‹ La belle MietteChapitre 140 sur 200 · LIV · texte numérisé non relu

LIV

866 i.A lii.i.i.i; MiKiri-:

CdiiiU^

<Wr\

Vous esl-il possiMc de uu' (loniin iiiicltiiics di-lails Mif U'iir lil.s.'... ilil l'ii «raiiil ImmuI!... J«' non (•oiiuais jj.is daulre.,. C'osl un U'isli*

11 leur a f 'ÙU' doja pa^ mal ilai^jiMit... Des délies de loiis c(Més... J'ai èlê lî-moin la veille de mon reloiir à Marseille d'une chose singulière... • - 1/iquclIe? fil rancien iiolicier.

— - J'élais à la feiiélro de la niaisun .l.- ma laiile qui esl près de la route, lorsque je vis arriver M. Alexis.

— 11 se nomme Alexis?

— Oui... 11 était avec un de ses cousins Iteaucoiip plus jeune «pie lui... C'est un garçon de douze à treize ans... Us parlaient assez fort l'un et l'autre... rentcndais la voix irritée d'Alexis qui disait :

— Tu le répéteras, tu le répéteras?...

-— Je le répéterai, répondit l'autre, si tu ne m'acliètcspas la montre (pie lu m'as promise quand je l'ai surpris, il y a plus d'un an... » M. Comté interrompit...

— Il a dit : il y a plus d'un an?...

— J'en suis parfaitement sûre...

— Continuez...

« — Tu n'obtiendras rien de moi par la menace, poursuiv.iit M. Alexis.

■ -- Avec ça que j'y g^gne quelque chose à te réclamer poliment...

« Tout à coup le (ils de M. Médard, qui semblait en proie à une vive colère, saisit l'enfant el lui administra une volée de coups de canne... Il fi-appait de si bon cœur que j'eus peur qu'il ne lui fît trop de mal et je me mis à vrier... A ma vue, il lâcha son cousin qui le suivit en pleurant el en lui prometlant de tout raconter à leurs parents.

— Diable! diable I... murmura M. Comté, nous ne refuserions pas une monlrc. au ]>nnc garçon, iioas, s'il voulait bien nous faire connaître ce qu'il a vu. . .

— \uu5 pLu~e/. .ju.. M. Médard fils esl le coupable? demanda Félix avec avidité...

— Dd calme, du calme!... Ne prenez pas feu comme ça...

— Excusez mon impatience...

— Je la comprends, mais je vous conseille de la modérer... Tout porte à .:roire que nous sommes sur la piste... La précipitation n'en serait pas moins inutile, nuisible... De la patience... De la patience!... L'heure de la justice el -le la réhabilitation sonnera !.. .

M. Comté s'exprimait avec une certaine solennité.

i.A lîKi.i.i: MiKiri:

FtMix cmu saisit la main df Tt^NrolliMit hommo, tandis qiio dos lirmns roulaient de ses youx.

L'ancien chef de la siirclr irimit d'autres renseignements sur Alexis Médard.

C'était décidément, comme l'avait dit M"" Pomponne, un triste sujel. Il avait refusé d'aider le confectionneur dans son commerce pour mener une existence de plaisir et d'oisiveté.

Comme M. Médard ne lui doimait pas tout l'argent qu'il lui fallait, il était allé voir des usuriers qui lui en avaient prête h un taux élevé et lui avaient fait des avances considérables sur hoirie.

Mais ces ressources ne lui suffisaient pas et il était fort possible qu'il eût volé son père et laissé ensuite accuser et condamner deux innocents.

Comté se trouvait dans une singulière situation. 11 avait annoncé sa propre visite au marchand de confections et il ne pouvait guère se rendre sous son aspect habituel chez celui-ci qui reconnaîtrait aussitôt le naïf habitant des Martigues.

S'il voulait retourner au magasin de M. Médard, et il n'avait garde d'y manquer, il se voyait obligé de prendre un déguisement pour se représenter lui-même, de composer un Comté de fantaisie sous lequel il serait impossible de reconnaître le véritable.

Nous savons qu'il avait autrefois l'art de se grimer parfaitement. Il s'eiïorçait jadis de se vieillir afin de n'inspirer aucune méfiance... Cette fois^ il se rajeunit.

Ce fut un homme très brun, aux traits accentués, à la grosse voix qui se rendit au magasin du quai du Port afin de recommander la fille de l'habitant des Martigues et de dire qu'elle était une « brave fille ».

LA SEC0^■D^: mop.t

On comprend quelles inquiétudes assaillirent Edouard Mébert et Clémentine lorsque leur doux trte-à-téte fut troublé par un cou[) frappé rudement à la porte de leur chambre.

Qui cela pouvait-il être?

Us avaient donné Tordre à la matrone de ne laisser venir personne jusqu'à eux. Qui s'obstinait, malgré elle, à vouloir les déranger?

On entend lit, en eiïet, la voix de la vieille femme ipii jurait st'< iTands dieux (ju'il n'y avait il ans rajqiarlement « ànic qui vive ».

8C8 I \ r. i;i.i.i, MU. 1 ri;

Une nuMno cr.iinte as>;aillail les diMiv aiiKiiits.

— Klail-ce la polioo?...

Mais ils ne lard^nMil pa^ à compiLMulri' qu'elle aiiriil Iriomiilié plus vite de la rt^sisl-.ince do la maliitiic.

M. Mêbert pi il le jiarli hérinquo do se nuMiIror pniir faire cesser hMnmiilU». 11 engagea Clémentine à se dissimuler derruMe les rideaux du lit, [):iis il alla ouvrir la porle.

Il se trouva eu présence d'une femme à l'air menaçaul. à l'aMl irrité qu'il ne reconnut pis tout d'abord, mais qui recula aussitôt pleint^ d'élonnement.

— Le jeune docteur... Ce n'est donc [)as... Le jeune doMeur!.. Ali! (pic c'est dr«'>le:...

Kilo riait aM\ é.dats.

— Que désirez-vous, madame?.,.

— Vous ne me reconnaissez pas... C'est ju>te,.. Vous m'avez vue à peine... Mais moi j'ai beaucoup ent.nidu parler de vous... Je suis Ernesline Jacquet.... 11 y a à peine trois jours que j'ai quitté la maison centrale...

— Ah!...

— Alors nous somme> ici en bonne fortune... Celle pauvre Malvina qui vous croyait... Elle serait joliment désillusionnée... Elle avait bien tort d'être autant jalouse de la femme Barbe.

— Que vous faut-il?...

— Rien... ce n'est certes pas vous que je cherchais, mais un mon>tre qui m'a conduite ici... Je m'imaginais qu'il me trompait avec une aulre et j'avais l'intention de lui faire une scène... Pardon de vous avoir dérangé, monsieur Méberl.

Elle était prèle à s'en aller quand elle vil lég-èrement remuer les rideaux du lit.

— Vous n'avez pas besoin de vous cacher, madame... Je serai discrète.. Puis je ne connais personne à Montpellier et je pars demain pour Marseille...

— P»elirez-vous.

— C'est égal, je serais bien aise de savoir au moins si la rivale de Malvina est mieux qu'elle.

Elle s'élança et lira à elle le rideau.

Vn cri s'échappa de sa gorge, et elle recula stupéfaite.

— La femme Barbe ! La femme Barbe ! ... M. Méijort la saisit avec fureur par le bras.

— Vous vous tairez, vous!...

— Elle n'est donc pas morte?

— Vous pensiez que c'était elle...

— Je Lai cependant vue tomber et son cadavre gisait dans le promenoir,..

— Misérahle!...

Il y avait de la stupeur, de l\''garement chez la lille Jao'iuet. Klle s'en alla en disant ,

— C'est une résurrection!...

Ce que la misérable femme ressentait était à peu près ce qu'avait éprouvé Malvina quand elle avait rencontré Clémentine à l'endroit même où clic croyait l'avoir frappée.

Ernestine se demanda également :

— Mais alors quelle est celle qui est morte? Elle chercha en vain et finit par se dire :

— Bah! C'est l'affaire à Malvina... C'est éga', mon séjour ici pourrait devenir malsain... J'ai eu tort de ne pas partir comme j'en avais l'intention, comme je me proposais de le faire...

Nous avons, en effet, laissé la Jacquet sur le point de quitter Montpellier pour se rendre à Marseille. Au moment où elle allait arrêter sa place à la voiture, elle avait subitement changé d'idée en lisant une affiche qui annonçait pour le soir au théâtre un bal paré et masqué.

— Tiens, ce serait drôle d'aller là, de m'amuser un peu dans cette ville où je me suis tant ennuyée...

El!e se dirigea vers un hôtel, y arrêta une chambre, puis se mit en quête d'un déguisement. Elle eut quelque difficulté à se procurer un costume.

— C'est dommage, pensa-t-elle, qu'on m'ait retiré ma robe de droguet et mes sabots. Il eût été peut-être très original d'assister à cette fête en détenue de la maison centrale...

Ernestine finit par trouver chez un costumier un débardeur assez élégant.

Elle ne se repentit du reste pas de son escapade. Le bal était très gai, très animé. Il y avait de nombreux étudiants en médecine qui se livraient à des plaisanteries de toute sorte. Elle ne tarda pas à céder à l'entraînement généial.

On remarqua ce lutin bondissant qui riait aux éclats et blaguait tout le monde. Ernestine eut surtout du succès pendant le quadrille. Elle se rappela qu'elle avait été Nini la Chahuteuse, la rivale de Pomaré, et elle leva la jambe à des hauteurs inconnues en province.

Les invitations à souper ne lui manquèrent pas, mais elle préféra aux étudiants débraillés un jeune homme correctement habillé de noir qui l'avait regardée danser avec un intérêt auquel une fille expérimentée comme Ernestine ne se trompe jamais.

— Tu as rudement de la chance, lui dit-elle, de tomber sur moi...

— En vérité?...

— Tu verras quelle bonne affaire je suis... surtout après quatorze mois d'abstinence.

8 70 I A 15 1.1. 1.1. MlKllH

— Allons donc!...

— Je t'assure...

Lf jciin^ honuur, qui ùlail l'avocal. ami d'iMlonanl Mt'herl, ne crut ceilos pas Kiiie>tin«\ mais loul porlo à ponscr iinil no fut i>as im^conlonl île sa oimijUiMo, car, apri>s la luiil tic li:il. il lui dimii i d'iiv ou Imis autres r(M)(iiv.-Vi)ii-< ;'i -^a tour de Nc^lf.

Après avoir iHéaNoi-lie pour le jour où elle avait surpris le jeune ilofleur ei Clènienline, Nini avait reçu contre-ordre, mais elle n'en était i>as moins venue, croyant à une trahison de sa nouvelle conipiùle en faveur do laquelle elle élail resttV à Montpellier plus longtemps qu'elle n'en avait eu d'aitord l'inlenlinn.

Maintenant elle était bien décidée à partir tout de suite, à mettre ua lurtain nomhre de lieues entre elle et la ville où elle était menacée.

— C'est drùlc comme je n'ai plus envie de tricoter de nouveau à la maison eeniralc I...

Chose singulière, sa haine pour Marie-Luuise se trouvait alTailme depuis qu'elle ne la voyait plus, depuis qu'elle ne vivait plus dans la même atmosphère qu'elle. Ses idées de vengeance avaient cessé d'être toujours pré.M'iites a son esprit. Les distractions de la vie libre les éloignaient sans doute.

Elle s'aperçut de ce qui se passait en e!l>\

— Je la déleste pourtant bien encore 1 murniura-t-elle.

Ce fut sa dernière réflexion en prenant la diligence de Marseille.

M. Mébert et Clémentine n'avaient pas moins été épouvantés quelle. Ils tinrent conseil après son départ et reconnurent la nécessité de chercher \m autre refuge.

— Pourquoi, lit cependant Clémentine, s'est-elle éionnée de me vuir vivante?...

— Elle a parlé de Malvina...

— Je ne serais par surprise qu'elle eût été sa complice.

— Nous n'aurions alors rien à craindre de sa part... C'est égal, il est indispensable de trouver le plus tôt possible un endroit où tu sois plus en sûreté qu'ici...

— Oui... oui...

— Il faut aussi se procurer des vêtements pour loi...

— Pendant ton absence je parlerai à la vieille femme...

— Sois prudente!

— Tu peux y compter...

Avant de sortir, Edouard Mébert embrassa Clémentine bien tendrement. Un funeste pressentiment l'agitait. Une fois dans la rue, il «ut envie de remonter et de rester auprès de sa bien-aimée.

LA iJiiLLi-: MI HT ri;

L'obligation de clianger de domicile lui semblait si absolue qu'elle le retint. Il ne songea plus qu'à demander où il devait porter ses pas.

H ne vit pas une vieille dame qui baissa son voile dès qu'il se montra dehors et qui entra ensuite dans la maison où il laissait Clémentine.

L'absence de M. Mébert fut longue, il eut beaucoup de peine à trouver un logement meublé où il lui sembla pouvoir installer sa maîtresse sans qu'elle éveillât la curiosité.

11 dut l'annoncer comme une jeune dame malade, venue à Montpellier pour s'y faire soigner, et à qui le calme et la tranquillité étaient nécessaires.

Le jeune médecin reprit le chemin de la tour de Nesie, assez satisfait d'avoir enfin ce qu'il désirait.

Ses appréhensions étaient passées, et il fai-ait des projets poui- l'avenir.

— Dans quelque temps, lorsque la première émotion causée par la fuite de Clémentine sera passée, lorsque les gendarmes qui ont reçu son signalement l'auront oublié, je demanderai un congé et j'irai la conduire soit en Espagne, soit en Italie. Là, elle sera à l'abri des recherches de la justice et elle me donnera l'enfant que, je le sens, j'aimerai de toutes les forces de mon âme... Je verrai ce qu'il y aura à faire dans le pays où elle se sera réfugiée et, si cela se peut, je donnerai ma démission de médec.n de la maison centrale pour m'établir auprès d'elle... Voilà ce que c'est que d'avoir une profession humanitaire... Il est permis de concevoir l'espérance que partout on pourra l'exercer et rendre des services à ses semblables.

Il souriait à cette pensée de rester avec Clémenline ailleurs (ju'en France où elle était perpétuellement menacée.

Soudain il tressaillit.

Il venait de songer à sa mère qui avait pour lui une affection jalouse, exclusive, à sa mère qui avait tout sacrifié pour lui faire donner une brillante éducation et favoriser ses goûts pour la médecine.

Il avait remarqué le matin, sur son visacre, bien qu'elle ne lui eût rien dit. les traces des larmes que l'inquiétude lui uvait fait verger pendant la nuit.

H eut un instant de révolte.

Ce qu'il avait fait n'était-il pas naturel et beaucoup d'autres jeunes gens moins âgés que lui ne le faisaient-ils pas saus que leur< parente v trouvassent a redire?... Devait-il passer toute sa vie en tutelle?..

— Et si je me mariais, ne quitterais-je pas ma unue pour uuf •■uiinc ... Il ne tarda pas à rélléchir que la situation serait différente. S'il se mariait,

il ne serait pas forcé de s'expatrier, sa mère pourrait venir s'asseoir souvent à son foyer, y être témoin de son bonheur et se consoler de n'avuir nlus son fils avec elle on soiii:eant qu'il oltéissait à la loi commune.

i,.\ iiKi.i.i; MiKiii':

M"" Mobeil liiiirail-cllt' {kw voir dans reiiipuisoniicuse uuc cmiipaj^'iio dignft de son cnfaiU?... (Vi'lail iiialinis^ihle pour qui la connaissait.

Son Kdouai'il lui puailr.iit à jamais prrdii, connne (It'-Vdn'' par un de cos monstres dont cllt' a\,iil en si uran Tpt'iir cpiaiid il riait t'ulrr à la inai^im tentrale.

Cos n-lloxions le Iroiiblèrenl de nouveau el ses pressenlinionls filclicux l'avaient repris quand il arriva près du lo..;is où il avait laissé sa maîtresse.

Il apereut un groupe assez considérable el assez bruyant devant la jmrle. On était à la tombée de In nuit.

— Qu'y a-t-il?... Mil mou Dieu!

— L'a-t-on reprise? demandait curieusement une femme à un jeune homme qui do:inail des explications à un groupe.

— On est en train de le faire.

— El vous dites que c'est une condamnée à perpôluilé?...

— Oui, c'est la femme Barbe qui a lue son mari.

M. Mébert fendit le groupe et s'élança dans l'escalier. Un sergent de ville voulut le relenir. 11 l'écarta et entra dans l'apparlemenl où il avait laissé Clémentine. Un triste spectacle s'oiïrit à sa vue.

Clémentine, moitié nue, dans un état horrible de désespoir, avait été terrassée par les a^'cnts auxquels elle avait essayé de résister comme la première fois qu'on l'avait arrêtée, auprès de son mari expirant.

S'.ir l'ordre de l'inspecteur de la maison centrale qui était présent, on était en train de la lier.

Quand Edouard Mébert entra, elle eut un effort suprême, parvint à se relever en repoussant les policiers et à aller se jeter dans les bras de son amant en criant :

— Sauve-moi, Edouard, sauve-moi!...

L'inspecteur dit :

— Bon, le médecin à présent... Voilà ce que c'est que de ne pas avoir réussi à l'emballer avant son arrivée...

M. Mébert soutint dans ses bras Clémentine défaillante :

— Que voulez-vous à celte femme?...

— Ce que nous lui voulons?... Parbleu!... La réintégrer dans la prison d'où elle s'est évadée. .

— Et si je vous en empêchais?...

L'inspecteur prit un ton conciliant :

— Je sais que vous êtes raisonnable, monsieur le docteur... Vous avez trop longtemps appartenu au service médical de la maison centrale pour ne pas savoir quels sont nos devoirs... Vous ne vois opposerez pas à ce que nous les remplissions...

LA i; KL 1.1. .Mii;i

— Elle est à moi et iioii pas à d'autre...

— Elle est aussi à la justice...

— On l'a ti-ailéc avec une rigueur sans pareille...

— C'est bien possible, mais cela ne nous regarde pas... D'ailleurs, il ne vous sera pas défendu dii solliciter sa grice si elle en est digne...

— ArriiM-e!...

LIV. lin. — TIIÉODOIIK llKSnV — LA BKI.LK MlKm;. - ,1). J. KDl KK i;r O'" Ll V . I II)

87* 1. ^ i;i 1.1.1 MM 1 ri:

— C'osl mal do in»u> obliger u t'iii|iloyor la Inift' à volic c-arJ...

— Tiens-loi à moi. CliMinMiliric, dil-il à i(»ii aiiiii'. je in' raliaiuliiiiiicrai las!...

Somlain. il e.il un on il<' douleur. Sa irailic^sc ;i\ail L'Iis^r dans ses bras... Klle semblait expiranle.

-- Klle mcu'.l, s'éciia-t-il... vous l'avez tuée.!...

— - Ne Vous inijuiéloz pas... Elle recouvrera ses sens... à riulirmerie .. Les agents eulourèrent M. Mebeil et le séjiarèreiil de la femme iîarbe.

Malgré ses elTorls. on le inainlinl.

Il se laissa tomber sur un siège en sanglolini.

i> ne fut f]u'après s'être abandonné pendant plus d'une heure à cet énouvantable chagrin que ses larmes cessèrent de couler un instant.

La police était parlie en emportant sa proie. U éiaii seul...

Le jeune homme songea à mettre lin à ses jours, à s'en aller d'un nKJude où venait de se produire une aussi irrémédiable cala-^Iroplie.

Il se le\a et regarda autour de lui pour chercher un moyen de se détruire. Li fenêtre élail restée ouverte... 11 s'en approcha...

L'appirlement était situé au deuxième étage. >L Méberl se demanda si, en s'elançant tête première, il ne trouverait pas la mort...

Il se retourna en tressaillant. Il venait d'entendre derrière lui une voi.\ tremblante.

— Mon liis!

11 eut une exclamation déchirante :

— Ma mère'....

U l'entraîna jusque dans un fauleuil et. tombant à genoux près d'elle, appuyant sa tète sur elle comme il le faisait élunl tout petit, il recommença à pleurer.

Sa douleur était toujours des plus vives, mai^ il sentait près de lui quelqu'un qui l'aimait et qui soulTrait de le voir soulTrir.

M"" Mébert entreprit de le consoler, en ne faisant toutefois que des allusions indirectes à la cause de son chagrin.

— Mon enfant, mon cher enfant, de la force, du courage... Il est des moments dans la vie où il est indispensable d'en avoir...

— Ohl que je suis malheureux.!...

— Ne parle pas ainsi... Tu me fends le cœur!

— Comment me sera-t-il possible de vivre?...

— Je te prie, je te supplie de te résigner. Si ce n'est pas pour toi que ce soit pour moi!...

Elle l'embrassait sur le front..-. Elle avait de ces expressions tendres qui font ressembler le lanirase des mères à celui des amantes.

A ni;i.L[-: miktte sto

Il quilta la maison à son bras et rentra chez lui un peu plus calme.

Penda it ce temps-!;i, Ch'^meiUino, transportée à la maison centrale, y avortait.

Le pauvii' petit c\vr iju'elle avait porlr (lan<; son sein était conrlaniné à ne jamais naître.

Quinze 'ours api'és, encore m;il remise, l'infortunée fut jetée dans une cellule obscure où elle deviit faire un long séjour.

Kn rentrant à la maison centra'e. elle était morte pour la seconde fois.

xcm

Page 1