‹ La belle MietteChapitre 132 sur 200 · I..V i;i;i.Li: mii-.tth · texte numérisé non relu

I..V i;i;i.Li: mii-.tth

Jusqu'au lendemain, Malvina fut sans nouvelles et cependant elle pr»Hail l'oreille à tout ce qui se disait autour d'elle ; elle scmêlaU ù toutes les conversations dérobées.

Cela lui valut plusieur,> punitions.

Agitée et fiévreuse Pit la nuit qu'elle passa.

Dans son sommeil, elle prononçait à liaule voix des paroles. La prévote fut obligée de réveiller.

— Que vous àrrive-t-il?...

— Quoi!... Que me voulez-vous?

— Vous parlez en dormant...

— Je parle, dit Malvina alarmée.

— Est-ce que vous seriez poursuivie par des remords?...

— Moi?

— Vous menaciez quelqu'un, vous appeliez!... Tout le dortoii- vous a entendue.

— Je me serai couchée du mauvais côté!

Malvina ne se rendormit pas. Les angoisses l'en empêchèrent.

Clémentine était-elle bien morte?...

Elle ne pouvait guère en douter, car elle avait frappé avec force, avec fureur. Erne^tine el elle n'avaient laissé qu'un cadavre.

Mais d'où venaient ses doutes?... Pourquoi désirait-elle avidement avoir la confirmation de cette mort qui eût dû faire beaucoup plus de bruit dans la maison centrale?

Au matin, elle n'y tint plus. L'aube blanchissait à peine les vitres du dortoir, quand elle se glissa hors de la salle

Où allait-elle?... Au promenoir, à l'endroit où avait eu lieu le crime. Elle le retrouva facilement. Il y avait sur les dalles les traces d'un lavage. La victime avait dû perdre beaucoup de sang.

Du côté du quartier des folles, le silence le plus profond régnait... Soudain Malvina entendit un pas... La porte s'ouvrit et un cri de terreur échappa à la détenue.

'^"•'•tait Clémentine, Clémentine qui portait dans son tablier des écheveaux de laine qu'on lui avait donné à dévider et qui allait les rendre.

Elle regardait d'un air tranquille Malvina épouvantée.

— Vous, vous ! dit celle-ci.

— Que désirez-vous?

— Mais alors, alors...

— Eh bien?

Malvina prit la fuite.

— Malheur, malheur à moi! répélail-el'e.

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— Ma siriir, olli> a rie iiialadc loiilc la iiiiil. [•'.Ile n'a cf^M' de se [ilaindrc ei (le ci-niir.

— i)iri'proiiV('z-YOUs? lit la ivligieiisc à Malvina.

— Je suis perdue, je suis perdue!...

— Kxpliquez-nous oe langa,i^e.

Mahinase laissa toniher accalilt'e sur un escalioau.

Heureisemenl pour la complice d'Ernesline, on no crut, qu'à une iiidi^posilion de sa part.

Kilo fut admise à la visite cl le médecin en chef, lui trouvant le pouls agité, renîarquant une certaine exaltation chez elle, crut peut-être qu'il était en présence d'un commencement d'aliénation mentale.

11 ordonna l'entrée de Malvina à l'infirmerie alin de pouvoir l'cîxaniiner à son aise.

Le même jour il signala ce fait à M. Méhert.

Celui-ci se troubla légèrement quand il entendit le nom de la prostituée.

— Est-ce qu'une épidémie de folie va sévir dans la maison? ajouta le méde.in en chof.

— Cela fait trois... Mais peut-être cette femme n'était-elle pas réellement... Il s'interrompit. Il se rappelait la singulière déclaration que Malvina lui

avait faite, les termes brûlants et passionnés dont elle s'était servie. L'hystérie ne peut-elle pas être soit la cause, soit la conséquence de la folie?...

La prostituée avait deviné les relations qui existaient entre Clémentine et lui, mais elle ne les avait pas dévoilées. Pour quel motif avait-elle gardé le silence?

Si elle parlait maintenant, est-ce qu'il ne serait pas facile d'attiibuer ces accusations à une imagination troublée?

M. Mébert songea à tout cela en fort peu de temps. Le médecin en chef faisait pendant ce temps-là de la statistique.

— On a constaté durant l'année dernière 45 cas d'aliénation mentale dans les maisons centrales, dont 32 hommes et 13 femmes. Les hommes sont plus sujets à perdre la raison que les femmes. De même, ils songent plus aisément à se détruire. Les cinq tentatives de suicide qui ont eu lieu en 1842 ont eu pour auteurs des prisonniers et non des prisonnières... Cette année nous ferons exception à la règle.

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