I. 1. 11. : - Le Roulollier! — Toi, ma
UV. 120. — TIlhODDIlK IIE.NRT. — lA BKLI.K MIKCIK. — ÉD. J. nOUKK Kf o'«.
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d'avoir eu un gendre. . Celait un balayeur de rues et tu l'as fait empoisonner par sa femme...
Clémcntino assistait à cette conversation.
Elle saisit Louisclte par le bras et murmura d'une voix farouclie :
— Tais-tûi 1... tais-loi !...
Louisette avait d'ailleurs commis une maladresse.
La paysanne incendiaire exprima le sentiment général (pianJ el!'.- dit :
— Ça n'est pas de jeu de jeter à la figure des gens la machine pour laquelle on a eu un jugemenl... Si on va s'amuser à chercher comme ça dans le passé... je n'en suis plus.'...
Louiselte reconnut franchement qu'elle avait eu tort...
— Tu as raison, laissons au.x gerbiers (juges) le soin de nous crosser et ne faisons pas de V harmonie entre nous... Quand on est mcncsse (femme de voleur) on n'a pas le droit de bcclier les autres...
Comme son amant, on le voit, la maîtresse du Roulottii r avait une connaissance approfondie de l'argot.
Louisette s'était liée avec Céleste, l'ancienne M"'" de Saint-Gr.rges.
11 y avait chez elle une ressemlilance de situation faite po:ir les unir, des espérances et des désirs analogues...
Louiselle brûlait de retrouver celui qu'elle aimait, Céleste également.
Cette dernière savait que Lebutcux et Pierre Til étaient à la Guyane, mais elle n'hésilait pas à faire son choiK.
Autant le forçat élégant lui plaisait, autant elle haïssait l'ancien garçon boucher qui, après avoir abusé avec elle de sa force brutale, l'avait pervertie, l'avait poussée à devenir sa complice dans un crime abominable, puis l'avait lâchement abandonnée.
C'était lui qui était la cause de tous ses malheurs. En même temps que de la haine, elle avait la répulsion la plus vive pour le bourreau.
Louisette et Céleste parlaient donc souvent ensemble du Roulottier et de Pierre Til.
— Ils se connaissent peut-être.
— Ce serait curieux s'ils étaient dans le même pénitencier...
— C'est possible...
Céleste avait d'autant plus raison de dire que cela était possible que cela était. Le hasard avait placé Pierre Til et le Ri)ulottier non seulement, comme nous le savons, sur la Proserpine, mais dans la même escoua U'.
L'administration se décida enfin à tirer quelque parti des T'iiimcs qu'elle avait fait venir. L'avis suivant fut afiiché dans les pénitenciers :
« Aux termes de l'article 71 de la loi du 30 mai 18.') i-, les condamnés qui H se seront rendus dignes d'indulgence par leur bonne conduite, leur travail et
1U04 I A 111:1,1 1. Mil. IIK
« leur reponlir, pounoiit ulitcnir uni» coiiccssinii de liMiaiii cl la faciillr ilo le « oiilliviT pi) :r leur propre compUv l/aiitorisalioii (li> conlraclcr iiianaL;t' inm- ■. vaut loiir iMro aussi accordi-o. radniiiiisliatiou a fait venir un convoi de cent •■ irenle-qualre femmes, sortant des maisons ceiilraies de France. Tout « condamné désirant iiroliler de ci-s faveurs est invité à se faire inscrir(> pour « élre soumis ù une expiéte préalable. ■<
Nous avons vu ipie, au camp d.' la tr.iiisportalioii, on se plaignait vivement. comme à la prison civde, que les promesses faites en France ne fussent pas tenues.
Chose sinijulière, lorsque l'avis eut été jiiiblié, il y rut 1res pea d'empressement à se faire inscrire.
Etait-ce la méfiance insjiirée par les feniuies arrivée^ i»ar VAllirr qui empt'chail les projets matrimoniaux, était-ce le résullal du profond découi-aiioment qui s'était emparé de tous les transportés en voyant augmenter chaiiue jour le nombre des victimes du climat insalubre de la Guyane?
Les cas de lièvres intermittentes étaient alors très nombreux.
L'abstention presque complète devaient être évidemmentattribuéc à chacun de ces motifs.
On ne cita que quelques individus parmi lesquels Lebuteux.
Maillone, quoique ayant peu de chance d'être admis à cau^c de ses punitions successives, donna aussi son nom et engagea Gérard à agir comme lui.
— On ne sait pas ce qui peut arriver... On dit qu'il y a dans le convoi des moukaires passables!... Les occasions de s'évader sont ensuite rares... Qui sait s'il ne serait pas possible d'en trouver une à propos de mariage...
Gérard obéit à son ami...
Alexis Médaid, le Roulotlier et Pierre Til refusèrent obstinément,
Alexis Médard, qui eût obtenu certainement l'autorisation, avait le cœur trop remp'i de Marie-Louise.
Le Roulottier ne songeait qu'à Louisetle, qu'il ne croyait pas aussi près de lui. Quant à Pierre Til, il était adversaire déclaré du conjungo.
Il le diclara du reste fort nettement.
L'administration fut d'autant plus désappointée des faibles résultats obtenus qu'il y avait alors à sa tête à la Guyane un partisan décidé du mariage des forçats qui n'avait ciessé d'engager le gouvernement à hâter un envoi de femmes. L'échec jusqu'ici était complet pour lui.
Après quelques réflexions, le haut fonctionnaire se dit que tout pourrait changer lorsque les transportés se seraient rendu compte des faveurs accordées à leurs camarades mariés.
H pensa aussi à la nécessité de faire voir aux forçats les passagèi-es de la Fortune, dont quelques-unes étaient très jolies, et donna l'ordre que