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— lue lille.
— S;iit-on Ci' (|ii'fsl licvniih' l'onfuil -^i on iir sail p.is ce (ju'csi (IcvtMinc
la
nu'n*
— Le myslfie !«• |tliis iiiipi'iji-liMbk' rr iir l'u ce mouieiiL sur (îlle.^^. Un ne croil pas qu'il soil possible de l'éclaircir, car depuis douze ans...
— Aussi longtemps que cela?
— Aussi loniitemps. La i^'llli' lille de Fortunée, ù (jui M'"" de .MéricourI servit de marraine, l'ut noniuiée Marie. Les médecins jut^èrcnt qu'il serait niiisibU; de ne pas l'enlever à la folle. On la lui prit, et elle se laissa faire sans pousser une plainte, sans donner auciiin' marque di' sensibilité.
— Que devenait pendant ce leraps-là Ktienne?
— ■ Mis d'abord au secret, il fut traduit e,n cour d'assises.
— Et reconnu coupable, n'est-ce pas?
— ■ Non, acquitté, faute de [)re ives suflisantcs. L'innocence a parfois dos accents qui savent attendrir les juges. Il raconta tout ce qui lui était arrivé. Son attitude, son émotion, produisirent l'impression la plus favorable. On comprit qu'il pouvait arriver au plus honnête homme d'être victime de la fatalité. La conviction du jury une fois ébranlée, un verdict négatif fut bientôt enlevé par \m défenseur éloquent.
— Quel fut le sort de l'amant de Fortunée après son acquittement?
— Sa conduite fui très digne. H constitua une pension à la (ille du garde et jura qu'il l'épouserait, si elle revenait à la raison et si le vrai meurtrier de Jacques était découvert. Etienne partit ensuite pour des pays lointains dont il est revenu depuis peu.
— Ah!
— Fortunée resta plus de deux ans au chàli'au de xMéricourt, où on avait toute sorte d'égards pour elle. Une servante était spécialement attachée à sa personne; elle avait une chambre vaste et aérée dans le pavillon qui est au bout du jardin et que vous connaissez, mon cher Georges.
« Sa folie était assez douce. Dans les commencements, elle passait des journées entières immobile. On eût dit qu'elle rêvait.
« — Etienne, Etienne, murmurait-elle.
« Plus tard, elle fut en proie à des crises nerveuses. Elle répétait sans cesse avec une vive expression de souffrance :
« — Mon père I
« Son visage devenait de plus en plus sombre.
« — Clamart! s'écriait-elle. Oh! tout me dit que c'est lui l'assassin!
« Bans les derniers temps de son séjour à Saint-Loup, sa folie changea de caractère.
LA liKLIJ-: .MIl'.TTE 93
>• — Où est ma tille, où est Marie? disait-elle d'une voix si pleine de tendivs>e q'ie l'on se soiitail remui^ jiisqu'a'i foml du oœ;ir.
« yV'"^ de Méri'jouit consulla alors des médecins pour savoir si le moment n'élait pas opportun pour tenter une épreuve sur l'insensée en lui rendant sa lille, rpi'elle demandait avec lanl d'instances. On décida qu'avant de rendre l'eiifaMt à sa mère on devrait s'assurer que celle-ci n'éprouverait pas une secou-se dangereuse.
« La châtelaine lit alors faire une miniature représentant la petite fille. Ce portrait, qui avait été entouré de brillants afin de mieux attirer l'attention de Fortunée, dont !e faible pour les bijoux était connu, lui fut remis un malin.
« Elle eut d'abord un cri d'admiration, puis elle mit le médaillon sur son ca'ur et ne voulut plus s'en séjjarer. Son instinct de mère lui avait fait comprendre que la mignonne créature dont elle admirait le visage était celle qu'elle demandait tant à embrasser.
u — C'est Marie! disail-elle d'une voix plaintive, c'est Mariette!...
« Chose étrange ! Lorsque Fortunée revit sa fille elle-même, sa folie no subit aucun changement. Elle arracha presque l'enfant des bras de sa nourrice pour la presser tendrement sur son cœur, mais là s'arrêtèrent tous ses élans. Elle la laissa emporter de nouveau sans difficulté.
« La femme qui gardait Marie revint souvent, et, chaque fois, on ne craignait pas de confier la petite à la pauvre créature. On eut même une fois l'imprudence de les laisser seules ensemble. Au retour, on ne les trouva plus. La porte du pavillon était ouverte. Fortunée avait dû sortir.
« On appela dans le jardin ; pas de réponse.
" L'inquiétude commençant à gagner la domestique à qui la folle était contiée, elle courut au château. On battit en tous sens la propriété sans découvrir la fugitive.
« On pensa qu'elle reviendrait et on attendit jusqu'au soir infruclueu>ement. Le lendemain, les recherches recommencèrent. On fouilla les environs, on vida même des pièces d'eau pour tâcher de découvrir si un milheur n'était pas arrivé.
« Soins inutiles, peines perdues, on ne put trouver l'endioit où la maitresse d'Etienne s'était réfugiée. Force fut donc de renoncer à tout espoir. »
— On ne sait donc pas ce qu'est devenue l'héroïne de ce roman?
— N'est-ce pas que roman est bien le mot? Cependant tous les détails que je vous ai donnés sont rigoureusement vrais. Vous trouverez encore au château de Méricourt la femme qui était la gardienne de la fille de Jacques. Ces ruines où croissent des plantes grimpantes, et qui ne servent plus de demeure qu'aux lézards, sont tout ce qui reste de la maison où deux pauvres cteurs se sont aimés follement, sans songer aux conséquences de leur belle passion.
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'- .>1. 11 cher lù'orgi's je voiulrais «iiic celle liisloir.' til réllécliir C(Mix à (lui je la fais oonnailre. I, amour csl une rose des ('•pinos de laquelle il faut so luelier. Mai<. que di>-jc là?... Quel discours je vous licus doiu'.?... L'anidiir csi ]>luUM un torrenl impêlu»'U\ (lue, lorstjuo foM,i,.nt l,- n,i..,.<. |,.> plus ii-ainl-; I îToiis ne sauraient arrtMor. ->
- Et Claniari? (^)miait-oo la reliailc de ci> lui^érablc .'... Lui aus-i a quitlr le Jiays.
— - Comme Klienne?
- .\yci* celles dilTérenco tjue i'aïuanl do Forlunéc est revenu.
- Vous m'avez dit (lue je le connaissais.
- Oui. c'est vrai. C'est nu^me un des liuinuies cpie vous estimez le plus.
— Je V(Uis promets ma discrétion.
- C'est-à-dire que vous voulez me pousser à commetlre une indiscrétion. M. de Mëiion se leva et prit sa canne, qui était resiée ap;iuyé'î contre le
1 anc couvert de mousse sur lequel il sétail assis pendant sou récit.
— .\u fait, avec les renseignements que je vous ai donnés, il vous serait facile de prendre d'autres informations. Autant vaut-il que ce soit moi...
- K!i l.ien?
— lilienne >a| iicnc ai)->i le chevalier d'Aimard.
— En vérité !
— Nous alloiis probahlement le trouver miinlenant au chàlcau. Je suis certain que son air de mélancolie vous a déjà frappé.
— - Je Tavais remarqué, en elTel.
• — Mai> il est temps de rentrer, mon cher Georges. Tâchez de modérer votre douleur si...
— Voire recommandation est bien inutile, monsieur de Menon. Les deux personnages ne tardèrent pas à se m jltre en marche. Lorsque Miette crul pouvoir se montrer sans être aperçue, elle quitta la
pusilion fatigante dans laquelle elle était restée, pendant leur longue conversation.
Son visage avait une expression sérieuse qu'il n'avait probablement jamais eue.
— Décidément, je surprends aujourd'hui des secrets de toute sorte! Mon oncle est un misérable, je m'en suis toujours doutée. Est-ce lui qui a assassiné le garde-chasse?.. Cela ne m'étonnerait pas!
Miette réfléchit un moment encore.
— Et celle malheureuse que j'ai vue dans le souterrain, n'est-ce pas Fortunée?... Je me souviens... le portrait, le médaillon!
L'enlaul eut un éclat de rire.
— Petite comme je suis, jon ne fait pas attention à moi, je me glisse
LA iîi;ijj-: Mir/rii'
partout, j'écoule tout. Ah! ali! On refuserait un sou ii la Miotle, si elle le demandait le long du chemin, et cependant elle sait en ce moment des choses qui pourraient l'enrichir et qui l'enrichiront, ma foi!
La nièce de Clamart frappa sur ses poches, qui rendirent un sou métallique.
— Tiens, tiens, j'oubliais les pièces d'or que j'ai pu ramasser et qnej'ai gardées... Quand j'airai beaucoup d'argent, mais là beaucoup, est-ce avec Pierre que je le dépenseiai?
La (illctle secoua la tète d'un air mutin.
— Lorsque j'aurai cent fois plus de louis (jue je n'en ai dans la poche, je crois que je serai difficile !
Miette sembla se consulter un moment.
— Allons au château et examinons tout ce qui va s'y passer. Je verrai ensuite d'en faire rtion prolil. Ah! ah! je suis curieuse de savoir ce qii'esi devenu M. de la Torche!
Pour abréger le chemin qu'elle avait à faire, Miellé prit un autre sentier. D'abord elle alla rapidement, puis son pas se ralentit.
— Un bien gentil garçon que le chevalier! murmura-t-elie d'un air pensif. Je ne suis pas étonnée qu'il n'aime que des femmes riches.