un devoir rigoureux, m'était-il défendu de protéger les enfants?

« Mon idée pouvait sembler bizarre pour un autre motif.

« Je ne m'étais pas marié, je ne savais pas ce que c'était qu'élever ces petits êtres qui ont besoin, comme les je mes plantes, de tuteurs solides et de soins éclairés.

LA WF.U.K MIl-.TTi: 807

(' NY't lil-il p;\< ciirie:i\ de me voir faire mon apprcntissatrc à un moment de la vie où roii ne songe d'iiubitude qu'au re|)0>?

« Personne, toiiteluis, ne s "opposa à ma rësoliuion. \<i o(jnlra;re, on me félit'ila et je commençai ma tâche de père de famille.

« Je ne pense pas que Rose et Margneiitc se plaign ni de moi, Kn une année, elles me sont devenues aussi chèi-es que si je leur avais donné le jour.

« Je les ai envoyées à l'école. Elles montrent beaucoup de bonne volonté et d'intelligence.

(( On m'a prié de présider la distribution des prix de leur pensionnat. J'ai été tout lier de leur donner moi-même les récompenses qu'avaient méritées leur application et leur sagesse.

« Elles meublent, comme vou> avez vu, ma solitude. Elles me rattaclient à la vie, sont pour moi une source d'émotions nouvelles.

(( N'avais-je pas raison de dire tout à l'iieiire qu'un acte de bienfaisance porte en soi sa récompense? »

Félix avait écouté M. Comté avec beaucoup d'attention et d'intérêt. Il lui apparaissait tout autre. Sous le policier, il voyait l'homme de cœur qui pratiquait le bien simplement et s'efforçait de prouver qu'il n'avait eu aucun mérite à faire une bonne action, tandis que d'autres auraient quêté des louanges et des félicitations.

Dès que l'ancien chef de la sûreté eut lini l'histoire de Rose et de Marguerite, il se leva :

— Mais -e bavarde, je bavarde.,. J'oublie que votre chambre est prête et qu'il est tard. Demain, il faut nous lever de l)onne heure et nous mettre Joat de suite à l'œuvre.

— Oui, oui...

— Don courage! ajouta M. Comté d'un aii- amical, vous verrez que nous réussirons.,,

— Ma vie vous appartiendra!

LE .SOri'KR

Comme nos lecteurs le savent. Miette n'avait pu sortir de la m lison centrale, li avait été impossible à la sage-femme de franchir les hautes murailles du chemin de ronde et c'était en vain (ju'el.'e avait cherché des issues.

Elle ne pouvait, malheureusement pour elle, se r(}ndre aux endroits où l'évasion lui avait semblé facile. Elle en était empêchée par les grilles cl les

80<< [.\ l'.ll.l.l Mil 1 ii;

poiU's «iiit' l'on ft>rinail olia'iii"' mut. Sr innnlr.M- dans la joiinu-c oilt (''(('• se [vrilic ' ..

Mii'lle se cacha il'ilittril ilin^ la >allt' m'i no is a\ons vu la sciMir ainoureiise ilo Gi'rarii lai><or sa lampe, mais f.>l asile m* lard i pas à lui sembler (lépoiirvii ira;:ii^mont. il (Mail très humide el niampnil aliM)lumenl de vivrez.

I.a mère de Clémenline y resta, \o\\v eomnirncer, (piaranle liiiil Iniiivs >ans piendre aucune nourriiurt».

Ce fut lerrihle. l'.lle suiiHïil l(dlemenl de la faim, suilout pendant le se^-ond jour, t] i"e!le fui sur le point de se livrer à une londe <pii Iravi'rsa la salle ot faillit la surprendre. Elle n'a\aiL eu (pie le temps de se cacliei- entre deux fulailles vides.

Dans II nuit du serotnl au troisième jour, elle l'éussit à s'approcher des cuisines et à dt^couvrir un haquel rempli de cioùtes de pain sec... C'étaient les restes de tout le monde, ce ([u'une so-ur converse avait recueilli dans le réfectoire après le repas des détenues.

Miette ne se montra pas difficile. Elle mangea avidement plusieurs croûtes el se rafraîchit, dans le chemin de ronde, à une llacpie d'eau qu'avait laissée la pluie lomhée dans l'après-midi.

— il faut espérer que cela ne durera pas, fit-elle, autrement i! y aurait de quoi regretter la cellule n" 7.

^Miette emporta tout ce qu'elle put de croûtes de pain comme provisions et s'installa dans les greniers de la maison que l'on avait visitée de fond en comble quelques heures auparavant.

Ce fut à celle circonstance qu'elle dut de ne p:is être découverte. On ne repassa pas deix fois aux mêmes endroits.

La sage-femme dormait, durant le jour, sur un amas de sacs vides déposés dans la partie des greniers où elle se trouvait et elle se promenait durant la nuit, cherchant à s'échapper.

Deux ou trois semaines s'écoulèrent ainsi, semaines d'angoisses auxquelles se mêlaient quelques alternatives d'espérances bientôt déçues.

Elle continuait à se ravitaider aux cuisines, mais, les provisions étant enfermées, elle ne pouvait emporter généralement que peu de chose, du piin comme celui qu'elle avait eu déjà ou de la viande pourrie mêlée parfois aux ordures.

Cette nourriture lui répugnait et il ne lui était pas possible de s'eri

procurer une autre. Elle ne tarda pas à maigrir, à devenir faible cl chancelante,

mais sa volonté était maintenant bien arrêtée de mourir plutôt que de se rendre.

Les privations exaltaient son esprit. Elle eut des accès de fièvre et même

le délire.

S'aperçul-on à la cuisine de la disparition des restes, mais, une nuit, elle

LA Ri:i. LK MIETTE

La sœur el le garJiua se levàrci.; avec laul de prcupitatiun. i^F. bli.)

ne trouva plus les baquets à la même place. Elle recommença à avoir laim horriblement.

Cette fois elle passa trois jours sans manger.

L'infortunée n'avait plus que la peau et les os.

Ce fut alors qu'elle imagina de glisser un billet dans un lit du dortoir qui était immédiatement au-dessous de son refuge. Le moyen était bien dangereux : on sait toutefois qu'il réussit.

UV. 102. - THEObOHE HE.M,V. - LA BELLE MIETrE. ÉD. J. noUKF KP c" . LIV. 103

^' ■> i.A i;i:i.i.i: Mii: r ii:

i'iu.iii, lu'iui.iiil (Hielque leinix, mit tlaii^ la iiiflic dc-^ vivics pour l;i Miollt\ Celle iv.«!souri-c devail liiiir j);ir in;in(|iiiT .1 cello-ri.

AdMe fui surprime cl sulùl un long inlcrroialnirc. C.ouimc clli) rofus.i ahso- I mon! dVxpîioMfr pniii-d uti cl'c .-iL'iss.iit aiii^l. on la mil au caiiol sans an'ivcr à la faire puricr.

On ne soupijoiina non tioiu'i'asenicnt ei on orulpluioi a di's ('•clian^'os nnli'c di''lcnao<. Pcrsonn»' i:c songea à organiser une siirvcillaïuc [lonr (iôroiivrir qui vnMidrait jircndro les provisions (]u'A(lèIc Penaml tlc'posail.

Si on avait ou celle iilt'e, MïcUo eûl Hô liiiMilAt i-ùinléi^réf dain la (clliilc n' 7 Ml lîans une autre au i-lioix de l\uluiinisli\ili(Ui.

l^ saire-femmc rcgretl.iit que Grrard et sa reli^^icuse cjssenl cessé leurs rendez-vous.

I>I!e souhailail vivcmenl qu'ils les reprissenl.

Un soir sa satisfaction fui i,'rande quand, pcncliùc sur la rampe du mc'^me •'-^•liier où elle avait aperçu pour la premiè're fois la lumi-re de la sœ ir, elle la vit reparaître.

Elle se préoccupa d'abord de savoir qui élail la maiircsse du beau Gérard et y réussit. Elle éprouva une vive liilarilé en reconnaissant la fiancée du gardien.

Miel te ne se dirigea pas du môme côté que la sœur. Au lieu de sortir par la grille, elle alla veis rinlirmeric qui communiquait avec celle aî!e de la maisua centrale par un couloir.

11 y avait une porte qui élail ordinairement fermée, mais la religieuse l'avait lais>eo ouverte, sans doute pour empêcher le bruil deu>c fois répété d'un grincement de clé.

Miette traversa la pharmacie qui était plongée dans l'obscurité, puis un • salle éclairée par une veilleuse et qui précédait celle où se trouvaient les détenues malades.

Depuis trop longtemps re>lomac de la sage- femme sonnait creux pour qu'elle ne se préoccupât pas de l'endroit où elle découvrirait de quoi manger. Elle pénétra dans un petit cabinet aliénant au cabinet plus grand où les docteurs d'^nnaienl leurs consullalions.

A son vif élonnemenl, elle vit une lible mise sur laquelle un pâté superbe semblait attendre qu'on l'attaquât. Une lampe baissée éclairait impai-failement le petit cabinet, assez reculé du reste pour qu'on pût y causer et y souper à son a. se.

— Est-ce que par hasard, murmura Miette, la sœur se hasarderait jusqu'à faire venir ici son amanl fidèle?

Un léger bruil de pas confirma ses soupçons.

— Les voici !

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