LA 15 KL LE MILITE
« Jo iDP souvÏMis, dans ce moment, d'un trait plis remarqiial)le, un seul mol, 1111 en (]ui lit friMiiir mitre féroce capitiine. Marhois se proineiiaii sur le pont et sniilTrail de la faim jusqu'à ne plus pouvoir se contenir. Le capitaine passa tout près de lui.
« — J*ai faim ! j'ai faim ! lui cria Marhois d'une voix forte quoiqiie altérée.
« El, le regardant avec des yeux étincelints :
« — J'ai faim ; donne-moi à manger, ou fais-moi jelcr à la mer ! »
Après de pareilles torlures, ces exilés arrivèrent à Gayenne dans le plus déplorable élat. La seule corvette la Bayoïmaise avait jeté huit cadavres à la mer pendant la traversée.
Rap;)eler de semblables actes de cruauté, c'est les flélrir.
Que penser de la cruauté du Directoire qui, ainsi que tous les pouvoirs faibles, ne savait pa- pardonner à ses ennemis vaincus? Comment flétrir le zèle infâme des agents sul alternes qui exécutaient ses ordres?...
Nous avons relu le récit des soufl'rances des déportés de fructidor dans les Souvenirs de Cayenne de M. Armand Jousselain, un officier de marine qui a cru devoir déclarer qu'il ne se trouverait pas aujourd'bui un seul de ses collègues pour exé.'uler des instructions avec une telle barbarie.
Après cinquante jours de traversée, V Allier s'approcha du terme de son voyage.
L'Océan avait déjà pris celte couleur troublée que lui communiquent à longue dislance les ea:ix chargées de VAmazotie, le roi des fleuves.
Un matin, à la pointe du jour, la vigie, placée en léte du grand mât, cria :
— Teriel