‹ La belle MietteChapitre 169 sur 200 · I.A UKI.I.K M II T ri · texte numérisé non relu

I.A UKI.I.K M II T ri

— Je vous demanderai à radminislralio:)...

— A l'administration... .\Ii ! c'est juste I...

— Quelle est votre r/ponse?

— Q :;i ôles-vous, vous?

— Qui je suis ?

Gérard n'rtait pas sans épro iver quelque embarras.

— Je vous l'ai dit, j'étais gardien à Montpellier,

— Oui... et depuis...

— Dame !... Je suis transporté à la Guyane.

— Pour quel motif?...

11 était assez diflicile pour Gérard d'avouer à une femme dont il sollicitait la main qu'il avait empoisonné celle à qui il avait été précédemment uni.

Il est vrai que CléniiMiline avait été condamnée pour un motif analogue. Le forçat se borna à répondre :

— J'étais innocent !...

— Ah!

— Je suis une victime delà justice des hommes... comme vous peut-être...

— Non, non... J'étais coupable... J'avais épou-é un vieillard. Il me gênait... Je l'ai tué 1...

Elle dit cela d'un ton farouche et avec un regard qui ne fut pas sans impressionner l'ex-gardien.

— Vous avez commis ce crime dans une heure d'égarement, de folie...

— Peit-ëtre...

— Vous avez éprouvé depuis le plus iiiand repentir...

— C'est vrai... Et cependant, quand je m'interroge je me demande si à l'avenir je ne serais pas capable de subir les mêmes entraînements... Lorsque j'ai appris ce qu'était Félix pour moi, lorsque j'ai su que la seule atVeclion réelle que j'avais eue jusqiie-là était un inceste, j'ai cru que mon cœur resterait à jamais fermé. Je me trompais... j'ai aimé ardemment depuis...

Gérard ne comprenait guère le langage de Clémentine. CeKe-ci continua d'une voix sourde :

— Ce qu'on a pu faire une fois, on est capable de le refaire. L'instinct railleur de Gérard reprit un moment le dessus.

— Dame, fit-il avec empressement, cela ne m'irait pas!...

— Vous vûvez bien... que je ne puis, que je ne dois me remarier. . ni avec vou<, ni avec personne!...

Celte conversation iinit on le voit, d'une façon assez étrange. Quand elle fut répétée à Maillone, celui-ci dit simplement :

— Elle a raison, cotte femme... A la place, je ric persisterais pas !... Gérard eut un air si décunlil que l'aiicien marin se mil ;i i ire.

<0i4 I.V lU.I.LE MIKITH

— Allons, tune vois p;is qiio jo jiiaisanlo... Je l'aillerai tant qu'il mo sora ptKviM,., c[ lu liiiira< par l'iMiipurtiT !...

La saison dos pluies approchait à Kourou.

Depuis l'arrivée des Iran^porlôs le temps avait été roiiliinirlIcnKMil beau, FV-'ndanl des semaines entières, on n'avait aprrru, de tout le jour, le plus lé,i;er nu;ii:e dans un ciel d'azur intnorahle.

Le soleil, aloi-s au zénith, avait lihromi^t incendié de ses rayons la terre qui, calcinée. créi)ilail sous les pieds comme une cendre hrûlanle.

Les pluies recommencent d'habitude en décembre, mais, cette annéc-Ià, elles apparurent au milieu de novembre. Elles débutèrent par des ondées lorrentielles qui s'abattaient sur le pays avec la rapidité d'un éclair, et disparaissaient presque aussi vite.

Elles devinrent ensuite plus continues et les cours d'eau ne tarderont pas à déborder.

La rivière de Kourou monte avec une vitesse surprenante. Rompant une digue, elle envahit l'endroit du nouvel établissement que l'on avait considéré c^mme le plus sûr et où l'on avait construit le logement des sœurs de charité, IhCipital et ses annexes.

Ce fut pendant une nuit que se produisit le désastre.

Le matin, on prévint les transportés que cinq ou six malades, la plupart des sœurs et des détenues, l'aumônier et plusieurs surveillants étaient en détresse sur les toits de leurs baraques que le courant menaçait à chaque instant d'emporter.

Deux canots furent détachés du ponton, et on parvint à mettre en sûreté presque tous les inondés. Un malade cependant ayant glissé dans l'eau s'y noya.

Maillone avait été un des plus empressés parmi les sauveteurs. Sa qualité d'ancien marin lui avait fait confier le soin de diriger le second canot.

Au moment où cette embarcation s'éloignait avec ceux qu'elle avait arraché^ à la mort, on aperçut à quelque distance une femme appelant au secours sur un tertre qui était sur le point d'être couvert.

Il y avait un danger sérieux à diriger vers le tertre l'embarcation absolument encombrée.

Maillone céda le gouvernail à l'aumônier qui avait des connaissances nautiques, puis il s'élança dans les flots.

— Continuez votre route ! cria-t-il.

Malgré la force contre laquelle il avait à lutter, le forçat arriva jusqu'au monticule, où il se trouva en présence de Clémentine.

Celle-ci ne criait plus... Elle semblait attendre la mort avec beaucoup de calme...

— Allons, venez ! lai dit-il...

i.A i;i;i.i.K Mir.rrK

Il su ciumjjuiiiiait aux Drancliei d arbres. ;i^. lUiG.)

— Toute rrHi-xinii faite, je ne tiens pa> ù vivre!...

— Il n'y a pa- de temps à perdre !...

— Tant pis !...

— Vous rériaiiiiez du secours, il y a un in-laiit I

— J'avais peur...

— I/eau monte...

uv. 529.- TiiBoDOHK iicNiiY. — n nn.i.E MiKTrR. —fin. j. noLKF rr C"

î(i-'6 i.A lUM.i.i Mil: ni-:

— Je dosiif iju ••If m'cMiiporicl

Mailliine, inipatie:ilc\ saisit Cli'iiiciiliiK^ par la l.iillc. Kilo voulut ril'sisler, mus st"; clTorts furent vains.

L'ancien inal.'lol était soli.lo ooinnie un allilcle. La tille ilo Miellé dut lui <ri'di*r.

Mai;ltihe iiau'ea iraimiJ, pui^ réussit à premlre pii'd. Toujours soutenant Il jeune femme, il se cranip mnait aux branches d'arbre qui se présentaient à lui ipiand il avait peur de céder à la violence du (lot.

li iléploya en celte circonsiance une inliépidité rare, mais il arracha la femme Harbe à une mort certaine.

Fille était évanouie lors [ue Maillone la déposa près du camp des Iransfiorlés. Par suite du désarroi causé par l'inondation, cet incident fut peu remarqué.

La Mii'lle, qui se lamentait sur la perte de «pielques bibelots sans importance, ne fut que peu émue du danger qu'avait coui-u Clémentine.

Seul, Gérard remercia Maillone, mais sans e:Tu>ion. l'eal-étre regrettail-il de ne pas avoir sauvé lui-même la détenue dont il désirait devenir le mari?

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