LA I5KI.LE MIETTE SVJ
— Il est donc liion ^■'^i^lo!lt, à vos yeux, que cclio iiiforluuéc s'est luée clle-mémo.
— Personne n'avait iiilérêl à lui donner la mort.
— I/inspecteur serait assez disposé à croire qu'on l'a assassine. •
— C'est à cause de la déclaration de la femme Barbe, (jui prétend que l'on a frappé à la porte...
— Elle le dit en effet.
— Elle doit s'être trompée.
— A ce moment, l'une des folles avait un a ces terrible, ce qui l'a eaqiécliée de vérifier.
— On a retrouvé à côté du cadavre l'arme qui a servi... Elle pouvait bien être en la possession de la victime. •
— Assurément.
— Et la nature des blessures?
— Elle ouvre un champ très vaste aux suppositions. Cette plaie béante que j'ai attentivement examinée n'a rien, dans la direction où elle se trouve, qui dénonce plutôt le crime que le suicide. 11 n y a eu lutte ni avant ni après.
— M. Chapput s'est rallié très vite à vos conclusion^ en faveur de la mort volontaire.
— C'est son intérêt, parbleu!
— Comment ça?
— Un suicide est un événement de mince importance qu'il est très difficile de prévoir et d'empêcher, même avec la surveillance la plus active. Un meurtre, un assassinat, c'est bien différent I...
— Mais l'inspecteur est aussi intéressé...
: — Dame, vous ne comptez pour rien le besoin d'opposition!...
Tandis que M. Mébert et le médecin en clief discutaient ainsi. Malviua était installée à l'infirmerie.
Lorsqu'elle avait vu que l'on se méprenait sur l'état de sa raison, elle avait éprouvé une joie secrète.
L'erreur dans laquelle on tombait la servirait assurément.
D'abord elle entrerait à l'infirmerie malgré M. Mébert... Ensuite... 11 y avait en germe dans le cerveau de Malvina tout un plan machiavéli({Me, un espoir de levaiif^he.
Il s'agissait déjouer un rôle difficile... Pourquoi ne le jouerait-elle pas?
— Clémentine peut-être n'a rien perdu p(uir attendre! Aî.ii> niiclle r>t l'autre?... l'autie!... se demanda-t-elle vu frissonnant.
Elle ne devait pas tarder à le savoir.
Une fois qu'elle eut pris possession de sa place dans le d'»rl<iir de l'inlirmerii.', elle remanpia qm; les sieiirs allaient pi'ier dans une sali'- adjacente.
840 LA 151.1 i.K Mii:rri".
- Uirfsl-ce? lil-fllc à iiiu' aiilii- iniil.ulr.
(Vt'sl la ijirun a \u\< la inoilf. lui l'iil-il i(''|iiuiilii.
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— Wuis savez, ccllo quoi) a rauias^ro liifi* malin ilans le [ironiomur. .. IVuiniuoi est-elle l.'i et non pas dans la salh^ des niorls?
— Parce (|iie le nièikn-in en chef a eu besoin d'en faire l'aulop-ii', coiuiin' on appelle ea.
- l'iiis-je aller von?
- Qui vous en cmpiH"lie?...
Malvina se dirigea, mais non sans émolion, vers la chambre funèbre... Klle allait connaître quelle était sa victime, puistpie ce n'était pas Clémentine.
Klle entra.
Vm ce moment, il n'y avait personne dans la pièce.
Sur un lit de fer, une femme était étendue en costume de détenue.
l'n chapelet semblait lier ses mains et un crucifix était posé sur sa poitrine.
Il y avait aussi, sur une table, un vase deuu bénite dans lequel trempait u I rameau d'olivier. Un };ros cierge éclairait le visage livide.
Les yeux étaient fermés. Aucune expression sur cette liguie amaiLrrie par Il souiïrance. Cependant la bouche conservait une certaine douceur.
La tète était légèrement penchée du côté dr la himièic, aiii>i q:ic le corps, à cause d'une difTurmité...
Malvina. reconnaissant la morte, poussa un cri :
— La Menet:...
C'était en elTcl la pauvre bossae.
s u r. r lu s E s
Comment Malvina avait-elle tué la Menet et non Clérncnline?
D'après l'enquête qui avait été ouverte, la femme Baibe était occupée auprès de l'infanticide au moment où il lui avait semblé entendre frapper à la porte donnant sur le promenoir.
La bossue ne s'était pas encore couchée et lui avait prêté à plusieurs reprises son concours pour retenir dans son lit la folle qui jamais n'avait été aussi dangereuse que ce scnr-là.
Avertie par Clémentine, la Menet s'était hâtée d'aller voir, mais, pendant qu'elle se dirigeait vers la porte, la folle s'était dressée sur son séant, avait
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